Voilà le livre dont je voulais que vous preniez connaissance. Jean-Pierre B. travaillait dans ma rue et il savait que je m'occupais d'art. I adorait visiter mon atelier. C'était un visiteur qui posait des questions, qui avait un sens pour les formes et les couleurs, bref c'était un regardeur averti. Ce livre témoigne que chaque femme, que chaque homme porte en lui la possibilité d'être créatif. Je regrette profondément que l'homme soit au service du Capital, que la raison d'être de l'homme soit de consommer pour que la Bourse prospère. Le résultat est que nous vivons une crise morale. A cause d'un néo-libéralisme parasitaire, nos sociétés s'autodétruisent. Au lieu de créer, on démolit. Au lieu de créer, on produit des déchets. Au lieu de créer, on nous rend malades. I y a des années que l'on a créé le Do it Yourself. Je regrette que l'on n'ait pas pris cette idée au sérieux. Ce qui était autrefois l'art populaire pourrait être aujourd'hui des ateliers populaires, comme Jean-Pierre B. le propose dans son texte. La politique, l'économie mais surtout les sciences de demain ont besoin d'hommes créatifs, d'hommes qui soient capables de créer une société plus juste, plus tolérante, plus humaine. Grâce aux machines, il est obligatoire que le temps de travail soit réduit. Nous gagnons ainsi du temps libre, du temps destiné à la créativité, au miracle de la vie. Voilà le but de ce livre, et je remercie Jean-Pierre B. pour son exemple, pour son courage, pour sa coopération.
Date de parution
02/05/2004
Poids
227g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782849750179
Titre
LA VIE D'UN BALAYEUR CREATIF
Auteur
HONEGGER GOTTFRIED
Editeur
FAGE
Largeur
165
Poids
227
Date de parution
20040502
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Au nom de toutes les mauvaises herbes du monde, je remercie mon éditeur de publier des extraits de nos journaux intimes. En effet, la vie devient pour nous chaque jour plus difficile. Les seuls qui souffrent comme nous de l'ignorance sont les intellectuels, dans le monde entier. Si nous, les mauvaises herbes, nous voulons donner au monde un peu de couleur, montrer qu'être pauvre ne veut pas dire être malheureux, les intellectuels sont des gens persuadés qu'avec leur art ils seront capables, sinon de changer le monde, du moins d'apporter un peu plus de justice, montrer que la vie dans tous ses aspects témoigne du miracle de vivre. Oui, nous les mauvaises herbes et les intellectuels, nous portons en nous les seuls germes qui un jour seront le début de la création d'un paradis sans pommier et sans serpent.
Gottfried Honegger, plasticien, sculpteur, est un des plus éminents représentants de l'art concret international. Son ?uvre austère, abstraite, bien que trouvant son inspiration dans l'apparente froideur des figures géométriques, se revendique comme une nouvelle forme d'humanisme. " La laideur nous rend malades ". Rechercher la beauté la plus pure c'est faire ?uvre de vérité, d'élucidation (Aufklärung), c'est ouvrir les yeux du public en lui apprenant à voir. La pédagogie, telle est aujourd'hui la mission la plus urgente des arts plastiques. Gottfried Honegger en est à ce point persuadé qu'il a fondé à Mouans-Sartoux, avec sa compagne Sybil Albers-Barrier, l'" Espace de l'art concret ". Outre la plus grande collection française d'art concret, celui-ci offre des ateliers où les écoliers et les collégiens de la région viennent apprendre à voir, et à découvrir ce faisant la créativité en germe en chacun d'eux.
Au nom de toutes les mauvaises herbes du monde, je remercie mon éditeur de publier des extraits de nos journaux intimes. En effet, la vie devient pour nous chaque jour plus difficile. Les seuls qui souffrent comme nous de l'ignorance sont les intellectuels, dans le monde entier. Si nous, les mauvaises herbes, nous voulons donner au monde un peu de couleur, montrer qu'être pauvre ne veut pas dire être malheureux, les intellectuels sont des gens persuadés qu'avec leur art ils seront capables, sinon de changer ce monde, du moins d'apporter un peu plus de justice, montrer que la vie dans tous ses aspects témoigne du miracle de vivre. Oui, nous les mauvaises herbes et les intellectuels, nous portons en nous les seuls germes qui un jour seront le début de la création d'un paradis sans pommier et sans serpent. Gottfried Honegger
Le noir est antérieur à la lumière. Avant la lumière, le monde et les choses étaient dans la plus totale obscurité. Avec la lumière sont nées les couleurs. Le noir leur est antérieur.
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