Inégalités et rapports sociaux. Rapports de classes, rapports de sexes
Pfefferkorn Roland
SNEDIT LA DISPU
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EAN :9782843031427
L'ECLIPSE DES CLASSES, L'EMERGENCE DU GENRELes signes du retour des classes sociales se multiplient. Les expressions «classe sociale», «classe ouvrière», «classe salariale», ou d'autres, réapparaissent dans les titres de livres ou d'articles. Certes cette réapparition s'effectue encore avec une certaine discrétion. Car la disqualification de ce concept semble toujours aller de soi pour la plupart des «intellectuels médiatiques» et pour nombre de spécialistes des sciences sociales. Le paysage social s'est, il est vrai, modifié en profondeur en une trentaine d'années, dans la réalité et dans les représentations, notamment savantes et médiatiques. La structure de classe des sociétés capitalistes contemporaines a été bouleversée. L'ancienne classe ouvrière «n'est plus ce qu'elle n'a jamais été». Et, après l'annonce répétée de son avènement, l'immense classe moyenne censée couvrir 80 % de la population est en train de disparaître à sou tour. Mais, la bourgeoisie est toujours là, et on la connaît même beaucoup mieux.Parallèlement au renouveau des classes, la critique de la polarisation du regard sur les seuls rapports de classe s'est affirmée aussi. Les transformations de la place des femmes dans nos sociétés et l'émergence du genre en tant que catégorie d'analyse n'ont pas encore provoqué tous les effets escomptés, tant sur le plan politique que scientifique. Mais, la recherche portant sur les rapports sociaux de sexe s'est malgré tout imposée dans les sciences sociales. Les rapports de génération et les rapports ethniques ou les rapports de «race» sont également l'objet de davantage d'investigations depuis deux ou trois décennies. Mais nous sommes encore loin d'une prise en compte systématique de l'ensemble des rapports sociaux dans les enquêtes et recherches portant sur une structure sociale qui n'est pas du tout figée. Celle ci peut en effet davantage être appréhendée comme un entrecroisement dynamique complexe de l'ensemble des rapports sociaux, chacun d'entre eux imprimant sa marque sur les autres.Le retour des classes a été précédé et accompagné d'un retour récent de Marx. Ses analyses étaient discréditées dans la conjoncture théorique des années Î980 et 1990. Celle-ci était profondément marquée par le contexte politique: le déclin puis ('effondrement de l'URSS, la crise prolongée en Europe et sur d'autres continents du mouvement ouvrier et notamment de son modèle social-démocrate, tant dans sa version (post)-stalinienne que socialiste, sans compter les entreprises idéologiques multiformes et systématiques qui toutes visaient à reléguer l'auteur du Capital et les utopies de transformations sociales aux oubliettes. Les batailles politiques et théoriques passées, opposaient «marxistes» et «anti-marxistes», mais aussi de multiples courants se réclamant de Marx. Depuis le milieu des années 1990, son oeuvre est dégagée progressivement des ornières positiviste et structuraliste dans lesquelles l'enfonçaient certaines lectures réductrices. La distanciation du rapport des intellectuels, en particulier dans les sciences sociales, avec les organisations politiques, notamment le parti communiste, est aussi un reflet de cette crise. Mais en même temps elle leur permet une plus grande distance à l'égard des modes partisanes et autres lignes politiques. Ces dernières années un grand nombre de travaux de philosophes et de sociologues ont contribué à relire l'oeuvre de Marx dans sa cohérence d'ensemble débarrassée des déformations, des simplifications ou des interprétations problématiques.
