Le 2 février 1939, Anatole Deibler s'effondrait sur un quai du métro Porte de Saint-Cloud, foudroyé par une embolie. Pendant plus d'un demi-siècle, ce petit homme ordinaire avait assuré le service de la guillotine, au nom de la France. Les anarchistes Ravachol et Vaillant, ou encore " Raymond la Science ", rescapé de la Bande à Bonnot, furent guillotinés par celui qu'on nommait familièrement " Monsieur de Paris ". Beaucoup d'autres, plus ou moins illustres parmi les 395 condamnés qu'il exécuta sans état d'âme, avaient défrayé la chronique judiciaire: Landru, Gorguloff, Pilorge - immortalisé par un texte de Jean Genet... Fils et petit-fils de bourreaux, Anatole Deibler n'était pourtant pas un monstre sanguinaire. Il n'avait pu échapper à son destin, prisonnier d'une dynastie que sa famille perpétuait. Méticuleux artisan de la mort, discret jusqu'à l'obsession, il pratiqua magistralement le dédoublement de personnalité pour survivre aux horreurs de son " métier ". Dans ses " carnets d'exécutions ", Deibler consigna l'attirance et la répulsion que lui inspirait le châtiment suprême, et rédigea d'innombrables notes sur les condamnés dont il serait le bourreau. Dans sa biographie, Gérard A. Jaeger ne restitue pas seulement la vie singulière d'un homme. Il retrace avec minutie quelques pages de l'histoire de France, quand le spectacle de l'échafaud attirait les foules, tandis qu'une partie de l'opinion publique se battait déjà contre une forme de barbarie acceptée par le pays des Droits de l'homme. Abolie en France en 1981, la peine de mort demeure une mesure de justice appliquée par quelque quatre-vingt-dix pays, dont les Etats-Unis et la Chine, pourvoyeurs acharnés de l'assassinat légal. Le livre convaincant de Gérard A. Jaeger est à verser au dossier en faveur de son abolition universelle.
Nombre de pages
294
Date de parution
29/08/2001
Poids
530g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782866454081
Titre
Anatole Deibler, l'homme qui trancha 400 têtes
Auteur
Jaeger Gérard
Editeur
DU FELIN
Largeur
155
Poids
530
Date de parution
20010829
Nombre de pages
294,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Femmes d'exception, entrées par effraction dans la grande histoire de la piraterie, leur vie illustre avec éclat quelques hauts faits de l'épo¬pée maritime, de la Renaissance à nos jours. Des Caraïbes à la Méditerranée, de la Manche à la mer de Chine, les rapines de ces fougueuses aven¬turières furent aussi célèbres que leurs amours impétueuses. A la tête de leurs expéditions, elles subjuguèrent tous ceux qui ont croisé leur chemin, ennemis ou compagnons de fortune, parce qu'elles surent jouer de la ruse et de la force, suscitant ainsi le respect, la colère et l'envie. Un mélange d'attirance et de répulsion. Avec ces portraits taillés au sabre tranchant de l'aventure maritime, dans la fumée suffocante des canonnades, des abordages audacieux, des courses au bout du monde, Gérard A. Jaeger retrace plusieurs siècles d'exploits flamboyants, l'aventure dans ce qu'elle a d'essentiel, de déraisonnable et de poétique à la fois.
Ils ne se battaient pas la fleur au fusil. Forts de leurs convictions, ils s'étaient forgé un seul objectif : vaincre, vite. Quatre ans d'horreur et d'enlisement avaient transformé leur courage en rage de survivre. Ils étaient les pères de nos pères, les poilus de la Grande Guerre. S'ils n'étaient pas déchirés dans les réseaux de barbelés, dépecés par les obus, hachés par la mitraille, ils arrivaient en face de l'ennemi qu'ils délogeaient de ses trous à la baïonnette, à la matraque, au corps à corps. Cent ans plus tard, ils suscitent toujours le même respect : eux, la génération sacrifiée, soldats inconnus ou figures des romans de Céline et Vercel, Remarque et Jünger. A partir de leur correspondance, ainsi que de leurs journaux intimes, Gérard A. Jaeger retrace à hauteur d'hommes le quotidien des combattants français ou allemands dans les tranchées. Il dit leurs tourments, leur abnégation, ainsi que les révoltes qui ont conduit des milliers d'entre eux au peloton d'exécution. Lucides, joyeux ou graves, tous seront des héros de circonstance. Ce livre raconte leur histoire au plus près, mois par mois, d'août 1914 à leur démobilisation, en 1919.
