L'influence de saint Basile a été capitale dans l'histoire de l'ascèse. Aux origines de l'Eglise on aurait pu noter un élan général et enthousiaste vers la perfection, conséquence d'une grâce plus abondante, et d'une ferveur toute neuve. Puis, les chrétiens s'étant multipliés, leur vie devint à la fois plus aisée et plus semblable à la vie de tout le monde et l'on sentit dès lors le besoin d'un état qui continuât à vivre intégralement la vie chrétienne. La séparation, d'abord assez peu marquée, alla toujours se précisant et, au lendemain de l'Edit de Milan, ce fut la fuite au désert des 'ascètes, la scission à peu près complète. L'Eglise comptait deux ordres différents, celui des moines et celui des fidèles. S'il résulta de ce fait des avantages considérables, cela n'alla pas cependant sans quelques graves inconvénients. Bien des fidèles finirent par se considérer pratiquement comme des chrétiens de second ordre, libres par conséquent d'une bonne partie des obligations de leur foi : le reste jugé incompatible avec la vie mondaine, était abandonné aux moines. Ceux-ci, de leur côté, privés le plus souvent des lumières du clergé et, des avertissements d'un confrère, se trompaient trop souvent sur la véritable notion de perfection et portaient de préférence leurs efforts Sur ce qui les distinguait, des simples fidèles, c'est-à-dire, en somme, sur l'accessoire. De là cette épidémie d'excès ascétiques de toutes les sortes au temps de saint Basile. Déjà le mal avait suggéré des remèdes : les moines se groupaient de plus en plus en couvents populeux autour de guides éclairés et sous les yeux de confrères vigilants. Mais l'extérieur seul de leur vie était réglé, pour le reste ils restaient à peu près livres à eux-mêmes. L'oeuvre de saint Basile fut de réglementer aussi l'intérieur de l'âme, ce qui lui permit de relâcher d'autant certaines barrières extérieures, de ramener par exemple les moines du désert dans les villes. Vivant dès lors sous les yeux des fidèles, ils devenaient pour eux une prédication continuelle, et un modèle plus imitable. L'éducation des âmes elles-mêmes se fit par le moyen de règles plus précises et surtout d'une direction spirituelle obligatoire, uniforme et bien arrêtée dans ses grandes lignes. Ce côté de la spiritualité de saint Basile est fort peu connu. Aussi bien a-t-on peu étudié l'ascète jusqu'ici. Les oeuvres elles aussi n'ont été que partiellement fouillées. On s'est surtout appliqué à l'étude des ascétiques, parce que ces écrits sont les seuls qui visent les moines, et l'on n'a pas cru pouvoir trouver des doctrines ascétiques dans ce qui ne concerne que les simples fidèles. Pour notre but, au contraire, aucune source n'était à négliger, pas même celles que beaucoup s'accordaient à regarder comme douteuses. Cette étude nous a permis de noter, entre quelques-uns de ces ouvrages et les écrits authentiques, une similitude de doctrine et de style trop frappante pour qu'il fût possible encore de douter de leur commune origine. De là l'introduction critique qui ouvre ce travail. Suit une étude de la conception générale que saint Basile se fait de l'ascèse. Pour le reste de l'ouvrage nous avons suivi le plan indiqué par notre auteur lui-même. Frappé de son insistance singulière à parler des trois étapes nécessaires de la vie spirituelle, et de la nécessité où l'on est de passer de l'une à l'autre selon l'ordre, nous avons dû nous rendre à l'évidence et admettre que saint Basile connaissait les trois voies de l'âme : purgative, illuminative et unitive, chacune marquant un progrès dans' le chemin de la perfection. Cette opinion se trouve d'ailleurs confirmée par les Moralia dont les règles qui traitent des devoirs du chrétien suivent l'ordre des voies. Nous devions donc garder le même plan pour exposer la doctrine du saint ; accompagner comme lui l'âme dans sa montée vers les cimes. Mais comme l'ascèse est une science, aux yeux de l'évêque de Césarée, et, par suite, un objet d'étude, il convenait de faire une place à l'enseignement de l'ascèse envisagé comme préparation au combat pour la vertu. A côté de cet enseignement nous avons consacré un chapitre à la direction spirituelle, si essentielle au progrès de l'âme et sur laquelle Basile revient si fréquemment. Ce plan de notre auteur, nous nous sommes attachés à le suivre jusque dans les détails, persuadés que, dans un domaine comme l'ascèse, un auteur est nécessairement moins original par les idées, les éléments de son système, que par la manière dont il les enchaîne et l'importance relative qu'il leur donne. Il ne nous a pas toujours été possible de retrouver le lien des idées : saint Basile ne les a jamais exposées ex-professo, mais semées au hasard d'écrits de, circonstance. Nous nous sommes alors efforcés de regrouper les fragments isolés d'après ce que semblaient indiquer les lignes plus apparentes du plan. Pour ce qui est des points communs aux trois voies, la prière par exemple, nous les traitons dans celle à laquelle saint Basile les rattache plus spécialement.
