Extrait J'avais vu dès le premier regard qu'il y avait chez Dumi quelque chose d'un peu trouble. Mais sans savoir quoi au juste. Dieu soit loué. Il fut un temps où j'étais considérée comme la meilleure coiffeuse de Harare, donc de tout le pays. Amai Ndoro était pour n'importe quel salon de coiffure la cliente la plus difficile à satisfaire et aucun kiya-kiya ordinaire n'était autorisé à toucher ses cheveux. Après avoir testé - et rayé de sa liste - tous les salons de la ville, elle s'était décidée pour le nôtre. Sachant qu'elle était non seulement la cliente la plus tatillonne mais aussi la plus bavarde et la plus commère de toutes, nous n'aurions plus besoin de faire de publicité tant qu'elle se ferait coiffer chez nous et que nous lui donnerions satisfaction. Ça, c'était mon boulot. Ce pour quoi Mme Khu-malo me versait le plus gros salaire. Le salon «Khumalo Coiffure et Soins de Beauté» était situé dans le quartier des Avenues, à deux pas du centre-ville. A vrai dire, nous coiffions, mais nous ne faisions jamais de soins de beauté. D'ailleurs, je crois bien qu'aucune d'entre nous n'aurait su comment s'y prendre. Sur la grille d'entrée, un panneau de métal rouillé indiquait en ----- lettres noires sur fond blanc l'emplacement de notre établissement. La rouille qui s'était accumulée après plusieurs saisons de pluie avait tellement rongé l'écriteau qu'on ne distinguait plus qu'une flèche, les lettres Khu-1- et le dessin d'une femme coiffée d'un gigantesque afro. Nos clientes n'avaient pas besoin de panneau de toute façon, le salon était facile à trouver. «Vous longez Harare Gardens, vous prenez la troisième rue à gauche, vous continuez tout droit au prochain croisement, puis vous cherchez la façade bleue - pas la verte - sur la droite de la route. Vous y êtes.» Il fallait vraiment le faire pour le louper. La partie avant de la maison, qui avait autrefois servi de lounge, avait été transformée en café internet et comptait une dizaine d'ordinateurs. On entendait le bourdonnement des ventilateurs et les sonorités stridentes des connexions depuis le trottoir d'en face. Les tarifs étaient assez avantageux par rapport aux prix pratiqués dans des centres commerciaux comme Eastgate ou Ximex. Le reste de la maison principale était occupé par les membres de la famille Khumalo, treize en tout. Notre salon était installé à l'arrière, dans ce qui avait autrefois abrité les quartiers des boys. Les effluves parfumés des défrisants, teintures, shampoings et autres produits chimiques traversaient la cour. Les odeurs se mélangeaient à la poussière de l'allée et vous laissaient dans les narines une sensation qui ne vous lâchait plus jusqu'à votre prochain rhume. La maison principale avait été agrandie de façon assez grossière. Un mur avait été abattu sur la gauche et des blocs de béton avaient été empilés à la va-vite pour ajouter sept mètres de longueur. De ce génie architectural était né un bâtiment hybride, assez unique en son genre. La partie droite avait été construite dans les règles de l'art, avec des briques cuites. On distinguait clairement la séparation avec la partie en vulgaire béton. Considérations esthétiques mises à part, nous étions tous contents de pouvoir profiter de ces locaux, même si la structure tremblait lors de violents orages.
Pour être une coiffeuse prisée, il n'y a qu'un secret : lorsqu'elle quitte le salon, votre cliente doit avoir la sensation d'être Blanche." Vimbai règne sur le salon de coiffure de Mme Khumala, jusqu'au jour où débarque le génial Dumi. Jalousie, colère, et bientôt attirance se succèdent dans cette comédie de classe extraordinairement vivante. Tendai Huchu réussit un portrait magistral et énergique d'un Zimbabwe rongé par la corruption et l'inflation.
Vimbai règne sur le salon de coiffure de Mme Khumala, jusqu'au jour où débarque le génial Dumi. Jalousie, colère, et bientôt attirance se succèdent dans cette comédie de classe extraordinairement vivante. Tendai Huchu réussit un portrait magistral et énergique d'un Zimbabwe rongé par la corruption et l'inflation.
Peintre, décorateur de céramiques et de laques, dessinateur de motifs pour kimonos, Kôrin fut un créateur de la fin du XVIIe siècle au style inventif et audacieux, qui marqua durablement la peinture et les arts décoratifs japonais. Dans cet album du début du XIXe siècle, l'artiste Nakamura Hôchû s'inspire de cette manière originale de Kôrin pour revisiter avec légèreté et humour des thèmes classiques de la peinture japonaise, qui alternent avec des compositions florales et animalières d'une étonnante concision graphique. Ces compositions épurées, aux somptueux aplats de couleurs et aux noirs brillants, fascinèrent des peintres comme Emile Bernard ou Claude Monet. qui possédait des gravures de cet album dans sa maison de Giverny.
