Les Eléments d'un songe se présentent comme une suite de variations dont le thème initial est emprunté à L'Homme sans qualités de Robert Musil. A la suite de cet écrivain, grand rêveur en quête d'états parfaits à même de faire oublier la laideur de la vie et l'horreur de la mort, mystique sans Dieu, passionné de la nature, Jaccottet - qui l'a traduit - cherche à son tour les solutions qui permettent de vivre, suivant un élan poétique et philosophique tout à la fois. L'itinéraire que l'auteur parcourt frappe par la noblesse de ses vues et par l'honnêteté foncière de sa démarche, dont l'extrême exigence dépasse le pessimisme pour exprimer une ambition trop haute peut-être, mais qui ne désespère pas de s'accomplir. Cette édition est accompagnée d'une préface de Jean-Marc Sourdillon, écrivain, professeur et traducteur, qui a collaboré à l'édition des Ouvres de Philippe Jaccottet dans la "? Bibliothèque de la Pléiade ? " aux Editions Gallimard en 2014. Poète, essayiste et critique littéraire suisse, Philippe Jaccottet (1925-2021) a vécu en France depuis les années 1950 ? ; il est considéré comme l'un des plus grands poètes de langue française du XXe siècle. Célèbre également pour ses nombreuses traductions d'oeuvres étrangères (Rilke, Thomas Mann, Musil, Góngora, Homère), il a été distingué par de nombreux prix tout au long de sa vie. Avec René Char et Saint-John Perse, il est un des rares poètes dont l'oeuvre a été publiée de son vivant dans la "? Bibliothèque de la Pléiade ? " .
Nombre de pages
189
Date de parution
10/11/2022
Poids
148g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782940733507
Titre
Eléments d'un songe
Auteur
Jaccottet Philippe ; Sourdillon Jean-Marc
Editeur
FLORIDES HELVET
Largeur
115
Poids
148
Date de parution
20221110
Nombre de pages
189,00 €
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Trois voyages : l'Andalousie, la Grèce et, tout récemment, l'Egypte, donnent naissance à trois proses qui sont, comme toujours avec Jaccottet, à la fois de poétiques notations d'instants privilégiés et de graves réflexions sur l'univers méditerranéen. Vignette de Pierre Tal Coat.
«Autrefois,moi l'effrayé, l'ignorant, vivant à peine,me couvrant d'images les yeux,j'ai prétendu guider mourants et morts.Moi, poète abrité,épargné, souffrant à peine,aller tracer des routes jusque-là !À présent, lampe soufflée,main plus errante, qui tremble,je recommence lentement dans l'air.»
Ce peu de bruits qui parviennent encore jusqu'au coeur, coeur de presque fantôme. Ce peu de pas risqués encore vers le monde dont on dirait qu'il s'éloigne, quand c'est plutôt le coeur qui le fait, de mauvais gré. Pas de plainte là-dessus toutefois, rien qui couvrirait les ultimes rumeurs ; pas une seule larme qui brouillerait la vue du ciel de plus en plus lointain. Paroles mal maîtrisées, mal agencées, paroles répétitives, pour accompagner encore le voyageur comme une ombre de ruisseau.
Plus je vieillis et plus je croîs en ignorance, plus j'ai vécu, moins je possède et moins je règne". "Comme le feu, l'amour n'établit sa clarté que sur la faute et la beauté des bois en cendres". Ces vers ouvrent et ferment le poème intitulé L'Ignorant qui donne son titre au nouveau recueil de poésies de Philippe Jaccottet. Ils indiquent admirablement la recherche philosophique et poétique qui domine l'oeuvre que nous donne aujourd'hui l'auteur de L'Effraie. Les trois "livres" de ce volume (Dans les rues d'une ville - Paroles dans l'air - Le livre des morts), composés respectivement de 13, 20 et 7 poèmes, prouvent que l'unité profonde d'inspiration, la rigueur et l'originalité d'expression, la sobriété dans la richesse demeurent les qualités maîtresses du poète.
À l'aube de la quarantaine, Anne Cuneo, alors maman d'une petite fille de neuf ans, apprend qu'elle est atteinte d'une maladie qui pourrait lui être fatale. Elle-même a perdu son père alors qu'elle n'était qu'une enfant, et a toujours regretté de ne pas l'avoir mieux connu ; elle décide donc de raconter sa jeunesse et de retracer son cheminement intérieur afin que sa fille, si un jour elle en éprouve le besoin, puisse comprendre cette mère qui risque de s'en aller trop tôt. Remontant aux sources de son éveil à la conscience, l'auteure évoque sa vie en Lombardie dans une famille de la bourgeoisie italienne, puis sa condition d'immigrée en Suisse, revenant sur un parcours marqué par les brimades de la discrimination mais aussi par la conquête de l'émancipation. Anne Cuneo (1936-2015), née à Paris de parents italiens, a passé son enfance en Lombardie d'où elle a émigré en Suisse avec sa mère et son frère. Après des études de lettres à Lausanne, Londres et Florence, elle travaille comme journaliste et traductrice. Elle a écrit plusieurs récits autobiographiques, des romans historiques et policiers, des études sur le cinéma et le théâtre, ainsi qu'une quinzaine de pièces. Lauréate du Prix Schiller en 1979 pour l'ensemble de son oeuvre, Anne Cuneo compte parmi les écrivains les plus populaires de Suisse romande.
La confession du pasteur Burg est un récit de neige et de feu. Car la faute obsède, au pays de Calvin. Le sentiment de culpabilité taraude les âmes et les coeurs. Il est le plus souvent lié à la chair, objet d'angoisse et de fascination : Geneviève. La vocation métaphysique, d'autre part, ou sa plus naturelle intuition, rend plus aigu, plus érodant, l'effet de l'introspection. Jean Burg se manifestera-t-il en vengeur ? Mais Geneviève révèle et change : elle est, au sens propre, celle qui annonce, l'évangéliste s'incarnant enfin au regard du juge médusé. La médiation de Geneviève gomme toute faute, le péché cède, s'efface, disparaît. Et c'est précisément à cet instant que le récit se crispe, que le drame se mue en tragédie et bascule dans l'immolation. Jacques Chessex L'oeuvre abondante du romancier et poète romand Jacques Chessex (1934-2009), récompensée à de multiples reprises, occupe une place majeure dans la littérature francophone. Seul auteur suisse à avoir reçu le Prix Goncourt (en 1973 pour L'Ogre), Jacques Chessex est mort soudainement d'une crise cardiaque alors qu'il participait à une conférence autour de l'adaptation théâtrale de La confession du pasteur Burg à la Bibliothèque publique d'Yverdon-les-Bains.