Un écrivain rend visite à sa mère, peu avant sa disparition, et s'entend nommer par elle " le plus vieux juif du monde ". Que signifie cette expression ? Et qu'est-ce que l'identité juive ? Il décide, pour répondre à ces questions lancinantes, de passer en revue son héritage culturel. Non seulement en revue, mais aussi à la moulinette. Tout cela à travers le prisme de la vocation. Les Juifs seraient-ils prédestinés à certains métiers ? D'autres leur seraient-ils interdits ? Un Juif est-il à sa place dans les arènes ? Doit-il, s'il est médecin, espérer la maladie de ses parents ? Comment peut-il être ingénieur, prophète, soldat ? Du torero new-yorkais Jerry Zahlman à Samuel Levicq, marchand de châles rue Sierpes, du pauvre docteur Kuperfarb au faux ingénieur Bierman, de la famille Journo qui, de Tunis à Marseille, s'est toujours occupée de bains à Metoushelah ibn Ibri qui fut le premier usurier de Cordoue, en passant par Boris, résistant spécialiste ès destruction de transformateurs, et sans oublier l'ineffable clochard parisien Salomon Landau, Michéa Jacobi imagine et se souvient... Mais, à force de passer les professions en revue, de jongler avec les lieux et les époques, l'écrivain se trouve-t-il pour autant ? Une langue tient-elle toujours ses promesses ? Virtuose, hilarant, mélancolique et musical, d'une humanité extraordinaire, ce livre montre de manière éclatante toute la palette d'un écrivain, en confrontation avec son héritage, et à son meilleur niveau. La rencontre improbable entre Henry Roth et Frédéric Mistral.
Nombre de pages
262
Date de parution
28/09/2001
Poids
375g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782841581887
Titre
Le plus vieux juif du monde
Auteur
Jacobi Michéa
Editeur
CLIMATS
Largeur
151
Poids
375
Date de parution
20010928
Nombre de pages
262,00 €
Disponibilité
Epuisé
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De l'Ukraine à la Camargue, de la Turquie aux Pays-Bas, du Liban à l'Allemagne en passant par la Palestine, la Suisse, l'Europe centrale, les fermes du Loiret et celles du Cantal, les camps de prisonniers des îles de la Manche et Paris insurgé, Michéa Jacobi réinvente le voyage de son père et tente d'élucider le mystère de la vie de ce juif à part, homme imprégné de la lecture de la Bible et se refusant à toute pratique religieuse, à la fois ouvrier et intellectuel, camarade affable et toujours lointain, communiste indifférent au destin des autres, de tous les autres, même des siens. Dans une langue magnifique, vibrante et précise à la fois, Jacobi nous raconte l'errance d'un fils d'une famille d'Odessa, depuis la Révolution d'octobre jusqu'à cette usine des bords du Rhône, cette papeterie où il exercera, quarante ans durant, le métier de graisseur. Là, à l'image de ce bois disloqué et défibré qui redevient, en bout de chaîne, blanc papier et nouveau support de mémoire, se reconstitue la trame fragile et fugace d'une identité enfuie.
Cette anthologie consacrée à Marseille est un véritable "guide littéraire", un défrichage dans une littérature foisonnante puisqu'en vingt-six siècles la cité phocéenne a suscité une telle quantité de textes qu'on ne saurait l'enfermer dans un seul volume. Le choix qui est présenté ici, reflet de la subjectivité et de la sensibilité de l'auteur, a été organisé en quatorze promenades à la fois thématiques et géographiques, afin de rendre plus vivante cette somme et de lui donner un caractère pratique et contemporain. Ces parcours partent tous du Vieux-Port et y reviennent tous. A travers leurs itinéraires, les genres et les siècles se mélangent, comme dans un collage, sans souci d'analyse ou de chronologie. Ce livre s'adresse notamment à des touristes littéraires, c'est-à-dire à des personnes qui aiment à marcher et à se souvenir que plusieurs écrivains les ont précédées, ont regardé ce qu'elles voient et ont tâché de l'écrire ; ou d'écrire ce que les ciels, les rues, les gens, les paroles entendues leur donnaient à penser. A des personnes qui, à la suite des auteurs qu'elles admirent, prennent quelquefois l'autobus, le tramway ou la navette vers les îles pour se faire une idée plus complète de la ville qu'elles veulent aimer. Puis retournent chez elles ou dans les rayons d'une librairie, dénicher d'autres livres qui les entraîneront vers une nouvelle excursion.