La légende noire du "Barbe-Bleue de Gambais" et de nombreuses illustrations. Quatre-vingts ans après son exécution capitale, Henri-Désiré Landru défie encore toute concurrence au Panthéon du crime. Célébrée de son vivant par la presse et par la rue, sa réputation s'est imposée dans l'imagerie collective au côté de celle des Gilles de Rais, Lacenaire, Petiot, Paulin et autres Fourniret. Chacun a en mémoire sa célèbre défense : "Montrez-moi les corps !" Et pour cause : les dix femmes qu'il assassina (sur 283 conquêtes recensées) furent débitées et calcinées dans la cuisinière à bois de ses maisons de Vernouillet et de Gambais, tandis qu'à Verdun les soldats tombaient par milliers... Arrêté le 12 avril 1919, son regard exalté et sa barbiche dardée entrent aussitôt dans l'Histoire. Mais le procès de Versailles laissera un goût d'inachevé : Landru est condamné à mort sans aucune preuve matérielle. Des années après son exécution, quantité de témoins jureront l'avoir vu aux quatre coins du monde ! Aujourd'hui, comment séparer l'homme d'une légende qu'il contribua lui-même à forger en ne réfutant aucune des fables qui coururent sur son compte ? Gérard A. Jaeger a mené l'enquête et rouvert le dossier de ce Don Juan devenu Barbe Bleue, dressant le portrait d'un tueur en série qui n'était sans doute pas le petit-bourgeois au-dessus de tout soupçon que son procès révéla...
Hautval Adélaïde ; Postel-Vinay Anise ; Hauptman G
Du moment que vous les défendez, vous partagerez leur sort ! " Et pour n'avoir jamais transigé avec qu'elle appelait les "valeurs premières", Adélaïde Hautval, dite Haïdi, va devoir traverser l'enfer et survivre à 37 mois d'emprisonnement et de déportation. En sa qualité de médecin, à Auschwitz, elle est affectée au Revier (l'infirmerie) où elle soulage et soigne avec ses maigres moyens. Dans les cas les plus graves, elle s'arrange pour maquiller le diagnostic et permet ainsi à nombre de ses patientes d'éviter la chambre à gaz. Elle doit aussi travailler au sinistre Block des expériences médicales sur la stérilisation. Elle réussit d'abord à ne faire que soulager les jeunes martyrisées, témoin des horreurs perpétrées par les médecins SS. Mais quand elle reçoit l'ordre de prêter la main aux actes criminels, elle refuse, s'opposant frontalement aux nazis.
Reçu premier à l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, agrégé de philosophie en 1927, Jean Cavaillès fut l'un des intellectuels les plus brillants de sa génération. Gaston Bachelard, avec qui il noua une forte amitié, notait : " Jean Cavaillès avait une volonté de héros ". Un héros de la pensée sûrement, que ses travaux sur la théorie de la science auraient distingué si la guerre n'avait orienté sa vie vers d'autres combats. Lié dès le début au mouvement de résistance Libération, animé entre autres par Emmanuel d'Astier de La Vigerie, Jean Cavaillès fut arrêté par les Allemands en août 1943, puis condamné à mort et exécuté cinq mois plus tard. Gabrielle Ferrières retrace dans ce livre émouvant la vie d'un philosophe, inséparable de celle de l'homme d'action et de convictions.
En 1940, la France capitule. En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu'il est aveugle et n'a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement Défense de la France. " Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera déporté en 1944 à Buchenwald. " Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer ? Grâce à la protection d'un groupe de Russes et à sa connaissance de l'allemand qui lui permettra d'informer les autres déportés des agissements des S.S. Après un an et demi d'horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre. Jacques Lusseyran deviendra un brillant conférencier et enseignera la littérature française dans différentes universités américaines. En 1971, il meurt dans un accident de voiture. Il a alors 47 ans. Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d'amour de la vie, de courage et de liberté intérieure face à l'adversité.
Odile de Vasselot a 18 ans lorsque les Allemands envahissent la France. Convaincue dès le début du conflit de la nécessité de résister, elle est orientée vers des réseaux qui, bien qu'animés en grande partie par des civils, ont des objectifs militaires. A partir de 1942, elle est mise en contact avec deux vastes réseaux antinazis oeuvrant en Belgique, en France et en Espagne. Odile de Vasselot est d'abord agente de liaison pour le service de renseignement Zéro, puis sert, au sein du réseau Comète. comme convoyeuse de pilotes anglais rescapés des batailles aériennes, des opérations à haut risque et très mouvementées menées depuis le territoire belge. C'est en brossant le portrait de ses compagnons d'armes portés par leur courage, leur modestie et leur ténacité que l'autrice nous fait revivre une phase essentielle de la Résistance.