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Défection et prise de parole. Théorie et applications
Hirschman Albert ; Besseyrias Claude
FAYARD
29,15 €
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EAN :9782213592381
La pensée économique et la philosophie politique envisagent plus volontiers le développement que le déclin. Albert O. Hirschman, à qui l'on doit d'importantes contributions sur la croissance, conteste cette simplification et introduit la considération du déclin dans l'analyse économique elle-même. Sa pensée s'organise autour des deux moyens dont dispose le public pour exprimer son mécontentement : la défection, c'est-à-dire la fuite de la clientèle s'il s'agit d'une entreprise ou de la démission dans le cas d'une institution, et la prise de parole, c'est-à-dire une action menée de l'intérieur par ces mêmes parties. L'ouvrage est consacré à l'examen de ces deux voies et à leur interaction. Rapidement, la réflexion de l'économiste s'élargit, car ce double mécanisme s'applique également aux institutions les plus variées : groupes spontanés, associations volontaires, partis politiques, administration, mariage, etc. Ce thème est devenu pour lui une façon d'analyser certains processus économiques qui semblaient devoir éclairer tout un ensemble de phénomènes sociaux, politiques et même moraux. Un quart de siècle après la rédaction de cet ouvrage, le modèle d'Albert O. Hirschman a conservé toute sa force opératoire : il s'applique par exemple admirablement, quoique d'une façon particulière, aux comportements des habitants de la RDA avant et après la chute du Mur. Albert O. Hirschman est professeur émérite en sciences sociales à l'Institute for advanced study de Princeton. Auteur de nombreux ouvrages, il a notamment publié en France Les Passions et les intérêts ; Bonheur privé, action publique ; Deux siècles de rhétorique réactionnaire et Un certain penchant à l'autosubversion.
Nombre de pages
212
Date de parution
12/04/1995
Poids
252g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782213592381
Titre
Défection et prise de parole. Théorie et applications
Auteur
Hirschman Albert ; Besseyrias Claude
Editeur
FAYARD
Largeur
135
Poids
252
Date de parution
19950412
Nombre de pages
212,00 €
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Résumé : Tranquillité des années cinquante, turbulence des années soixante, retour à la passivité dans les années soixante-dix : ce mouvement cyclique a frappé tous les observateurs, mais n'a guère reçu jusqu'ici d'explication. Albert O. Hirschman en propose une, des plus séduisantes, qui, au-delà de cet exemple récent, s'applique à nos sociétés développées, au moins depuis la révolution industrielle. C'est en effet une alternance récurrente que l'on constate, entre l'engagement des individus comme des groupes dans l'action publique et le repli sur les paisibles valeurs du bonheur privé. Chaque moment du cycle entraîne une satisfaction relative, mais aussi une déception spécifique qui pousse les acteurs vers le moment suivant. Cette brillante utilisation de la catégorie centrale de déception trouve encore bien d'autres illustrations ; on découvrira ainsi que cet ouvrage une critique de la théorie classique de la consommation, une brillante analyse du suffrage universel, entre bien d'autres aperçus féconds et originaux.
Ce livre regroupe les leçons données par Albert Hirschmann au Collège de France en 1985. L'auteur y développe plusieurs des aspects fondamentaux de sa pensée, à partir de ses thèses hétérodoxes, mais déjà classiques sur le développement économique, jusqu'aux vues, élaborées plus récemment sur les concepts d'intérêts et de passion et sur leur histoire en fonction de l'essor du capitalisme. En reprenant ces thèmes, notamment l'antinomie entre exit (défection) et voice (prise de paroles), l'auteur tient compte des nombreux commentaires et études suscités par son ?uvre aussi bien que de l'évolution de sa propre pensée. Il conclut par un plaidoyer en faveur d'une science économique dégagée des postulats excessivement simplistes qui la régissent encore aujourd'hui.
Résumé : Dès le triomphe de l'esprit du capitalisme -lorsque dans l'Europe relativement pacifique et sereine des années qui suivent le Congrès de Vienne tout se passe comme si les " intérêts " avaient bel et bien jugulé les " passions ", voire comme si celles-ci s'étaient complètement éteintes -, le monde nouveau sera jugé vide, mesquin, d'un ennui accablant. Pour la critique romantique qui se nourrira de ce sentiment, l'ordre bourgeois marque, par rapport aux époques antérieures, un appauvrissement inouï : il a perdu toute noblesse, toute grandeur, tout mystère. Par-dessus tout, il lui manque la passion. On peut relever bien des traces de cette critique nostalgique dans la pensée des générations suivantes, depuis la théorie passionnée chez Fourier à celle de l'aliénation que développera Marx ou encore la thèse freudienne du refoulement de la libido comme prix nécessaire du progrès au concept wébérien de l'Entzauberung (ou désenchantement -autrement dit, la décomposition progressive de la vision magique de l'univers).
Ces mots résonnent encore en moi comme une provocation, une pique adressée à mon orgueil. Sûrement était-ce son objectif. Il savait que je ne pourrais rester indifférente au défi qu'il me lançait. Comme tous les hommes politiques d'expérience, il avait le don d'aller chercher dans les tripes de ses interlocuteurs ce qui pouvait les galvaniser. Il en appelait chez moi à un sentiment qui n'a jamais cessé de m'animer : la conviction d'avoir un devoir envers mon pays et mes compatriotes. Il est souvent difficile de se sentir à la hauteur d'un héritage quand celui-ci n'est pas seulement civilisationnel mais aussi familial". .