D'amours adultères en amours zélées, cet ABC décline en vingt-six dessins et vingt-six petites proses ce qui est sentiment pour les uns, exercice pour les autres, mirage pour beaucoup. Les dessins sont tracés sur des papiers d'orange amoureusement roulés autour de fruits mûris au soleil de la Sicile et amoureusement défaits à Marseille où vit l'auteur.Les textes, tantôt cyniques et tantôt tendres, essaient toujours d'être drôles. C'est la moindre des choses quand un ordre aussi fixe et sérieux que l'alphabet s'occupe d'un sentiment aussi changeant et léger que peut l'être l'amour.
Me sera-t-il permis de répéter que la bibliothèque de mon père a été le fait capital de ma vie ? La vérité est que je n'en suis jamais sorti." Jorge Luis Borges
Petites morts, Labyrinthes, Traces et Enfances... Quatre parties constituées de quatre courts textes chacune. Seize vies donc, illustres et anonymes, obliques et franches, celles du troubadour Guilhem de Cabestanh, assassiné pour avoir aimé l'épouse d'un riche seigneur, de William Shakespeare, Emily Dickinson, Agrippa d'Aubigné ou encore de la farouche Amélie Sivan... L'écrivain traque, non pas ce qui fut, mais bien des débris, des lambeaux de vies aujourd'hui oubliées. Avec l'intention de détisser les liens de chacune des existences qu'il exhume comme " un scarabée qui fouisse. Ou bien une fourmi qui s'échine à rassembler un amas de brindilles, à les entreposer pour en faire un refuge ".
Haraway Donna J. ; Despret Vinciane ; Hansen Jérôm
Ce livre propose un pari audacieux : prendre notre relation avec les chiens au sérieux et apprendre "une éthique et une politique dévolues à la prolifération de relations avec des êtres autres qui comptent". Car la catégorie des espèces compagnes est bien plus vaste que celle des animaux de compagnie, elle inclut en effet le riz, les abeilles, la flore intestinale, les tulipes... "Vivre avec les animaux, investir leurs histoires et les nôtres, essayer de dire la vérité au sujet de ces relations, cohabiter au sein d'une histoire active : voilà la tâche des espèces compagnes." Pas de grands récits, donc, mais des histoires, dont le but est avant tout, dit Donna Haraway, de mettre des bâtons dans les roues au projet humain d'écrire seuls cette histoire. Des histoires d'amour, mais également de pouvoir, de conflits raciaux et d'idéologies coloniales, des histoires qui aident à élaborer des manières positives de vivre avec toutes les espèces qui sont apparues comme nous sur cette planète. Quelle est notre capacité humaine à construire des relations d'altérité qui ne soient pas marquées par des rapports de domination, mais par des relations de respect, d'affection, d'amour - sans qu'il s'agisse d'anthropocentrisme ou d'anthropomorphisme ? Voilà l'une des questions centrales que soulève ce livre devenu incontournable.
Adorno Theodor W. ; Weiss Volker ; Mannoni Olivier
En 1967, Theodor Adorno tient une conférence à l'université de Vienne, à l'invitation de l'Union des étudiants socialistes d'Autriche, sur la remontée de l'extrême-droite en Allemagne, et notamment l'ascension inquiétante d'un parti, le NPD, qui a toutes les apparences du néonazisme et manquera de peu son entrée au Bundestag allemand deux ans plus tard. Transcrit d'après un enregistrement, cet essai inédit a les avantages d'un texte pour partie improvisé : un style direct et très accessible. Adorno y recense les " trucs " auxquels recourt le discours d'extrême-droite, et qui ressemblent à ceux qui reviennent actuellement en vogue sur les réseaux sociaux : la volonté de mêler tous les problèmes dans une accumulation de faits invérifiables ; la " méthode du salami ", ou le fait de découper, dans un complexe de réalités, une réalité particulière sur laquelle on concentre le débat ; l'utilisation d'arguments absurdes, etc. En somme, Adorno décrivait en 1967, à peu de choses près, une réalité proche de celle de nombreux pays européens aujourd'hui. Sa conclusion est un appel à l'intelligence et au combat : refusant de pronostiquer l'avenir de ces mouvements, Adorno rappelle que " la manière dont ces choses évolueront, et la responsabilité de cette évolution, tiennent en dernière instance à nous-mêmes" .
Orthodoxie présente l'intérêt d'une apologie de la religion chrétienne par un converti. Païen à 12 ans, agnostique à 16 ans, quel chemin Chesterton a parcouru pour venir à la foi. Quelques aspects du christianisme authentique y sont mis dans une lumière vigoureuse: en particulier ce que Chesterton appelle son "romantisme", c'est-à-dire en somme son caractère poétique, extrême, enthousiaste, infiniment éloigné des platitudes d'une religion naturelle ou rationnelle. Apologiste à coup sûr, mais d'une espèce à part: jamais abstrait, ni grave, ni docte, jamais superficiel non plus, cet esprit pénétrant et singulier a réalisé ce paradoxe de mettre l'humour au service de la foi.