Comment un artiste élabore-t-il les titres de ses ?uvres ? En quoi cette forme d'écrit nous introduit-elle dans son atelier mental, ses hésitations, ses ébauches, ses repentirs ? En quoi les titres révèlent-t-ils les enjeux de l'écrit dans les arts visuels ? Peintre, dessinateur, graveur, sculpteur, architecte, poète, épistolier, homme de théâtre, Jean Dubuffet, l'un des artistes les plus importants et controversés de la seconde moitié du XXe siècle, offre un cas exemplaire du travail de nomination des ?uvres. A la jonction de la production et de la réception, ses titres sont décisifs pour la compréhension du travail tant visuel que verbal d'un artiste ayant minutieusement tenu des Cahiers d'atelier et contrôlé le Catalogue raisonné de son ?uvre. Le contexte littéraire et éditorial de l'époque - celui de la fin de l'Occupation - et ses liens avec Georges Limbour, Jean Paulhan et les écrivains proches de l'ancienne NRF ont permis de mettre au jour la période où il commence à forger son statut d'artiste-écrivain. C'est en effet par les titres que Jean Dubuffet se mesure aux écrivains qui font propulsé sur la scène artistique après la Seconde Guerre mondiale, et s'émancipe de leur " asphyxiante culture ". Enjeux de pouvoir, les titres n'en constituent pas moins une pratique réflexive sur sa technique, sur les pigments de sa palette chromatique, sur les matériaux insolites qu'il détourne, sur les effets de cadrage, sur la représentation de la forme et de l'informe. Cependant, d'autres intitulés viennent rappeler les traces indélébiles du savoir et l'impact des lectures d'un artiste fin lettré. Cet ouvrage de référence sur la question des titres en histoire de l'art contemporain éclaire le processus de création des ?uvres, la maîtrise de leur réception et la dimension classificatrice de la démarche d'un artiste. Objet d'étude novateur, ces écrits de la brièveté ouvrent des perspectives nouvelles aux études de génétique des arts.
Nombre de pages
217
Date de parution
02/03/2006
Poids
43g
Largeur
171mm
Plus d'informations
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EAN
9782271063816
Titre
Jean Dubuffet et la fabrique du titre
Auteur
Jakobi Marianne
Editeur
CNRS EDITIONS
Largeur
171
Poids
43
Date de parution
20060302
Nombre de pages
217,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Quoi de commun entre Paul Gauguin (1848-1903) et Paul Signac (1863-1935) ? Le premier, révolté, rompt avec l'académisme et nous transporte au bout du monde à la recherche d'un Eden perdu et retrouvé. L'autre, proche des anarchistes, mais vite consacré comme peintre officiel du néo-impressionnisme puis de la Marine, peint sans relâche bords de Seine et ports de pêche. Si différents qu'ils paraissent l'un de l'autre, quelque chose d'essentiel les rapproche : une nouvelle conception du "titre", considéré jusque-là comme un détail insignifiant de l'oeuvre, et auquel ils assignent chacun à sa manière, un statut artistique sans précédent. Gauguin inscrit le titre dans l'espace pictural lui-même et le formule en tahitien, en accordant à la langue et à la culture de l'autre une complète dignité artistique. Quant à Signac, il emprunte à un autre médium, l'écriture musicale, le principe d'une intitulation sérielle par "Opus". Dans cette étude admirablement informée, Marianne Jakobi montre qu'en bouleversant le concept même de titre, Gauguin et Signac incarnent deux formes de réactions exemplaires qui subvertissent à la fois le modèle industriel et le sens de la création, et inventent ainsi une nouvelle forme d'art.
De quel pouvoir le titre est-il détenteur dans la création artistique ? Le présent volume aborde cette question à travers une mise en perspective comparatiste entre les arts. Artistes, écrivains et musiciens s'emparent des mots et du langage pour donner un nom à leur travail, c'est-à-dire pour l'expliciter ou, au contraire, pour approfondir sa valeur énigmatique, ou encore, parfois, pour en faire la substance même de leur création. Ce phénomène touche pratiquement tous les domaines artistiques et la présence insistante de l'univers textuel dans la création plastique et musicale a pris au XXe siècle un relief sans précédent. Ce sont ces processus d'intitulation et leurs modalités, mais aussi les interférences d'une discipline artistique à l'autre, qui sont ici étudiés à travers des enquêtes au coeur d'une vingtaine de corpus.
