En 1891 s'est produit un événement non négligeable dans l'histoire intellectuelle : un journaliste a eu l'idée d'aller poser des questions aux principaux écrivains du moment et de publier ces entretiens. Jules Huret venait de donner ses lettres de noblesse à l'interview littéraire, née quelques années auparavant. Rassemblés en volume, ces entretiens sont devenus un livre culte. Parmi les soixante-quatre interviewés : Stéphane Mallarmé, Edmond de Goncourt, Joris-Karl Huysmans, Guy de Maupassant, Emile Zola, entre autres. On y trouve la seule interview connue de Paul Verlaine, de précieuses rencontres avec José Maria de Hérédia, Remy de Gourmont ou Octave Mirbeau, ainsi qu'une lettre de Leconte de Lisle provoquant Anatole France en duel, fâché après avoir lu ses réponses au journaliste. Quand ils ne se livrent pas à des piques ou à des éloges à l'endroit de leurs collègues, les auteurs présentent leurs théories, méditent sur leurs oeuvres et tentent d'établir le modèle de l'écrivain futur. Les poètes parnassiens et symbolistes s'affrontent sur la question du vers libre, les décadents et les écrivains socialistes sur le rôle politique de la littérature, tandis que les romanciers, toutes écoles confondues, rivalisent d'ingéniosité pour imaginer les oeuvres d'après le naturalisme. Les entretiens frappent par leur franchise et leur familiarité. On suit Maurice Maeterlinck dans le dédale des brasserie belges ; on écoute Anatole France s'interrompre au milieu d'un profond développement pour plaisanter avec sa petite fille. Chaque reportage est comme une brève nouvelle dont les écrivains seraient les personnages principaux. On y découvre leurs lieux de travail, leurs façons de s'exprimer et de vivre. Le pittoresque se joint à l'intelligence pour faire de ce livre une bible des lettres.
Nombre de pages
369
Date de parution
10/05/2023
Poids
312g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782246833550
Titre
Enquête sur l'évolution littéraire
Auteur
Huret Jules
Editeur
GRASSET
Largeur
120
Poids
312
Date de parution
20230510
Nombre de pages
369,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'enquête sur l'" évolution littéraire " de Jules Huret a paru dans L'Echo de Paris de mars à juillet 1891. Elle assemble les écrivains en camps adverses et dessine les contours d'un certain nombre d'" écoles ", tout en donnant à chacun l'occasion de proclamer son individualité. Semaine après semaine, elle organise la confrontation d'écrivains connus et de nouveaux venus, une soixantaine de romanciers, de poètes ou de critiques : A. France, M. Barrès, E. de Goncourt, J. K. Huysmans, M. Maeterlinck, G. de Maupassant, O. Mirbeau, P. Verlaine. Le grand public a l'occasion de découvrir des inconnus comme R. de Gourmont, J. Péladan ou Saint-Pol Roux, qui sont traités à égalité avec les chefs de file, Zola et Mallarmé. A cette occasion, Jules Huret s'essaye à des classifications où alternent une théorie fantaisiste des humeurs (bénins, acides, boxeurs, etc.) et un modèle " scientifique " emprunté à l'Histoire Naturelle. Mais surtout, par la technique, alors toute nouvelle, de l'interview, le journaliste impose les règles d'un mode nouveau de communication. Donnant, donnant : si les écrivains ont la possibilité de proposer leur image d'auteurs au public le plus large, ils sont tenus d'admettre le postulat d'une évolution darwinienne qui les incite à une impitoyable " lutte pour le succès ". Au regard des contemporains de Jacques Chancel, de Bernard Pivot, de Bernard Rapp, le fait mérite de retenir l'attention. Car l'interviewer occupe le devant de la scène, aux dépens de l'écrivain qui, soucieux d'être " mis en média ", tombe sous sa coupe. Avec Jules Huret advient le temps des médiateurs.
Libre d'esprit, la plume mordante, l'écrivain globe-trotter Jules Huret (1863-1915) invente le reportage moderne. Alors que le sultan vient de mourir, le jeune homme séjourne à Tanger, avant de se lancer dans un nomadisme accéléré en direction de Fès et Meknès pour assister à l'intronisation d'Abd-el-Aziz et rencontrer le "Machiavel marocain". Son regard multiplie les perspectives sur le drame européen qui se jouait au Maroc au mois de juin 1894. Reportage extrait du recueil Tout yeux, tout oreilles, publié en 1901.
Printemps 1910. Les reporters se pressent à Buenos Aires pour ne rien perdre d'une Exposition universelle plus splendide qu'aucune autre. Et Jules Huret, comme les autres, s'émerveille des beautés de la ville. Mais dans les faubourgs, auprès des prisonniers et des fous, le maître du reportage met à nu la "Reine du Plata" et nous emmène au c?ur de la capitale argentine.
