Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary
Hocquenghem Guy
AGONE
15,30 €
Épuisé
EAN :9782748900057
Avant de mourir, à 41 ans, Guy Hocquenghem a tiré un coup de pistolet dans la messe des reniements. Il fut un des premiers à nous signifier que, derrière la reptation des "repentis" socialistes et gauchistes vers le sommet de la pyramide, il n'y avait pas méprise, mais accomplissement, qu'un exercice prolongé du pouvoir les avait révélés davantage qu'il les avait trahis. On sait désormais de quel prix - chômage, restructurations sauvages, argent fou, dithyrambe des patrons - fut payé un parcours que Serge July résuma un jour en trois mots: "Tout m'a profité." Cet ouvrage qui a plus de quinze ans ne porte guère de ride. L'auteur nous parle déjà de Finkielkraut, de BHL, de Cohn-Bendit, de Bruckner. Et déjà, il nous en dit l'essentiel. On ignore ce qu'Hocquenghem aurait écrit d'eux aujourd'hui, on sait cependant que nul ne l'écrira comme lui. Lui qui appartenait à leur très encombrante "génération" - celle des Glucksmann, des Goupil, des Plenel et des Kouchner - se hâtait toutefois de préciser: "Ce mot me répugne d'instinct, bloc coagulé de déceptions et de copinages." Il aurait souhaité qu'elle fût moins compromise, en bloc, par les cabotinages réactionnaires et moralistes de la petite cohorte qui parasita journaux et "débats". Il aurait essayé d'empêcher qu'on associât cette "génération"-là aux seuls contestataires qui ouvrirent un plan d'épargne contestation avec l'espoir d'empocher plus tard les dividendes de la récupération. Renonçant aux apparences de la bienséance, de la suavité bourgeoise propres à ceux qui monopolisent les instruments de la violence sociale, Guy Hocquenghem a usé de la truculence, de la démesure. Il a opposé sa clameur à la torpeur des temps de défaite. Son livre éclaire le volet intellectuel de l'ère des restaurations. Les forces sociales qui la pilotaient il y a vingt ans tiennent encore fermement la barre; les résistances, bien qu'ascendantes, demeurent éparses et confuses. Nous ne sommes donc pas au bout de nos peines. Les repentis ont pris de l'âge et la société a vieilli avec eux. L'hédonisme a cédé la place à la peur, le culte de l'"entreprise" à celui de la police. Favorisés par l'appât du gain et par l'exhibitionnisme médiatique, de nouveaux retournements vont survenir. Lire Guy Hocquenghem nous arme pour y répondre avec ceux qui savent désormais où ils mènent. SERGE HALIMI
Nombre de pages
203
Date de parution
11/04/2003
Poids
248g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782748900057
Titre
Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary
Auteur
Hocquenghem Guy
Editeur
AGONE
Largeur
120
Poids
248
Date de parution
20030411
Nombre de pages
203,00 €
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Résumé : En 1972, un jeune philosophe alors âgé de vingt-cinq ans publiait un livre au titre retentissant : Le Désir homosexuel. Ecrit sous l'influence de Gilles Deleuze, et profondément marqué par le bouillonnement politique et intellectuel qui a suivi en France la révolte de mai 68, l'ouvrage s'inscrivait aussi dans le sillage des émeutes homosexuelles de Stonewall, à New York en 1969, et de la naissance, aux Etats-Unis, d'un mouvement gay et lesbien qui se pensait comme subversif et voulait révolutionner la société. Ce livre est vite devenu un classique dans le monde entier, et notamment aux Etats-Unis où il a trouvé récemment une nouvelle jeunesse lorsque les penseurs de la Queer Theory ont revendiqué son héritage. Près de trente ans après sa parution, le livre de Guy Hocquenghem a bien quelque chose à nous dire, à la fois parce qu'il nous aide à comprendre le regain que vient de connaître ce qu'il appelait la " paranoïa anti-homosexuelle " et parce qu'il incite ceux qui portent les revendications gays et lesbiennes sur la scène publique à s'interroger sur l'évolution actuelle qui tend à la normalisation et à l'intégration. Guy Hocquenghem est mort du sida en 1988.
Il faut marcher longtemps, la nuit, à Berlin comme à Rome, à Amsterdam comme à New-York, à Rio comme à San Francisco. Marcher poussé par l'envie inlassable du corps des autres, pour commencer à éprouver les métropoles dans tous les muscles. Le Kurfurstendam aboutit à Central Park, les quais de Rome s'achèvent à Land's End, les salles obscures où l'on se caresse à Rio communiquent avec les cinémas de drague parisiens. Regard et guide : ne vous arrêtez pas aux bornes d'un ghetto intercontinental. Il n'y a pas que les rues réservées qui soient chaudes : outre l'exploration du territoire spécialisé de la drague homosexuelle, dont les adresses figurent à la fin de chaque chapitre, c'est un voyeurisme généralisé à toute la ville que je vous propose. Un regard de désir minoritaire, mais qui refuse de limiter le champ de drague aux secteurs conventionnés. Ces itinéraires, à lire dans votre chambre d'hôtel avant de vous mettre vous-mêmes en chasse de votre propre image de la ville, ont été parcourus sans système, mais les conjonctions des planètes les ont fait souvent se produire en un moment si significatif : c'est Rome après l'assassinat d'Aldo Moro, San Francisco le jour anniversaire du tremblement de terre, Rio en carnaval, Amsterdam le "Jour de la reine" . Ils ne pouvaient être complets sans les portraits, au moins, des figures marquantes que j'ai rencontrées dans la communauté "gay" américaine. Et maintenant par la grâce de l'imaginaire, bon voyage ! G. H. .
Thomas Frank écrit régulièrement pour Le Monde diplomatique des articles d'analyse sociale et politique de la situation américaine. Déjà paru en français: Le Marché de droit divin (Agone, 2003).
En 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.