Que signifie l'amour de soi-même et de l'autre dans un temps - le nôtre - où le goût du néant et la rage de la destruction se confondent? Des réponses existent dans l'histoire et l'?uvre de quelques écrivains du siècle dernier, bien peu en accord avec leurs contemporains, rebelles à toute classification. Loin de leur terre natale ou de leur milieu d'origine, comment ces infidèles qu'ont choisi d'être Thomas Edward Lawrence, alias Lawrence d'Arabie, Louis Massignon l'orientaliste islamo-chrétien, Victor Segalen l'"exote sinisé", et Simone Weil, la mystique athée, ont-ils déjoué les destins qui les attendaient? Comment ont-ils fécondé leur langue maternelle par l'apport d'autres langues et noué leur vie à la rencontre de l'étranger, dans l'ombre des guerres et des génocides? Tous ont développé des stratégies amoureuses en devenant infidèles à l'avenir assigné par la filiation ou les conventions sociales, et en refusant de sacrifier autrui à leurs intérêts personnels ou nationaux. Tous ont cherché à construire leurs destinées, grâce à la rencontre d'une autre culture que la leur- chacun convergeant ainsi vers le secret de lui-même. Si l'infidélité de l'esprit est leur caractéristique commune, chacun a décliné la rupture et la joie qu'elle implique dans sa chair et sa psyché. Cet essai est le dernier volet d'une trilogie consacrée aux conséquences de l'interaction entre "la religion monothéiste" et la vie psychique.
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Nombre de pages
264
Date de parution
16/04/2003
Poids
285g
Largeur
130mm
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EAN
9782246597315
Titre
Les infidèles. S'aimer soi-même comme un étranger
Auteur
Hirt Jean-Michel
Editeur
GRASSET
Largeur
130
Poids
285
Date de parution
20030416
Nombre de pages
264,00 €
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L'époque est troublée: les mutations anthropologiques sont si contraignantes qu'un nouveau concept juridique, la dignité humaine, a fait son apparition. Si le droit en fait un usage intensif, c'est dans la mesure où face aux excès des Etats criminels comme aux avancées des biotechnologies, il a besoin de fixer les limites entre l'humain et ce qui ne le serait plus. Chacun pressent que la dignité n'est pas une notion objective. Son invention est nouée aux religions monothéistes et aux inflexions que la philosophie d'abord, la psychanalyse ensuite, lui font subir. L'aspect psychanalytique de la dignité humaine sera ici privilégié. Comment la dignité serait-elle compatible avec la sauvagerie de la vie psychique? L'auteur met en tension les travaux de Freud, sur la religion et la culture, avec les écrits d'Etty Hillesum qui, dans les trois années précédant son extermination à Auschwitz, se livre à une réflexion, au bord de l'abîme, sur la destructivité liée au "destin de masse". Grâce à la révolution psychique qu'elle effectue, il devient possible de résister en tant qu'individu singulier à l'emprise des masses sur l'esprit, de construire l'humain en chaque homme, rien n'étant acquis à cet égard par la seule appartenance à l'espèce humaine.
Résumé : L'amour demeure pour la plupart des individus une aventure, une énigme et une confrontation : aventure de la rencontre, énigme de la sexualité, confrontation entre l'attente des corps et les exigences de la chair. En s'attachant aux discours sur l'amour- celui construit par Freud mais aussi celui de la Bible et du Coran, de Shakespeare, de Baudelaire ou de Bataille -, Jean-Michel Hirt dévoile une perspective érotique nouvelle, qui rassemble la sensualité et la tendresse, mais aussi le troisième courant - méconnu, souvent occulté - qui irrigue la vie amoureuse : la cruauté. Insolemment, l'amour dérègle les boussoles de l'identité sexuelle et disperse les illusions narcissiques. La question est de savoir jusqu'où chacun est capable d'aller dans le voyage auquel il invite.