Nombre de pages
254
Date de parution
01/04/1997
Poids
502g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782701000916
Titre
La doctrine ascétique de saint Basile de Césarée
Auteur
Humbert-Claude Pierre
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
150
Poids
502
Date de parution
19970401
Nombre de pages
254,00 €
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Humbertclaude Pierre ; Bernard-Maitre Henri ; Prun
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Résumé : Existe-t-il une autre réalité, au-delà de celle que nous percevons avec nos cinq sens ? Une réalité habitée par des guides spirituels, des thérapeutes de l'invisible, dont la mission consiste à nous soigner et à nous guider ? Claude Desarzens et Jenny Humbert nous proposent de découvrir qui sont ces êtres de lumière et ce qu'on peut attendre d'eux. Pour en faire l'expérience, ils exposent une méthode originale, dont la simplicité résulte de la mise en application d'enseignements de sagesse millénaires, associés à la psychologie humaniste de notre temps. Grâce à ce travail en expansion de conscience, composé de régressions mémorielles (enfance, vie f?tale, vies antérieures), de déblocage des chakras, et à d'émouvantes rencontres avec nos doubles de Lumière, nous recevons de précieuses réponses à nos questions existentielles et obtenons de surprenantes guérisons physiques et psychiques. Au-delà d'une découverte, cet ouvrage apporte un vivifiant souffle de paix, d'espoir et de sagesse.
Plusieurs chercheurs viennent d'exploiter - pour la première fois - les archives disponibles sur Pierre Souvtchinski. Trois d'entre eux ont accepté de livrer le fruit de leurs recherches. Walterskirchen a rédigé la biographie de Souvtchinski. Poldiaeva a commenté les lettres qu'il reçut de Prokofiev. Quant à Glebov, il a problématisé le cadre historico-idéologique de l'apparition de Souvtchinski en 1920, installant une génération, notamment son questionnement de la modernité. Les contributions de ces chercheurs sont inédites.
Hildegarde de Bingen connaît ces dernières décennies une redécouverte fulgurante en France, devenant un véritable best-seller. En revanche, sa correspondance - bien que volumineuse, avec ses 474 lettres, réparties en six collections - a été laissée pour compte. A ce jour, n'ont été traduites en français que soixante lettres, dans un ordre qui ne correspond pas à celui qu'Hildegarde a donné dans le Liber epistolarum, consigné dans le Riesencodex. Ce dernier, au lieu de la classer en fonction de ses correspondants, inscrit chaque lettre dans son projet théologique et littéraire. S'appuyant sur le reclassement des lettres d'Hildegarde, par Mechtild Dreyer et son équipe, cet ouvrage met en valeur l'apport théologique de ce Livre des Lettres, tout en l'inscrivant dans l'oeuvre d'Hildegarde. Il présente non seulement son triptyque visionnaire, mais aussi sa réflexion sur la musique (Lettre XXII), sur la liberté et sur d'autres sujets fondamentaux. L'analyse permet également de situer Hildegarde de Bingen par rapport à d'autres mystiques de son époque - notamment, Bernard de Clairvaux et Elisabeth de Schönau - et de faire le point sur la nature de leur échanges épistolaires. L'originalité de la correspondance d'Hildegarde sera mise en valeur par rapport à celle d'Anselme de Cantorbéry ou de Catherine de Sienne. Ce travail de première main constitue ainsi une contribution importante aux études hildegardiennes. Ont contribué à cet ouvrage : Silvia Bara Bancel, Yannick Beuvelet, Emmanuel Bohler, Jean Devriendt, Mechtild Dreyer, Stéphane Dufour, Michael Embach, Bruno Hayet, Jean-Claude Lagarrigue, Laurence Mellerin, Philippe Molac, Paulo Rodriguez, Harald Schwaetzer, Jean-Louis Sohet, Eric Tillette de Clermont-Tonnerre, Michel Van Parys, Marie-Anne Vannier.
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