Dans la voie de Dieu. La conquête arabe et la création d'un empire islamique (VIIe et VIIIe siècles)
Hoyland Robert-G - Frumer Bernard
ALMA EDITEUR
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EAN :9782362792892
En moins de deux-cents ans (VIIe-VIIIe s.), les armées arabes parvinrent à réunir sous une même autorité un territoire s'étendant de l'Espagne à l'Indus. La genèse de cet empire islamique fait encore débat. Pour les chroniqueurs musulmans du Moyen Age, l'expansion de l'islam attestait l'élection divine et la perfection de la révélation reçue par le prophète arabe Muhammad (Mahomet). En s'inscrivant "dans la voie de Dieu", le jihad (l'"effort") initié par Muhammad se pensait comme un inégalable alliage politico-religieux. Pour les chrétiens d'Orient et d'Occident, son succès apparemment irrésistible passa pour un avertissement et un châtiment divin. Robert G. Hoyland propose, sans esprit polémique, une approche historienne de ces deux siècles de bouleversement. Il replace les conquêtes de Muhammad et de ses successeurs dans un contexte plus large, prenant en compte l'histoire des tribus arabes et des empires perses et byzantins, tout en se fondant sur les témoignages des contemporains. Il prend ainsi ses distances avec la lecture providentielle privilégiée par les historiens musulmans à partir du IXe siècle, et souvent reprise par les historiens modernes. Il invite à voir l'expansion arabe, non comme un mouvement d'essence uniquement religieuse, mais aussi comme un phénomène économique et social. Ses pages sur les processus d'arabisation et d'islamisation de peuples aux cultures très diverses apportent un précieux éclairage sur les crises qui agitent aujourd'hui le Proche et le Moyen-Orient, notamment sur la question du califat et sur les conflits entre sunnites et chiites.
Spécialiste d'histoire culturelle, Pascal Brioist s'est également imposé par ses travaux d'histoire des sciences et des techniques. Maître de conférences à l'université François-Rabelais (Tours), il a publié avec Hervé Drévillon et Pierre Serna Croiser le fer (2002) une histoire de la violence d'épée. On lui doit la conception scientifique du parc Léonard de Vinci au Clos-Lucé à Amboise.
Coupé de sang ou teinté de fiel, mêlé de larmes ou relevé d'iode ; le Whisky trône au bar, chez Jean Ray, tel le breuvage-roi. Alcool philosophai, il porte en lui tous les vertiges, toutes les révélations et tous les songes. Etreindre en son poing la fleur du malt, c'est tenir la clef des songes, le cordial d'apocalypse. Dont acte avec ces Contes du Whisky, constitués de récits parus entre 1923 et 1925, enrichis de quelques textes rares. Celui que la presse célèbrerait comme la "Shéhérazade du Nord" ou la "Sibylle de Gand" teste ici son coup d'archet de grand visionnaire noir, faisant ses gammes sur fond d'abîmes. Immondes mutations arachnéennes, anecdotes à l'humour d'un noir goudronneux, récits de maraudeurs et dits de forbans, saynètes d'usuriers et bestiaire frénétique, confession d'outre-monde ou fariboles d'ivrognes? Chacun de ces contes est une prose arrachée à l'album de la nuit et à toutes les ivresses, celles des pontons du Nord, des îles au loin, des tavernes d'arrière-port ou des chambres hantées. Le Whisky vous y est un confident ou un boutefeu, un conseiller ou un ami avec qui sombrer. Oui, à plein verres, l'or du démon !