Biasi Pierre-Marc de ; Jakobi Marianne ; Le Men Sé
On dit l'"Olympia" de Manet, "La Joconde" de Vinci, ou "Guernica" de Picasso, comme si le lien entre le tableau et son titre allait de soi. Pourtant, identifier l'oeuvre d'art par un titre est une pratique récente. Mais est-ce toujours l'artiste qui nomme sa création? Par quel processus et à quel moment prend forme l'acte d'intituler une oeuvre? Quel rôle le titre joue-t-il dans sa création et dans sa réception? La Fabrique du titre répond pour la première fois à ces questions en portant l'enquête dans les coulisses de la création, du XVIIe siècle à nos jours: intitulés personnels des artistes, titres d'ateliers, intitulations de Salon, musée ou galerie, qualifications de circonstance, dénominations fictives, jusqu'au cas paradoxal des "sans-titre". Réunissant les meilleurs spécialistes de Courbet, Manet, Gauguin, Rodin, Miro, Masson, Alechinsky, Twombly, Bourgeois et Pane, le livre aborde une multiplicité de genres allant de la peinture aux arts graphiques, de la sculpture à la photographie, de l'action aux performances. Un champ de recherche inédit, fertile en découvertes surprenantes, pour comprendre la genèse de ce geste inaugural: donner à l'oeuvre le nom qui la représentera.
Biasi Pierre-Marc de ; Le Men Ségolène ; Jakobi Ma
La fabrique du titre. Nommer les ?vres d'art On dit l'" Olympia " de Manet, " La Joconde " de Vinci, ou " Guernica " de Picasso, comme si le lien entre le tableau et son titre allait de soi. Pourtant, identifier l'?uvre d'art par un titre est une pratique récente. Mais est-ce toujours l'artiste qui nomme sa création ? Par quel processus et à quel moment prend forme l'acte d'intituler une ?uvre ? Quel rôle le titre joue-t-il dans sa création et dans sa réception ... La Fabrique du titre répond pour la première fois à ces questions en portant l'enquête dans les coulisses de la création, du XVIIe siècle à nos jours : intitulés personnels des artistes, titres d'ateliers, intitulations de Salon, musée ou galerie, qualifications de circonstance, dénominations fictives, jusqu'au cas paradoxal des " sans-titre ". Le livre aborde une multiplicité de genres allant de la peinture aux arts graphiques, de la sculpture à la photographie, de l'action aux performances. Un champ de recherches inédit, fertile en découvertes surprenantes, pour comprendre la genèse de ce geste inaugural : donner à l'?uvre le nom qui la représentera.
Beethoven se pensait aède révélateur d'un' monde meilleur. Cette fonction sacrée de guide de l'humanité vers le bonheur a conféré à ses ?uvres une organisation musicale particulière. Celle-ci répond aux catégories éthiques et esthétiques du temps, notamment l'initiation par la Bildung, et à celles élaborées, à la fin du XVIIIe siècle, sur le modèle antique : la simplicité et la grandeur, la jeunesse et la liberté, l'éducation esthétique et le bouleversement émotionnel, la République. La présente étude de la culture antique de Beethoven, qui n'avait pas encore été prise en considération de manière systématique, permet de mettre en évidence un aspect essentiel, mais le plus souvent passé sous silence, du compositeur : au-delà de l'identification au héros ou même au grand homme (celui qui infléchit l'Histoire dans un sens nouveau), Beethoven a cherché par sa musique et ses différentes ?uvres, à offrir à ses concitoyens l'équivalent des "exercices spirituels" proposés par la philosophie antique.