Quand Franklin Starlight ne s'occupe pas de sa ferme, il part photographier la vie sauvage au c?ur de l'Ouest canadien. Mais cette existence rude et solitaire change lorsqu'il recueille sous son toit Emmy et sa fillette Winnie, prêtes à tout pour rompre avec une existence sinistrée.Starlight emmène bientôt les deux fugitives dans la nature, leur apprend à la parcourir, à la ressentir, à y vivre. Au fil de cette initiation, les plaies vont se refermer, la douleur va laisser place à l'apaisement et à la confiance. Mais c'est compter sans Cadotte, l'ex-compagnon alcoolique d'Emmy, résolu à la traquer jusqu'aux confins de la Colombie-Britannique.Dans ce roman solaire et inspiré, on retrouve Frank, le héros désormais adulte des Étoiles s'éteignent à l'aube.Appartenant à la nation des Ojibwés, Richard Wagamese est l'un des principaux écrivains canadiens, récompensé à de nombreuses reprises pour son travail littéraire et journalistique. Découvert en français avec Les Étoiles s'éteignent à l'aube et Jeu blanc, Wagamese est décédé en 2017, laissant en testament littéraire Starlight, son ultime roman.4e de couverture : Quand Franklin Starlight ne s'occupe pas de sa ferme, il part photographier la vie sauvage au c?ur de l'Ouest canadien. Mais cette existence rude et solitaire change lorsqu'il recueille sous son toit Emmy et sa fillette Winnie, prêtes à tout pour rompre avec une existence sinistrée.Starlight emmène bientôt les deux fugitives dans la nature, leur apprend à la parcourir, à la ressentir, à y vivre. Au fil de cette initiation, les plaies vont se refermer, la douleur va laisser place à l'apaisement et à la confiance. Mais c'est compter sans Cadotte, l'ex-compagnon alcoolique d'Emmy, résolu à la traquer jusqu'aux confins de la Colombie-Britannique.Dans ce roman solaire et inspiré, on retrouve Frank, le héros désormais adulte des Étoiles s'éteignent à l'aube.Appartenant à la nation des Ojibwés, Richard Wagamese est l'un des principaux écrivains canadiens, récompensé à de nombreuses reprises pour son travail littéraire et journalistique. Découvert en français avec Les Étoiles s'éteignent à l'aube et Jeu blanc, Wagamese est décédé en 2017, laissant en testament littéraire Starlight, son ultime roman.
Tout commence lorsque David Chariandy est victime, dans un restaurant éthique de Vancouver, d'un acte de racisme ordinaire en présence de sa fille de trois ans. Dix ans plus tard, l'élection de Donald Trump lui donne l'occasion d'adresser à sa fille désormais adolescente une lettre pour évoquer les questions universelles de l'identité et de la race. Chariandy puise dans son propre passé, dans celui de ses ancêtres afro-asiatiques et dans des épisodes concrets vécus en famille une réflexion sur l'héritage de l'esclavage, le statut de " minorité visible " et d'immigré de deuxième génération : que ressent-on lorsqu'on est considéré comme un étranger alors que l'on est né au Canada ? Lorsqu'on nous demande, inlassablement, " non, mais d'où viens-tu vraiment ? "
Voici trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le récit central éponyme, l'écrivain raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, il triompha de l'"une des figures les plus détestées de [s]on enfance" : Bertha, la gouvernante prussienne tyrannique.
Les lettres d'Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) à son ami Claude Bourdet - futur grand Résistant et journaliste politique qui deviendra en 1950 l'un des fondateurs de l'ancêtre du Nouvel Observateur - permettent de suivre l'évolution de cette femme écrivain, journaliste et photographe depuis ses premiers pas en littérature jusqu'à la veille de son fameux voyage Genève-Kaboul en voiture avec Ella Maillart. Certes, la voix de Claude Bourdet manque cruellement - ses lettres ont été détruites par la mère d'Annemarie après sa mort -, mais elle n'est pas totalement absente, car on en trouve des échos passionnants dans ses lettres à sa mère, la poétesse Catherine Pozzi, dont se nourrissent les notes du présent ouvrage, et dans un texte émouvant qu'il écrivit en son souvenir et qui est publié ici pour la première fois dans son intégralité. Au fil de ces lettres, envoyées des quatre coins du monde, se révèlent les multiples et parfois surprenantes facettes de la personnalité d'Annemarie Schwarzenbach: femme engagée dans la lutte contre les nazis et contre toute idéologie, femme secrète, torturée par les doutes et un mal-être profond, femme de terrain, toujours ouverte au monde, femme d'une brûlante actualité, éprise de liberté, vivant au rythme de l'écriture et d'incessants départs.