Résumé : Quel est le sens de l'athéisme de Freud ? Opinion privée ou conviction que la psychanalyse ne peut pas plus échapper à une rationalité sans dieu que la physique ? Ou encore l'athéisme revendiqué par Freud témoignerait-il d'une conquête personnelle sur l'emprise de la religiosité et les illusions qu'elle suscite ? Mais cette exigence athée a paradoxalement été soutenue par quelques croyants, telle la philosophe Simone Weil si soucieuse d'une "mécanique spirituelle" qui ne se construirait pas au détriment de la raison. La " marque de force d'esprit " que Pascal distinguait dans l'athéisme, de quoi est-elle faite et comment certains écrivains comme Baudelaire ou Sade en livrent-ils le secret ? Aujourd'hui peut-être, alors que la culture en ce siècle a été si souvent bafouée par les débordements de cruauté au nom d'une idole, le temps serait venu de discerner dans l'oeuvre de Freud les éléments qui permettent de rendre compte de l'inexorable religiosité du psychisme et de sa conséquence : ce "pas hors du rang des meurtriers" que chacun est requis de penser.
L'Europe est aujourd'hui plus que jamais confrontée aux pays du monde arabo-musulman. Quel dialogue peut s'instaurer entre une culture judéo-chrétienne et une autre islamique, entre le dispositif freudien et l'inconscient musulman ? L'islam, en tant que culture religieuse articulée autour d'un livre saint, met en place une organisation originale qui permet la constitution du sujet. Pour autant, le Miroir du prophète n'est pas une simple étude théorique. Jean-Michel Hirt appuie son propos sur quelques situations cliniques qui affectent des personnes d'origine musulmane vivant en France. A travers les éléments de plusieurs histoires individuelles, il met en évidence l'inter-action entre psychique et culturel.
Par une nuit glaciale, le père Lamandre recueille une fillette de six ans venue frapper avec insistance à sa porte. L'enfant aux yeux admirables tremble de froid et de faim. Elle a les pieds en sang dans ses souliers à boucles d'argent, mais refuse de répondre aux questions qui lui sont posées. Le vieux prêtre ne saura que son prénom : Anne. Vingt ans plus tard, Anne est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l'oreille des grands et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l'ombre, quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature : elle se nomme Milady. Voici venu le temps d'écarter la légende pour rencontrer la femme. Même un personnage de fiction peut réclamer justice. Ce roman inoubliable, écrit d'une voix puissamment contemporaine, rend vie à Milady et nous offre son histoire dont Dumas a semé les indices dans Les Trois Mousquetaires. Magnifique portrait d'une femme libre menant, pour sa survie, un jeu dangereux. Dans une époque où trop d'hommes voudraient la contraindre et la posséder, elle se bat - jusqu'à la transgression ultime - pour son pays, pour son idéal et pour sa liberté.
Mince, pâle et tendue, Farkass court pour dealer. Cette adolescente solitaire trouve dans le trafic de drogue une source d'argent facile. Pour subvenir aux besoins de sa mère, avec qui elle vit dans une cité délaissée, elle vend de la cocaïne après les cours. Au lycée, elle est repérée par son professeur de sport pour ses qualités d'endurance. Rejoignant son club d'athlétisme, elle découvre un exutoire, bientôt une passion : la course. Sur la piste, elle découvre des sensations nouvelles ; elle ne pense à plus rien d'autre qu'à son corps, à cette tension enivrante, et elle excelle. Cette nouvelle occupation devient vite incompatible avec les nouvelles tâches qui lui sont confiées par son supérieur. Trahisons, règlements de compte et tueries se multiplient. Que choisira Farkass à choisir : la course, ou le trafic ? D'une addiction à l'autre, un roman étonnant, dans la double ligne du célèbre La solitude du coureur de fond d'Alan Sillitoe et du Mean Streets de Scorsese.
Chaque année Sorj Chalandon nous dit qu’il n’écrira plus de livre sur son père, et pourtant, chaque année il y revient. Cette fois il touche le sujet en plein cœur, puisqu’il décrit son errance dans les rues de Paris lors de sa fugue à 17 ans. Il y conte l’adolescence, la rage contre l’injustice, l’engagement, les coups durs et surtout, les belles rencontres salvatrices. Cette fois encore Chalandon m’a émue par sa sincérité et la qualité de sa plume.
J'en arrive au principal, à la raison pour laquelle nous sommes au tribunal : le "passionnément antisémite". Allons au fond des choses. L'éventuel antisémitisme de La France insoumise et de son chef serait un problème crucial pour les juifs de ce pays mais, bien au-delà, pour nous tous, catholiques, musulmans, athées ; l'antisémitisme étant toujours, en Europe, un avertissement d'incendie, pour citer le philosophe Walter Benjamin. Alors, de quelle base factuelle disposons-nous pour justifier ce "passionnément antisémite" ? " . R. M.