Dans vingt ans, Berlin aura quatre millions d'habitants :et ce sera Chicago. " " dans vingt ans ", c'est-à-dire en plein krach de 1929 et entre deux Guerres mondiales... Pour l'heure, Berlin est encore une ville nouvelle colossale, ultra moderne, traversée d'infatigables tramways électriques et de larges voies à l'ombre de parcs. architecture spacieuse, urbanisme avant-gardiste, revendications féministes et syndicales : il souffle un vent révolutionnaire sur la capitale prussienne. Jules Huret, un des premiers reporters modernes, saisit l'instantané de Berlin à la Belle Epoque ; une Metropolis avant la chute. allers et venues d'ascenseurs, téléphones tonitruants, nuit éclairée comme en plein jour, la ville n'en est pas moins hantée par le spectre d'une guerre entre la France et l'Allemagne - un " cauchemar " qu'on veut à tout prix éviter... - et par l'antisémitisme, dont Jules Huret dresse ici l'état des lieux.
Depuis tant d'années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, la, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre". Séduite à l'âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l'emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme. Au-delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d'une époque et la complaisance d'un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.
Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié. Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l'appui et l'amitié d'Anne Goscinny, à ce "Roman des Goscinny" - un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa naissance, dans le Paris des années 20, au coeur d'une famille juive, exilée de Pologne et d'Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L'enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l'écriture. Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l'histoire, entre l'Amérique et l'Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le "paresseux contrarié" , une partie de la famille meurt dans les camps d'extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d'Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud. C'est aux portes du "célèbre village gaulois" que s'arrête le premier tome du "Roman des Goscinny" : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de "René" ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie - donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.
Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l'âge de 23 ans sous les aboiements d'une meute de chiens, il entame une vie d'exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir ajamis vraiment quitté Montréal. Après l'Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L'Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l'exil : est-ce une expérience aussi terrible qu'on le dit ? En revenant sur ce qu'on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l'esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! Le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : " Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage " . Si les exils ont leur part d'arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. De Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l'Amérique à l'Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d'autres.
C'est l'une des maladies les plus craintes par les Français, mais aussi l'une de celles que le public connait le moins. C'est le grand mal du siècle, appelé à devenir dans les prochaines années la première préoccupation de santé de nos sociétés, mais un mal que la Recherche et la médecine ne savent pas encore soigner. Pourtant, à terme, il est probable que chacun connaîtra, dans son entourage, un proche atteint de la maladie d'Alzheimer. Les chiffres sont connus : 47 millions de cas de démence dans le monde, plus de 800 000 patients en France, 140 000 nouveaux cas chaque année, avec la perspective de voir ces chiffres doubler d'ici l'an 2030. Près de 20 % des sujets âgés de plus 80 ans en sont atteints. Les syndromes aussi : troubles de la mémoire, perte d'autonomie, démence, apathie progressive. Mais qu'est-ce, précisément, que cette maladie qui nous vole ce que nous avons de plus précieux, nos souvenirs et notre identité ? Qu'est-ce qui, dans le cerveau, dysfonctionne ? Comment la diagnostique-t-on ? Oublier le nom d'untel ou un mot doit-il suffire à nous alarmer ? Et comment la soigne-t-on ? Où en est la recherche ? Un médicament pourrait-il un jour être trouvé ou faut-il nous résoudre à voir de plus en plus d'hommes et de femmes sombrer dans l'oubli ? Quel sera alors le rôle de l'Etat ? Pour répondre à ces questions, et pour la première fois, le spécialiste de la maladie d'Alzheimer, le neurologue Bruno Dubois prend la parole et nous dit tout. Ce qu'est la maladie (I) : comment elle affecte les patients, l'entourage et la société. Comment on la prend en charge, ce que la société en sait. Son histoire (II) : du premier cas diagnostiqué par Alois Alzheimer aux différents plans présidentiels en passant par les aventures médicales et scientifiques qui ont permis de mieux la cerner. Ce que nous pouvons espérer (III). Le suivre dans cette épopée scientifique et ce cours magistral, c'est partager l'expérience d'un neurologue chevronné qui a contribué à définir la maladie pour mieux la vaincre ; comment il a dû se battre pour la faire reconnaitre comme une maladie spécifique, pour obtenir certains appareils nécessaires au diagnostic, pour informer aussi, et aller contre les inepties relayées par les médias, d'après lesquelles un carré de chocolat pourrait prévenir ou même guérir ; comment il se bat aujourd'hui pour lever des fonds. Dans cet ouvrage passionnant, il met enfin des mots sur cette maladie redoutée et livre sans fard toute la vérité sur Alzheimer. Un document choc, nécessaire.