Loin d'être considérée comme une simple notion appartenant au vocabulaire de la théorie politique, l'idée foucaldienne de la politique renvoie plutôt à une attitude généalogique fournissant un diagnostic du présent et restituant des relations complexes et contingentes qui nouent des domaines de savoir, des types de normativité et des formes de subjectivité. Par ce biais cette idée touche tout un ensemble de questions qui ont été cruciales pour l'itinéraire intellectuel de Foucault. En premier lieu celles de la gouvernementalité et de la biopolitique, des savoirs et des pouvoirs qui les constituent, des pressions normalisantes avec leurs effets spécifiques d'assujettissement, mais aussi des résistances et des contre-conduites que la gouvernementalité et la biopolitique rencontrent et produisent dans leur exercice. Au coeur de l'idée foucaldienne de la politique on retrouve même la notion de conduite considérée dans sa duplicité constitutive : à la fois manière de conduire les hommes en structurant leur champ d'action éventuel, mais aussi manière de se conduire de la part des hommes conçus comme des sujets libres. Ce qui par ailleurs ne peut pas être disjoint de la question d'une histoire politique de la vérité, ce qui vise à problématiser les manières dont, de l'Antiquité gréco-romaine jusqu'au néolibéralisme de nos jours, les rapports de forces qui traversent les sociétés occidentales se sont historiquement imbriqués avec des régimes de vérité afin de gouverner la vie et l'existence des hommes. Ainsi le domaine de la politique croise également le projet d'une généalogie de l'obligation de dire-vrai sur soi-même, un foyer de réflexion où, dans les années 1980, Foucault a tenté de recadrer nombre de ses analyses, des expertises médico-légales à l'aveu, du souci de soi à la parrêsia. Quoi qu'il en soit, d'après Foucault la politique reste toujours marquée par une conflictualité qui donne lieu à des champs d'agonismes incessants, dans l'immanence desquels cette série souvent dispersée des points de non-acceptation du pouvoir peut aussi se composer politiquement par le biais de formes inédites d'existence qui excédent tout ordre discursif ou normatif et sont en mesure de remettre en question l'évidence et la nécessité du tout pouvoir.
Nombre de pages
247
Date de parution
20/10/2017
Poids
320g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841747320
Titre
La pensée politique de Foucault
Auteur
Irrera Orazio ; Vaccaro Salvo
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
320
Date de parution
20171020
Nombre de pages
247,00 €
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Foucault Michel ; Ewald François ; Irrera Orazio ;
Qu?est-ce que la philosophie et quel est son rôle aujourd?hui ? Entre juillet et octobre 1966, quelques mois après la parution des Mots et les Choses, Michel Foucault, dans un manuscrit très soigneusement rédigé mais qu?il ne publiera pas, apporte sa réponse à cette question tant débattue.À la différence de ceux qui, à l?époque, s?attachent à dévoiler l?essence de la philosophie ou à en prononcer la mort, Foucault l?appréhende, dans sa matérialité, comme un discours dont il convient de dégager l?économie eu égard aux autres discours (scientifique, fictif, ordinaire, religieux) qui circulent dans un contexte donné.Le Discours philosophique propose ainsi une nouvelle manière de faire l?histoire de la philosophie, qui la décentre du commentaire des grands philosophes. Nietzsche y occupe toutefois une place particulière car il inaugure une conjoncture où la philosophie devient une entreprise de diagnostic du présent. Il revient en effet désormais à la philosophie de dire, à partir de l?« archive intégrale » d?une culture, ce qui en fait l?actualité.Si L?Archéologie du savoir, consacré aux enjeux méthodologiques d?un tel projet, s?y annonce, nulle part autant que dans Le Discours philosophique Michel Foucault n?aura explicité les ambitions de son programme intellectuel.