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Nombre de pages
412
Date de parution
21/06/2007
Poids
520g
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140mm
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EAN
9782843031427
Auteur
Pfefferkorn Roland
Editeur
SNEDIT LA DISPU
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140
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20070621
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412,00 €
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Dans une première partie, Roland Pfefferkorn revient sur le long processus de laïcisation de l'Etat en France depuis le 17e siècle et dont la Révolution de 1789 approfondira le développement sans pour autant encore le parachever ; Napoléon Bonaparte reviendra d'ailleurs sur certains de ses acquis. La seconde partie porte sur les avancées de la laïcité historique vers la liberté de conscience et la séparation des Eglises et de l'Etat avec les lois laïques scolaires de 1882 et 1886 qui permettront d'écarter les tutelles religieuses. La loi de 1905, dont l'auteur nous décrit les conditions d'adoption, parachèvera cette évolution. La troisième partie traite d'abord des points aveugles ou des impensés de cette République laïque, présumée porteuse de valeurs universelles et de progrès. L'idéal laïque est abandonné quand elle poursuit l'aventure coloniale et se montre peu soucieuse des droits de celles et ceux qui subissent les rapports de domination patriarcaux et bourgeois. Les femmes sont scolarisées à part, et écartées du "suffrage universel". En 1914, la "religion de la patrie" triomphe et l'idéal laïc est brisé. Après 1945, des arrangements sont obtenus par l'Eglise catholique, en particulier avec la loi Debré de 1959 qui lui concède d'importants subsides financiers. Un dernier chapitre est consacré au tournant, intervenu à partir des années 1990-2000, qui se traduit par un dévoiement identitaire et autoritaire de la laïcité historique. Cette reconfiguration de la laïcité discrimine les musulman·es, et en premier lieu les femmes. Elle tourne le dos aux principes de liberté et d'égalité et à la séparation des Eglises et de l'Etat. De plus, depuis les années 2000, des lois successives consacrent une rupture radicale avec la laïcité historique, tandis que se réaffirme une nouvelle proximité de l'Etat avec l'Eglise catholique. La question de laïcité devient alors un fer rouge qui travaille la société française dans un sens régressif par rapport à ses idéaux originels.
L'installation à Strasbourg en 1872 de la Kaiser-Wilhelms-Universität fut une entreprise culturelle et politique de grande envergure. L'Empire allemand a créé cette institution et la France l'a utilisée. Cette université a joué un rôle important dans la formation des sociologues "fondateurs" au tournant des XIXe et XXe siècles. Durant la période allemande, nombre de professeurs de Strasbourg ont été membres du Verein für Sozialpolitik. En 1888, un jeune docteur nommé Max Weber y adhéra à son tour. Il avait fréquenté assidument la famille de son oncle, le professeur Hermann Baumgarten, et avait suivi ses cours lors de son service militaire à Strasbourg. L'étudiant Robert E. Park y prépara son doctorat avec Wilhelm Windelband. Georg Simmel y occupa son premier poste de professeur ordinaire. Après 1919, Maurice Halbwachs, Marc Bloch et Lucien Febvre y imprimèrent leur marque. Ils ont contribué par la qualité de leurs recherches à promouvoir dans l'université française de Strasbourg de l'entre-deux-guerres des problématiques nouvelles et transversales, même si les départs pour Paris furent nombreux et qu'ils ont fragilisé l'institution, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Georges Gurvitch n'y est resté que quelques années avant son long séjour aux Etats-Unis. C'est cette période riche de l'université de Strasbourg qui a vu l'éclosion ou la maturation des travaux de nombreux sociologues que cet ouvrage entreprend d'explorer à partir d'un ensemble de contributions originales émanant de chercheurs français, allemands et italiens.
Genre et rapports sociaux de sexe, le mouvement des femmes a été à l'origine d'une effervescence théorique qui s'est traduite par la production d'un corpus de concepts extrêmement riche. Par exemple ceux de patriarcat, de mode de production domestique, de travail domestique, de travail productif et reproductif et de division sexuelle du travail, sans compter ceux de sexe social, sexage ou classe de sexe. Par ailleurs, les concepts de genre et de rapports sociaux de sexe se sont inscrits durablement dans le paysage. De nombreuses théoriciennes qui se reconnaissent dans le courant matérialiste cherchent à penser les rapports entre les sexes en privilégiant leurs fondements matériels, notamment économiques, sociopolitiques, voire physiques sans négliger pour autant les dimensions symboliques. La manière dont la séparation et la hiérarchisation entre hommes et femmes sont produites se trouve au coeur de leurs réflexions. Ces élaborations ont permis de rompre avec l'idéologie de la complémentarité "naturelle" des sexes, de penser les rapports antagoniques entre le groupe des hommes et celui des femmes dans le but de les transformer. C'est à la présentation de ce corpus de concepts qu'est consacré le présent volume. L'objectif est de rendre compte de la diversité, de la richesse et des limites des analyses produites ainsi que de rappeler quelques-uns des débats, controverses et divergences qui ont traversé le mouvement des femmes.