Qui est cet homme qui raconte? Quel âge a-t-il? Comment s'appelle-t-il? Nous savons seulement que son nom pose problème, comme sa peau. Nous savons quand même beaucoup d'autres choses sur lui!Par exemple que ses parents, Noirs, sont nés là-bas avant d'arriver en France pour brouter comme les gnous. Que lui-même est né en France, comme ses deux petites soeurs actuellement putes en Hollande et comme sa cousine, qui a de gros et beaux seins, qu'il aime malgré l'inceste. Qu'il a aimé la cousine de son ami le Malien, qu'ils ont d'abord violée, cet ami et lui. Qu'il a eu des relations avec l'une de ses petites soeurs, qu'il aurait même voulu en avoir avec sa pute de mère (ce n'est pas clair! ). Qu'il adore cette mère et semble détester son putain de papa obsédé par l'idée de retourner mourir dans son pays natal malgré sa nouvelle nationalité tricolore! Qu'il est devenu le proxénète de sa cousine et de sa nièce...Humour, ironie et cynisme dérangeront sans doute les antiracistes, les racistes et les victimes (ou prétendues victimes?) du racisme. Place des Fêtes, y a la joie, toujours y a la joie!...
Mbëkë mi", c'est "le coup de tête" sur lequel on part, défiant tous les périls; et c'est devenu, tant elle est folle à accomplir, "la traversée" des milliers de jeunes Africains, le dos à la misère et à la désespérance, fuyant ainsi leur pays en pirogue... Dix jours de navigation et d'errance dans un tronc d'arbre évidé et chargé d'au moins quarante personnes pour un Éden européen rêvé, passant d'abord d'un Purgatoire villageois à l'Enfer océanien... Avec les personnages de cette histoire, le lecteur est emporté par l'espoir, l'immense beauté et cruauté de l'océan, la mort, le viol, la faim, la soif, les hallucinations, il est, lui aussi, le coeur au ventre, suspendu sur les abysses entre deux continents, empirogué jusqu'à l'autre rive... Biographie de l'auteur Abasse Ndione vit et écrit dans un village de pêcheurs à quelques kilomètres de Dakar. Il a publié aux Éditions Gallimard Ramata (2000) et La vie en spirale (2004) avec le succès que l'on sait.
Étiez-vous une nazie, Mère? "Ses yeux bleus s'ouvrirent tout grands, puis étincelèrent d'une colère froide:" Moi? Chanter les louanges de ce parvenu, ce sale peintre de cartes postales? Es-tu devenu fou? Nous en avons déjà parlé. -Alors, pourquoi vouloir à tout prix chercher les restes de ces sales bonshommes? dit-il. -Parce que je les ai trahis! lâcha-t-elle. C'étaient quand même des hommes, et j'avais pour tâche de les guider dans ces montagnes, mais... je les ai amenés à la mort. "Sanjay, orphelin mauricien, est employé comme comptable auprès d'un personnage haut en couleur, M. Ramallah, qui le présente un jour, après passages initiatiques entre dures réalités et cocasse et subtil voyage forain dans le panthéon des divinités hindoues, à une riche et noble amie allemande, Frau Beate. Elle adopte vite le jeune homme et l'emmène dans un Berlin d'après la chute du Mur... Commence alors une traversée baroque de notre époque, pleine de surprises inouïes, où se jouent l'amour, l'humour, l'hindouisme, l'humanisme, le nazisme, le tantrisme, l'ironie, depuis l'Europe jusqu'à une montagne inviolée du Tibet, un voyage intérieur aussi qui fait de ce livre un palpitant roman d'éducation à l'échelle du monde. Biographie de l'auteur Ecrivain et diplomate, Amal Sewtohul est né en 1971 à Maurice. Après Pékin, il est en poste actuellement à Addis-Ababa. Les voyages et aventures de Sanjay, explorateur mauricien des Anciens Mondes est son deuxième roman."
Lauréate de la loterie des visas, Akunna quitte le Nigeria pour les États-Unis ; elle y découvre un pays qui a bien peu à voir avec celui de ses attentes. À Kano, dans le nord du Nigeria, une violente émeute intercommunautaire réunit deux femmes que tout sépare : une marchande d'oignons musulmane et une étudiante issue de la bourgeoisie chrétienne de Lagos. Dans Nsukka blanchie par l'harmattan, James Nwoye, ancien universitaire au soir de sa vie, repense au rêve biafrais et attend, la nuit, les visites de sa femme défunte, qui vient caresser ses jambes fatiguées? Voici quelques-uns des personnages des nouvelles d'Adichie ; ils composent une image complexe et riche de la réalité nigériane d'aujourd'hui, qui prend ses racines dans le passé et se prolonge dans l'expérience de l'émigration, une plongée émouvante, souvent poignante, tour à tour terrible et drôle, toujours vibrante d'humanité.