Le poète d'origine juive Ilarie Voronca (1903-1946) a réalisé une oeuvre d'une grande richesse, appréciée aussi bien en Roumanie où il est né qu'en France où il s'est établi en 1933. Ce livre met en évidence l'importance de ses écrits en langue roumaine, comme principal promoteur de l'avant-garde, et en langue française, par la thématique "humanitariste" , mais aussi "imaginaire" , "surréaliste" , de ses volumes de prose poétique. La riche correspondance, dans son immense majorité inédite, réunie par le professeur Carol Iancu, apporte une réponse ultime à l'énigmatique question "Pourquoi Voronca s'est-il suicidé ? " . Cette correspondance dévoile le rôle de Jean et Elise Mazenq, le couple d'instituteurs qui l'ont hébergé et protégé à Moyrazès, un village de l'Aveyron, en 1943-1944. Poète de la modernité et de l'amour absolu, marqué par les tragédies du XXe siècle, Ilarie Voronca a délivré un message plein d'espoir : "Rien n'obscurcira la beauté de ce monde".
Le Juif est perfide, le Juif est démoniaque, le Juif est un usurier. De l'Antiquité à nos jours se sont perpétués nombre de mythes, de calomnies monstrueuses qui ont donné naissance à un racisme antijuif virulent: l'antisémitisme. Déjà, dans le monde égyptien, mais aussi au Moyen Age, des ignominies sont proférées à l'encontre du peuple juif. Bien plus tard, le régime nazi en donnera une dimension apocalyptique avec la Shoah ("cataclysme" en hébreu); des millions d'hommes, de femmes et d'enfants sont exterminés uniquement parce qu'ils sont d'origine juive. Cette haine, loin de s'être éteinte avec la disparition du IIIe Reich, est aujourd'hui plus que jamais d'actualité. Dans cet ouvrage, l'auteur retrace l'histoire de "la plus longue haine" de tous les temps. Il met en évidence l'évolution des mythes et calomnies, depuis les premiers chrétiens: déicide, meurtre rituel, profanation d'hosties, complot judéo-maçonnique ou, plus près de nous, les Protocoles des Sages de Sion et le "mensonge d'Auschwitz". Toute la terminologie, utilisée à travers les siècles pour exprimer la haine à l'égard des Juifs, est disséquée: antijudaïsme, antisémitisme, antisionisme, négationnisme... Cette somme de connaissances, illustrée par de nombreux exemples, nous livre un travail d'analyse riche et rigoureux dont l'objectif est aussi d'alerter et d'appeler à la prudence. Cependant, les relations entre les Juifs et les chrétiens, entre les Juifs et les musulmans n'ont pas été marquées uniquement par la haine et l'aversion. Et comme le précise Carol Iancu: "Il ne faut en aucun cas faire silence sur les temps fastes de cette histoire commune, à laquelle nous continuons d'être attachés."
Unique publication de cette ampleur en langue française sur le sujet, cet ouvrage établit un pont entre le génocide des Arméniens (1915) et la Shoah (1939-1945). A travers les étapes et les spécificités de l'anéantissement des populations concernées, les principaux thèmes - approches comparatives, témoignages, histoire et mémoire, négationnisme et enseignement - sont traités dans une perspective pluridisciplinaire. Par la variété et la richesse des études rassemblées, ce livre propose un éclairage nouveau pour la compréhension du phénomène génocidaire, qui se retrouve au coeur de l'histoire du XXe siècle, débordant même sur le XXIe, et qui concerne toute l'humanité. Dirigé par les professeurs Gérard Dédéyan et Carol Iancu, cet ouvrage réunit des auteurs, enseignants et chercheurs représentants des universités et des institutions scientifiques et culturelles de dix pays différents. Du génocide des Arméniens à la Shoah apporte une contribution significative au soixante-dixième anniversaire de la libération d'Auschwitz et des autres camps nazis, et au centième anniversaire du génocide des Arméniens.