En février 1929, Jean Ray sort de prison. Il y sera resté près de trois ans. Dans la légende ? qu'il entretiendra ? cette mise à l'ombre serait la sanction de ses complicités avec la contrebande d'alcool sur le " rumrow ", l'avenue du Rhum, aux frontières des Etats-Unis, alors en proie à la prohibition. En fait, il avait été sanctionné pour une escroquerie financière dans sa ville natale de Gand. Qu'importe ! Cet admirateur et ami de Blaise Cendrars se rêve une autre vie et d'autres amarrages dans ce recueil fulgurant de récits et de contes nés de ses hantises : la mer, les bouges, les nuits de lune, les vaisseaux fantômes, les trafiquants, les ruelles obscures? La croisière des ombres sort fin 1931. Jean Ray a 44 ans. Si le fou est celui qui a tout perdu sauf la raison, Jean Ray se montre ici bien fou, c'est-à-dire radicalement raisonnable. Il met au service de l'étrange la rigueur et la clarté d'un imperturbable rationalisme. Efficace, ramassé, il fait naître des mondes en quelques lignes : la " croisière des ombres " commence au large de Manhattan et s'achève sous l'égide d'un psautier imprimé à Mayence au XVe siècle, boussole insensée d'un navire hauturier. Le virtuose du " réalisme panique " fait son entrée dans le tripot de la littérature. Comme beaucoup de livres de Jean Ray, La croisière des ombres a souffert de rééditions infidèles et tronquées. La Collection Jean Ray l'offre à nouveau dans sa splendeur et son énergies premières, tel que l'écrivain l'avait conçu. On y découvrira, en prime, une dizaine de textes inédits, écrits entre 1929 et 1932.
Le grand nocturne (1942) et Les cercles de l'épouvante (1943) ont paru au c?ur de la Deuxième Guerre mondiale durant l'occupation de la Belgique, période d'intense activité pour Jean Ray. En plus de ces deux recueils de " récits d'épouvante ", l'écrivain gantois publie ? presque simultanément ? ses deux grands romans : La cité de l'indicible peur (1943, réédité par Alma, mai 2016) et Malpertuis (1943, réédité par Alma, en mai 2017). À vrai dire, la guerre n'a pas d'influence directe sur celui que l'on, commence alors à surnommer " l'Edgar Poe belge ". Emprisonné à Gand de 1926 à 1929 pour des malversations boursières, ruiné, Jean Ray doit survivre durant les années 1930 en publiant une multitude d'articles en tous genres, des récits fantastiques et les quelques cent fascicules de la série Harry Dickson. De surcroît son superbe recueil de contes et récits, La croisière des ombres (1932) a connu l'échec. Plus que jamais enfermé dans Gand comme dans un cercle étouffant, l'écrivain n'en poursuit pas moins la taille de ses diamants noirs, malgré l'obligation de fournir des travaux alimentaires. Durant l'Occupation, l'édition belge se trouve à son tour dans un " cercle " oppressant, ses liens devenant difficiles avec Paris et prohibés avec les pays anglo-saxons. Seule la presse collaborationniste offre de l'espace : Jean Ray y publie beaucoup, sans se référer à la politique ni aux idéologies du moment, plus que jamais enfermé dans son univers très peuplé, à rebours d'une réalité elle-même très sombre. Ces deux recueils, tous deux rigoureusement construits, se répondent : angoissantes étrangetés dans les aventures fantastiques du Grand nocturne, avec une incroyable virtuosité des intrigues ; poésie de la peur, des réminiscences, des prémonitions et des souvenirs douteux dans Les cercles de l'épouvante à l'image d'une jeune sorcière : la petite Lulu, la fille de l'écrivain, sous l'égide de laquelle le livre est placé. Plus que jamais l'effroi voisine, chez Jean Ray, avec l'humour et le paradoxe.
Si la défaite actuelle des armées occidentales en Afghanistan renvoie aux échecs des envahisseurs précédents, elle met également en pièces le rêve eurasien d'Alexandre Le Grand. Ce rêve "si beau, perspicace, intemporel, généreux" selon Nicolas Bouvier, et qui bouleversa Malraux. Comment le territoire du Gandhara, où prospéra l'extraordinaire et tolérante civilisation née de la rencontre entre la Grèce et l'Orient, peut-il coïncider avec celui du djihadisme contemporain ? Celui-là même qui vit l'apogée des talibans, la montée d'Oussama Ben Laden, la présence des théoriciens de la guerre sainte, ou encore le passage de Mohammed Merah. Pour le comprendre, Jean-Pierre Perrin a parcouru l'Afghanistan dans les pas d'Alexandre le Grand. Il retrace les batailles du conquérant dans les montagnes de l'Indu Kush, revient sur les échecs militaires de l'URSS et de l'OTAN, tout en évoquant les figures du djihad de - Massoud ou le sanglant Haqqani qu'il a personnellement rencontrés. Comme dans la plupart de ses ouvrages, il fait résonner littérature et souvenirs, Histoire et géopolitique, passé et présent. Ecrivain-voyageur, romancier, longtemps grand reporter à Libération, Jean-Pierre Perrin a publié, entre autres, Jours de poussière (La Table ronde, Prix des lectrices de Elle 2003), La mort est ma servante (Fayard, 2013) et Menaces sur la mémoire de l'humanité (Hoëbeke, 2016).
