ESSAIS DE LINGUISTIQUE GENERALE. Tome 1, Les fondations du langage
Jakobson Roman
MINUIT
19,82 €
Epuisé
EAN :9782707300430
Roman Jakobson est un des maîtres de la linguistique structurale. Né en Russie, membre, dès 1915, de l'école des Formalistes russes, il enseigna entre les deux guerres en Tchécoslovaquie et fut, avec Troubetzkoy, un des chefs de file du fameux Cercle linguistique de Prague. Il enseignait depuis la guerre aux Etats-Unis, où il est mort en 1982. Jakobson a donné une impulsion décisive à l'étude des différents domaines de la linguistique, théorie générale, phonologie, morphologie, sémantique, poétique, métrique et, marquant de son influence les autres sciences de l'homme - ethnologie, mythologie, psychanalyse, études littéraires, théorie de la communication -, a contribué à faire de l'anthropologie cette sémiologie générale qu'entrevoyait Saussure.
Nombre de pages
260
Date de parution
01/06/1963
Poids
320g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782707300430
Titre
ESSAIS DE LINGUISTIQUE GENERALE. Tome 1, Les fondations du langage
Auteur
Jakobson Roman
Editeur
MINUIT
Largeur
135
Poids
320
Date de parution
19630601
Nombre de pages
260,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Huit questions de poétique Ce volume regroupe un choix de textes précédemment publiés dans Questions de poétique, études que Roman Jakobson a consacrées, de 1920 à 1970, à la théorie de la littérature. La fonction poétique, la métaphore et la métonymie, la dominante, la poésie de la grammaire, l'espace du texte : autant de notions et de problèmes qui sont devenus le point de départ de discussions les plus fécondes. Roman Jakobson ouvre les yeux des linguistes aux faits poétiques, considérés longtemps comme marginaux, et prouve aux « littéraires » que la poésie est bien, avant tout, ?uvre de langage. Roman Jakobson (1896-1982) Membre dès 1915 de l'École des formalistes russes, il a été, avec Troubetzkoy, l'un des chefs de file du Cercle linguistique de Prague. Il a initié la révolution linguistique, qui sous le nom de « structuralisme », a fécondé, entre autres, le domaine des études littéraires.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.