Charles Darwin, Lord William Kelvin, Linus Pauling, Fred Hoyle, Albert Einstein : cinq scientifiques hors du commun qui ont accompli des découvertes scientifiques considérables. Mais également cinq hommes qui se sont aussi, souvent en même temps, parfois lourdement, fourvoyés sur certains sujets. Charles Darwin n'a pas bien évalué les effets de " dilution " dans la transmission des caractères génétiques ; Lord Kelvin a largement sous-évalué l'âge de la Terre ; Linus Pauling s'est fait " coiffer au poteau " dans la découverte de la structure de l'ADN par Jim Watson et Francis Crick ; Fred Hoyle fut un partisan irréductible de la théorie de l'Univers stationnaire ; enfin, Einstein créa une constante cosmologique pour une mauvaise raison. Il ne s'agit pas d'énumérer les erreurs de ces grands hommes, mais bien plutôt de constater et d'analyser les conséquences bénéfiques de ces errements : la théorie de l'évolution de Darwin fonde la génétique moderne ; Kelvin enseigne à ses successeurs comment utiliser la thermodynamique en astronomie et en géologie ; Linus Pauling introduit superbement les considérations chimiques en biologie ; Fred Hoyle démontre les bienfaits et les limites des approches scientifiques qui se démarquent des théories " à la mode " et, curieusement, au lieu d'être une erreur, l'introduction de la constante cosmologique par Einstein s'avère extraordinairement bénéfique. C'est à une véritable enquête policière, qui dévoile de nombreux aspects jusque-là ignorés de l'histoire des sciences, que s'est consacré l'astrophysicien Mario Livio, qui expose ici de façon originale et vivante les chemins parfois tortueux empruntés par la recherche scientifique.
Jessus Catherine ; Gaude Thierry ; Fuchs Alain ; L
Qu'est-ce que la vie ? Quelles sont ses origines ? Quelle est la frontière entre le "soi" et le "non-soi" ? Quel est le propre de l'homme ? Ce livre invite à un voyage au coeur du vivant qui plonge le lecteur depuis les toutes premières formes de vie sur terre jusqu'au sein de la complexité du vivant. Il donne à voir les applications étonnantes qui en découlent dans les domaines biotechnologiques et médicaux. Le lecteur parcourra ainsi l'immensité insoupçonnée de la biodiversité et les capacités extraordinaires des êtres vivants à s'adapter aux conditions les plus extrêmes. Il découvrira les liens de parenté entre organismes qui définissent l'arbre de la vie, les interactions entre les composants de tout être vivant, l'impact de l'environnement sur l'évolution et le fonctionnement des organismes, et les promesses d'innovations contenues dans ces révolutions scientifiques et technologiques Ce livre est le témoignage passionné d'une communauté de chercheurs en sciences de la vie qui espèrent donner le goût de la nature et susciter la curiosité vis-à-vis des terrains inconnus et immenses qu'il reste à explorer. C'est au prix d'une recherche qui requiert du temps, des prises de risque, de l'imagination, de la créativité et de la liberté que les grands tournants des sciences de la vie du XXIe siècle ont pris corps. Et c'est à ce prix que ces sciences continueront à être porteuses d'avenir et de progrès. Ce livre est le témoignage passionné d'une centaine de scientifiques qui ont contribué à sa rédaction pour partager leur émerveillement face aux découvertes et aux promesses portées par les sciences du vivant de ce début de siècle.
En bref A l'heure où les islams se déchirent, et où les frontières d'Orient volent en éclat, une plongée dans l'histoire de la Question d'Orient. Le livre Depuis le XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, la zone qui s'étend des Balkans à l'Afghanistan cristallise des tensions aussi bien internationales que propres à l'"Orient". Ce sont ces tensions que Jacques Frémeaux analyse dans cette synthèse innovante, en les replaçant dans le temps long. De la volonté de contrôle de la route des Indes à la convoitise des hydrocarbures qu'elle recèle, cette région n'a en effet cessé de faire l'objet d'affrontements entre les grandes puissances. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l'entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l'Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cour du conflit opposant la Russie et les Etats-Unis. Mais, d'ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L'"Orient", qui s'affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un "Occident" dominateur et manipulateur. Après le temps des empires (ottoman, persan et moghol des Indes) est venu celui des Etats-nations, souvent nés dans la douleur. Mais aucun changement n'a mis fin au "grand jeu" géopolitique, jalonné d'épisodes majeurs, de l'occupation de l'Egypte par Bonaparte à la dernière guerre du Golfe, et dont de nouveaux chapitres s'écrivent sous nos yeux. Auteur Jacques Frémeaux, professeur à l'université Paris-Sorbonne (Paris-IV) est membre de l'Institut universitaire de France et de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer. Il a notamment publié, parmi une vingtaine de titres, De quoi fut fait l'Empire. Les guerres coloniales au XIXe siècle (CNRS Editions, coll. Biblis, 2014) et La conquête de l'Algérie (2016). Arguments - Programme de l'agrégation en histoire contemporaine. - Clés pour décrypter les crises du Moyen Orient.