Le présent livre dépasse l'interminable débat sur l'antisémitisme et l'antisionisme, et lui donne de nouvelles et stimulantes dimensions. Il remonte aux débuts de l'histoire de la judéophobie, et remet en cause l'idée selon laquelle le christianisme se serait édifié après et en opposition au judaïsme. Au contraire, estime-t-il, et malgré le présupposé chronologique, c'est bien le judaïsme qui s'est constitué sous la pression du christianisme, s'accommodant du même coup des termes du procès que lui ont fait, des siècles durant, ses ennemis. Ce renversement est riche de bénéfices intellectuels et politiques. Il rend caduque la mauvaise querelle assimilant l'antisionisme à l'antisémitisme (celle-là même qui fut relancée par Emmanuel Macron), et nourrit des questionnements parfaitement contemporains : " Jusqu'à quel point, écrit Shlomo Sand, le sionisme, né comme une réponse de détresse à la judéophobie moderne, n'en a-t-il pas été le miroir ? Dans quelle mesure, par un processus dialectique complexe, le sionisme a-t-il hérité des fondements idéologiques qui ont, de tout temps, caractérisé les persécuteurs des juifs ? " Un essai brillant et brûlant. Professeur émérite à l'université de Tel-Aviv, Shlomo Sand est l'auteur de nombreux livres, parmi lesquels Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), qui a suscité des nombreuses controverses, où il questionne durement la construction mémorielle de l'Etat d'Israël. Il a récemment publié au Seuil son premier roman, La Mort du Khazar rouge, désormais en Points. Traduit de l'hébreu par Michel Bilis
De 1975 à 1990, le Moyen-Orient est ébranlé par l'un des conflits les plus longs et les plus destructeurs de son histoire contemporaine. Rupture traumatique fondamentale pour les Libanais, ce conflit aux multiples facettes et enjeux est l'une des sources majeures qui éclaire les impasses d'un Liban en crise profonde depuis les événements d'octobre 2019. Il préfigure aussi à bien des égards les violences extrêmes (massacres, crimes de guerre et déplacements de population) à l'oeuvre en ex-Yougoslavie aux lendemains de la guerre froide, et dans les guerres du XXIe siècle en Irak, en Syrie et au Yémen. Longtemps réduite à sa dimension de guerre civile ou de conflit à dimension régionale, la guerre du Liban est d'abord un conflit fortement connecté à l'espace-monde, aux fortes implications militaires, politiques, économiques, sociales, mais aussi culturelles. Le renouvellement récent et profond de l'historiographie sur le sujet invite plus que jamais à proposer une nouvelle lecture de ce conflit global.
Blanc Pierre ; Chagnollaud Jean-Paul ; Levasseur C
La situation au Moyen-Orient n'est pas une crise de plus mais un basculement historique. Plus de 120 cartes pour comprendre les origines multiples des violences du Moyen-Orient, cet ensemble géopolitique allant de la Turquie au Yémen, et de l'Égypte à l'Iran. - Les racines historiques des conflits actuels, depuis l'effondrement de l'Empire ottoman - Les impasses politiques des régimes autoritaires et les dérives nationalistes, islamistes et sionistes - Pétrole, gaz, eau, terres : des ressources stratégiques très disputées - Les intérêts et les stratégies des grandes puissances dans la région. Dans les conflits du Moyen-Orient, en Syrie, au Yémen, en Irak, en Israël-Palestine, c'est le destin d'États, de peuples et de sociétés civiles parfois en lambeaux qui est en jeu. Pour espérer rétablir une stabilité régional, il est indispensable de comprendre les origines de la violence.