L'âme en question est une " âme charnelle ", comme disait Péguy ; " l'infini du corps " selon Artaud ; elle voltige et se disperse en atomes, à la manière de celle de Lucrèce. " Nous nous croyons modernes en bannissant ce mot de notre vocabulaire ", écrivent Hocquenghem et Schérer dans cet essai fondateur, paru pour la première fois en 1986 et réédité aujourd'hui. Pour les auteurs, il s'agit de réhabiliter la sensibilité baroque et plus précisément la question de l'âme, enjeu d'une " esthétique d'ère nucléaire " qui puise aux sources du baroque et de ce qu'il y a de meilleur, de révolutionnaire, dans le romantisme à ses débuts. Si l'idée d'âme assure la continuité des dimensions esthétique, poétique et utopique du réel, et le lien de l'individu et du tout, comment rendre une âme à une modernité désenchantée sans verser dans la mythologie ? Comment restituer une âme à un quotidien des plus prosaïque, sans pour autant sombrer dans le sentimentalisme ou le kitsch ? Car l'âme n'a pas succombé sous les coups d'une raison instrumentale triomphante ; elle n'a pas été remplacée par la machine ni par l'électronique : " Elle s'y cache, au contraire, comme dans les jouets et les poupées des enfants - elle est partout où elle n'est pas obligée d'être. "
Commandé avant 16h, livré demain
Date de parution
11/04/2013
Poids
618g
Largeur
171mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782358210881
Titre
L'AME ATOMIQUE
Auteur
HOCQUENGHEM GUY
Editeur
SANDRE
Largeur
171
Poids
618
Date de parution
20130411
Nombre de pages
0,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Résumé : En 1972, un jeune philosophe alors âgé de vingt-cinq ans publiait un livre au titre retentissant : Le Désir homosexuel. Ecrit sous l'influence de Gilles Deleuze, et profondément marqué par le bouillonnement politique et intellectuel qui a suivi en France la révolte de mai 68, l'ouvrage s'inscrivait aussi dans le sillage des émeutes homosexuelles de Stonewall, à New York en 1969, et de la naissance, aux Etats-Unis, d'un mouvement gay et lesbien qui se pensait comme subversif et voulait révolutionner la société. Ce livre est vite devenu un classique dans le monde entier, et notamment aux Etats-Unis où il a trouvé récemment une nouvelle jeunesse lorsque les penseurs de la Queer Theory ont revendiqué son héritage. Près de trente ans après sa parution, le livre de Guy Hocquenghem a bien quelque chose à nous dire, à la fois parce qu'il nous aide à comprendre le regain que vient de connaître ce qu'il appelait la " paranoïa anti-homosexuelle " et parce qu'il incite ceux qui portent les revendications gays et lesbiennes sur la scène publique à s'interroger sur l'évolution actuelle qui tend à la normalisation et à l'intégration. Guy Hocquenghem est mort du sida en 1988.
Il faut marcher longtemps, la nuit, à Berlin comme à Rome, à Amsterdam comme à New-York, à Rio comme à San Francisco. Marcher poussé par l'envie inlassable du corps des autres, pour commencer à éprouver les métropoles dans tous les muscles. Le Kurfurstendam aboutit à Central Park, les quais de Rome s'achèvent à Land's End, les salles obscures où l'on se caresse à Rio communiquent avec les cinémas de drague parisiens. Regard et guide : ne vous arrêtez pas aux bornes d'un ghetto intercontinental. Il n'y a pas que les rues réservées qui soient chaudes : outre l'exploration du territoire spécialisé de la drague homosexuelle, dont les adresses figurent à la fin de chaque chapitre, c'est un voyeurisme généralisé à toute la ville que je vous propose. Un regard de désir minoritaire, mais qui refuse de limiter le champ de drague aux secteurs conventionnés. Ces itinéraires, à lire dans votre chambre d'hôtel avant de vous mettre vous-mêmes en chasse de votre propre image de la ville, ont été parcourus sans système, mais les conjonctions des planètes les ont fait souvent se produire en un moment si significatif : c'est Rome après l'assassinat d'Aldo Moro, San Francisco le jour anniversaire du tremblement de terre, Rio en carnaval, Amsterdam le "Jour de la reine" . Ils ne pouvaient être complets sans les portraits, au moins, des figures marquantes que j'ai rencontrées dans la communauté "gay" américaine. Et maintenant par la grâce de l'imaginaire, bon voyage ! G. H. .
Cet essai pose la question de notre condition géographique à la faveur de la redécouverte de deux figures de l'Angleterre du premier XIXe siècle : William Gilpin (1724-1804) et John Thelwall (1764-1834). Le premier, qui, avec sa théorie de la beauté pittoresque, cherche à faire valoir l'atmosphère des sites tourmentés, influença Thoreau et les peintres américains de la nature. Le second, lecteur de Gilpin, marqua la sensibilité romantique anglaise, notamment ses compagnons Coleridge et Wordsworth. Si Gilpin inaugure une nouvelle façon de considérer l'espace, lequel cesse de n'être qu'un panorama — l'émotion naît du contact physique avec la nature et non plus seulement de sa représentation artistique —, Thelwall insuffle une dimension supplémentaire : ses observations, à la fois sensibles à la nature et attentives à ceux qui l'habitent, conduisent ce poète-paysan excentrique à développer une perception où philosophie de la nature et philosophie sociale sont inséparables.
Le monde de Philippe Delessert "est bien un monde poétique, c'est-à-dire un monde vrai, dangereusement vrai, merveilleux ou sorcier : un monde dont nous aurions pu et dont nous ne pouvons plus être les maîtres". (Ionesco)
On disait alors : Philippe est un saboteur. Mais c'était faux. Il fallait y voir de plus près. Philippe était un farceur. Un farceur assez inquiétant et d'espèce métaphysique." (Claude Frochaux)
Depuis le début des années 1960, l'oeuvre protéiforme de Michael Lowy constitue un ensemble considérable, multiple et pourtant unitaire. Elle se fait tour à tour philosophique, sociologique et historienne, n'hésitant pas à transgresser les frontières disciplinaires. ?uvre singulière, à l'image de son auteur érudit et polyglotte, brésilien et français, issu de la culture juive d'Europe centrale, marxiste hétérodoxe et surréaliste. Michael Lowy aura étudié de façon approfondie la culture juive d'Europe centrale, les révolutions européennes, les utopies latino-américaines, les écrits politiques de Che Guevara, le romantisme, le surréalisme, le marxisme libertaire, la sociologie de Max Weber, le christianisme de la Libération, l'oeuvre de Franz Kafka... C'est aussi un parcours " transfrontalier " qui traverse le Brésil, l'Amérique hispanophone, l'Europe centrale, la France, Haïti. Oeuvre voyageuse, fruit d'une infatigable curiosité, elle est travaillée par les concepts d'utopie et de messianisme, à la fois objets de pensée et ferments de transformation sociale. En sorte que cette oeuvre, si peu académique mais toujours rigoureuse, témoigne aussi d'un engagement militant.