Les inégalités sociales, qui se réduisaient après guerre, s'aggravent à nouveau depuis une vingtaine d'années. Effet de la crise ? Pas seulement, puisque la production de richesses a augmenté sans discontinuer (+ 35 % entre 1982 et 1992) tandis que le nombre de pauvres s'alourdissait (+15 %). Ce livre se propose d'éclairer ce paradoxe, d'abord en dressant un constat précis de ces inégalités (une douzaine de thèmes sont analysés : inégalités de revenus, de patrimoines, de pouvoirs d'achats, inégalités face à l'emploi, au logement, aux prestations sociales, à l'école, à la consommation, au temps libre, à la santé...), ensuite en montrant en quoi ces inégalités agissent les unes sur les autres, en général en se cumulant.Ce travail unique en son genre (c'est le seul ouvrage regroupant toutes ces données, en général éparses ou confidentielles), dont la première édition est devenue une référence classique en la matière (elle a été réimprimée plusieurs fois), a été entièrement actualisé.«Un excellent outil de travail et d'analyse de la société française.». Le Monde diplomatique. «Un travail considérable et jusque-là jamais réalisé.». Libération. «Un ouvrage essentiel.». Témoignage chrétien.
Depuis peu, un vent de fraicheur souffle sur la psychanalyse. Des travaux importants paraissent et renouvellent sa théorie et sa pratique pour lui faire retrouver la disposition critique qu'elle a pu avoir. Pourtant, cette renaissance n'abolit ni les clivages et les malentendus ni la méfiance hérités d'un temps long où la psychanalyse s'est rendue complice des pensées conservatrices. Pour que la psychanalyse puisse redevenir une alliée politique, Mathilda Audasso, docteure en théorie psychanalytique et praticienne, interroge dix idées reçues qui persistent à son égard dans les milieux de gauche et y répond de façon documentée, pédagogique et critique.
Résumé : Quelques décennies après l'abandon de la fairness doctrine qui défendait aux Etats-Unis un traitement équilibré et "impartial" de l'information, la fièvre gagne l'Europe. Dopés par une concentration accrue des moyens de production médiatique et la pression grandissante du profit, les médias bolloréens occupent en France le poste d'avant-garde. En mobilisant son empire pour mettre les idées de l'extrême droite au centre du débat public et en rouvrant à son rapprochement avec la droite libérale, Vincent Bolloré contribue à les faire accéder au pouvoir. Procès de sa montée en puissance, ce livre éclaire comment le bollorisme traduit une évolution du capitalisme français et pourquoi une partie de la bourgeoisie se plaît à le condamner tout en reprenant ses vues : liberté du possédant d'imposer les thèmes du débat public, confusion entre antisémitisme et antisionisme, obsession de la politique spectacle, dénonciation de l'audiovisuel public, etc. Aujourd'hui, il ne manque plus à cette bollosphère que la prise du pouvoir. Mais peut-être est-il encore temps de l'enrayer, à condition de refaire des médias une question politique et l'objet d'un rapport de force.
Résumé : Pensée et langage, dernier ouvrage de Lev S. Vygotski, est une oeuvre majeure qui a révolutionné la psychologie et les sciences de l'éducation. Publié en 1934, ce livre, longtemps interdit, propose une approche historico-culturelle du psychisme humain, influencée par Marx et nourrie de multiples champs du savoir. Vygotski y redéfinit les relations entre pensée et langage, interroge le développement des concepts chez l'enfant et pose autrement le problème de la conscience sur lequel butent encore les neurosciences. Traduit en français pour la première fois en 1985 par Françoise Sève, cet ouvrage est devenu une référence majeure en psychologie et en pédagogie. et fait vivre une communauté scientifique internationale. Presque un siècle après sa première publication, Pensée et langage continue de nous parler de l'avenir de ta psychologie, en éclairant les liens entre développement individuel et social. Cette nouvelle édition, enrichie d'une préface d'Yves Clot, réaffirme toute la modernité et la portée de cette oeuvre fondatrice.
