Du commun. Philosophie pour la peinture et le cinéma
Huyghe Pierre-Damien
CIRCE
17,50 €
Epuisé
EAN :9782842421335
En dépit de l'absence de systématicité explicite de sa réflexion, Walter Benjamin est pour notre époque un philosophe plus pertinent que Martin Heidegger. Le motif essentiel de cette affirmation, c'est l'?uvre d'art, c'est le concept même d'?uvre, concept qu'il n'est pas nécessaire de juger dépassé ni venu d'une origine qui serait désormais hors de portée. La question qui se pose est de définir l'allure d'une ?uvre contemporaine et, partant, impliquée dans la technicité de l'époque. Cela passe évidemment par le cinéma, pas seulement l'art du cinéma, mais le cinéma comme pratique générale et forme aujourd'hui déterminante de toute intuition du monde. Mais cela passe aussi par la façon dont la peinture, art avéré avant l'invention du film, a pu se faire à la montée en puissance de ce dernier. D'où l'intérêt porté ici, malgré tout ce qui pousse sur le devant de la scène dite " de l'art " des pratiques plus libérales et plus spéculatives, à des " contemporains " comme Kandinsky, Klee ou Braque. Que l'art au temps du film - temps qui est aussi, à entendre Walter Benjamin, celui de la diffusion généralisée - ne soit pas nécessairement, pour tout dire, un jeu de langage, c'est la thèse ici avancée. Cet art implique un faire. Seulement, sa puissance est commune. Ce livre montre, à partir d'une lecture de Rousseau notamment, qu'on ne peut comprendre l'intérêt de cette puissance si on ne cherche pas à libérer la technicité humaine foncière des procédures d'essence économique qui lui donnent de l'emploi, procédures où le calcul et la prévision comptent plus que le travail et la gestation.
Nombre de pages
124
Date de parution
26/02/2002
Poids
167g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782842421335
Titre
Du commun. Philosophie pour la peinture et le cinéma
Auteur
Huyghe Pierre-Damien
Editeur
CIRCE
Largeur
140
Poids
167
Date de parution
20020226
Nombre de pages
124,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Issu d'un séminaire organisé au Centre Pompidou à l'occasion du trentième anniversaire de son inauguration, ce livre a pour objet de discuter quelques-uns des fondements théoriques et méthodologiques des pensées qui ont conduit à tenir la notion de "modernité" pour dépassée, en particulier celles d'Ulrich Beck en Allemagne, de Bruno Latour en France, de Fredric Jameson aux Etats-Unis, etc. Que peut bien vouloir signifier "modernes sans modernité"? Ceci, entre autres: que la phase historique que nous vivons est certes marquée par des processus de modernisation, mais que l'expression de ces processus n'est pas encore parvenue au stade d'un style. Y a-t-il lieu de le déplorer? Pas selon Pierre-Damien Huyghe, qui soutient que c'est au contraire dans l'absence de repères stylistiques que l'esprit est le plus susceptible de se montrer présent aux modifications des capacités productives et aux poussées techniques qui affectent les conditions d'existence. "Présence d'esprit" que voulut historiquement désigner et signifier le terme "modernité" lors de son introduction dans la langue, au XIXe siècle. Se passer de ce terme, comme semblent vouloir le faire ceux qui le prétendent obsolète, c'est s'exposer aux risques d'une modernisation sans mesure.
Comment la photographie et le cinéma, qui donnent de l'image, peuvent-ils être des arts contemporains de l'abstraction ? Comment la peinture est-elle devenue, comme le disait Kandinsky, un art voué à se passer de l'objet ? Nous ne pourrons pas traiter ces questions sans déceler dans l'histoire de l'art et de la pensée le poids des récurrences. En ceci au moins notre art n'est pas différent de la Renaissance : il ne se distingue pas sans rappel, il se comprend dans une pesée de traditions. L'enjeu, c'est l'ingénierie et l'industrie qui peuvent habiter l'image et que l'image peut installer dans la perception. L'art exige-t-il une autre méthode comme on l'a souvent dit depuis Baudelaire ? Sous cette interrogation se rappelle l'antique avertissement dont l'art a fait son affaire : la moindre des oeuvres implique une problématique de la responsabilité du monde. Cette responsabilité se manifeste aux esprits dans la facture de l'oeuvre, en deçà de toute finition.
Plusieurs recherches s'intéressent ces derniers temps au concept d'appareil. Issu de diverses rencontres réalisées à l'initiative du Collège des arts, le présent livre propose quelques-unes des sources de cette réflexion. L'enjeu. c'est la relation du sensible et du dicible. La notion d'appareil signifie globalement qu'il y a du côté des formes de l'expérience une fabrique, un art, une technique, un faire par rapport à quoi le langage. sans être secondaire, est néanmoins second. Elle implique à titre d'hypothèse cette idée qu'un travail du sensible peut avoir lieu sans tomber d'entrée de jeu sous la coupe de catégories établies de la réception. Ce travail du sensible est du ressort de "passages" techniques aptes à faire époque. Les arts sont liés à ces passages, ils sont de leurs conditions, ils les avèrent esthétiquement. Les études rassemblées dans le présent volume analysent divers cas de la contribution artistique à la mise en évidence, à l'exposé de l'époque. Sont mis en discussion au fil des pages, et compte tenu des récents développements techniques ? vidéo, numérique ?, l'identité du corps. les valeurs de la photographie, le concept d'index... Le Collège des arts regroupe artistes, historiens de l'art et philosophes. Il organise au Centre d'Art Contemporain de l'abbaye de Beaulieu-en-Rouergue, en partenariat avec le Centre des Monuments Nationaux, des Rencontres au cours desquelles sont examinées des questions intéressant les arts contemporains. Un volume - Le jeu de l'exposition - a déjà été publié dans la mime collection en 1998.
La tradition de pensée qui s'est nourrie de la Poétique d'Aristote a établi les conditions d'un différend esthétique. Ce différend ne concerne pas seulement la tradition de l'art, il concerne aujourd'hui les médias et, plus globalement, le rapport de l'humanité à tout ce qu'elle montre et se montre. L'enjeu, c'est la conduite de la technique, son allure et sa méthode. En impliquant tour à tour critiques d'?uvres et théories de l'art, ce livre examine la possibilité et l'intérêt de réévaluer, à l'époque des appareils d'enregistrement, la structure de la relation de l'art à la technique. Il y va des chances de l'existence, des instances fondées à régler le commun de l'humanité, des domaines de la politique et de l'économie en général.
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.