Extrait de l'introductionJuin 2007. Une unité psychiatrique pour adolescents située dans un secteur défavorisé de la banlieue parisienne. J'y viens régulièrement en tant que sociologue depuis neuf mois, en moyenne trois jours par semaine. Ce jour-là, les professionnels sont réunis en présence du cadre et du chef de service, afin de faire le bilan de l'année. Yasmina, psychiatre chargée des évaluations concernant les adolescents hospitalisés en pédiatrie, exprime sa fatigue et son désarroi: «Je rêve d'avoir une vraie bouffée délirante», soupire-t-elle. J'ai tout d'abord cru à une boutade, avant qu'elle ne précise le sens de son intervention, décrivant le déroulement de ses journées, en grande partie consacrées à résoudre des questions sociales. Nombre d'adolescents souffrent tout autant (voire davantage) de leurs conditions de vie que d'une pathologie avérée. «On a une position compliquée de refuge», commente l'un de ses collègues, avant qu'Alain, infirmier originaire du Congo, n'ajoute: «La psychiatrie regorge des difficultés des cités. Comme le social ne marche pas, ça entraîne des troubles du comportement.» A contrario, accueillir un patient délirant («avoir une bouffée délirante»), c'est être au coeur du métier de psychiatre, se rapprocher de son aspect spécifiquement médical: un symptôme précis, un diagnostic évident, un protocole simple, autour notamment de la prescription d'un médicament.Régulièrement, les professionnels, quel que soit leur grade, s'interrogent ainsi sur les limites de leur fonction. Ils questionnent la catégorisation des troubles qu'ils ont à traiter. Cela tient aux caractéristiques sociales de la population du secteur tout autant qu'à la mission assignée à l'unité lors de sa création autour de l'accueil des jeunes «difficiles», aux «pathologies limites», «rejetés de toutes les institutions». Dans ces cas-là, ce sont les «troubles du comportement» ou les «troubles des conduites» qui sont invoqués comme motifs d'hospitalisation. «Notre service a souvent à prendre en charge ce qui a pu être considéré comme une "pathologie nouvelle", à la limite entre la psychose et la névrose», écrivait le psychiatre responsable pour présenter la structure dans la revue du centre hospitalier en janvier 1999: «Il s'agit de troubles graves de la structuration de la personnalité, avec une désorganisation du comportement qui ne s'accompagne pas de désorganisation de la pensée. Ces troubles sont particulièrement fréquents parmi les jeunes de nos banlieues (alors que d'autres, plus classiques, comme l'anorexie mentale, y sont rares) et s'expriment souvent sur le mode de la violence, de la délinquance et de la toxicomanie.» Les jeunes qui fréquentent l'unité y ont été orientés soit après une hospitalisation en pédiatrie, soit à la demande d'un psychiatre extérieur, soit à la demande d'un service éducatif ou d'un magistrat. D'après un rapport d'activité, parmi les jeunes pris en charge de 1991 à 1994, 21 % disposaient d'un suivi éducatif sous mandat du juge des enfants.Souvent, il s'agit d'intervenir pour évaluer l'état psychique d'un adolescent, d'agir de manière préventive pour éviter que la situation ne se dégrade. Les psychiatres hésitent cependant à poser un diagnostic dans la plupart des cas, la structure psychique étant supposée labile à l'adolescence, susceptible d'évolution. Le flou qui entoure les troubles ainsi que leur caractère socialement situé amènent ici les psychiatres à prendre des distances vis-à-vis d'une demande sociale qui les réduirait à de simples agents de contrôle de l'ordre public. Un an après les émeutes qui ont touché des communes avoisinantes, ils se méfient des politiques publiques qui s'inquiètent de la souffrance adolescente à partir du moment où les jeunes deviennent violents. «On n'est pas là pour les empêcher de brûler des voitures», dit l'un; «on n'est pas là pour empêcher qu'ils se fassent agresser, c'est à la police de faire ça», dit une autre. Face aux éducateurs qui les sollicitent pour des jeunes qu'ils ne parviennent pas à gérer, les psychiatres peuvent répondre: «Qu'est-ce qui vous dit qu'on va faire ça mieux que vous?» Dans nombre de situations, en effet, tout se passe comme si la psychiatrie était amenée à jouer un rôle de soupape face aux autres institutions d'encadrement de la jeunesse en difficulté, qu'il s'agisse de la Protection judiciaire de la jeunesse, de l'Aide sociale à l'enfance, de l'Éducation nationale, des instituts médico-éducatifs.