Le temps des sociétés. D'Emile Durkheim à Marc Bloch
Hirsch Thomas
EHESS
24,00 €
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EAN :9782713225499
Entre le temps objectif et mesurable de la physique et les vibrations du temps de la conscience intérieure, il est un temps "Social", un ensemble de représentations collectives qui informent le rapport au temps des individus. Cet ouvrage retrace le parcours et les transformations de cette idée formulée pour la première fois au tournant du XXe siècle et qui jalonne les projets fondateurs des sciences sociales en France entre 1901 et 1945. De l'étude des Aruntas d'Australie de la fin du XIXe siècle à celle de la société féodale occidentale, de la Chine ancienne à l'Empire aztèque, de la "mentalité primitive" à la mémoire individuelle, les recherches sur les expériences sociales du temps permettent d'interroger à nouveaux frais l'essor des sciences sociales, car attribuer un temps aux sociétés revient à faire du social le mode d'explication des hommes et de l'histoire. Entre philosophie, sociologie, psychologie, ethnologie et histoire, cette enquête renouvelle le regard porté sur quelques- unes de ses grandes figures : Emile Durkheim, Marcel Mauss, Lucien Lévy-Bruhl, Maurice Halbwachs, Marcel Granet, Lucien Febvre et Marc Bloch.
Nombre de pages
472
Date de parution
14/11/2016
Poids
585g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782713225499
Titre
Le temps des sociétés. D'Emile Durkheim à Marc Bloch
Auteur
Hirsch Thomas
Editeur
EHESS
Largeur
140
Poids
585
Date de parution
20161114
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Citoyens!... " L'orateur Jaurès, debout face à l'assistance, marque une courte pause puis s'élance. Sa voix, capable d'emplir les plus vastes édifices, épouse chaque nuance de sa pensée. L'effet d'entraînement sur l'auditoire est immédiat : les témoignages abondent, qui décrivent son incomparable éloquence. Mais s'il fut un maître reconnu de la parole, l'élu de Carmaux, fondateur de la SFIO, demeure aussi et surtout, Léon Blum l'a souligné, l'" un des plus hauts penseurs et un des plus grands écrivains dont la France ait pu s'honorer ". Qu'il s'agisse de l'homme politique, farouche défenseur de la République et socialiste convaincu, du militant pacifiste, du philosophe ou du poète, ce recueil de discours et de conférences constitue la meilleure approche du " tribun extraordinaire ".
Père moderne des études sur la mémoire", Maurice Halbwachs est désormais un classique pour la sociologie et pour l'ensemble des sciences humaines. Philosophe de formation, passé à la sociologie en même temps qu'il ralliait les causes dreyfusarde et socialiste, il s'est imposé, dans l'entre-deux-guerres, comme une des principales figures de l'école sociologique française fondée par Emile Durkheim, avec en point d'orgue son élection au Collège de France en 1944 dans une chaire de "psychologie collective". On attendait de son enseignement dans la prestigieuse institution qu'il apporte la touche finale à une oeuvre protéiforme. Mais, déporté à Buchenwald où il mourut le 16 mars 1945, Maurice Halbwachs n'eut pas même l'occasion de prononcer sa leçon inaugurale. Cette ultime synthèse existe pourtant bel et bien, dans un cours de psychologie collective donné en Sorbonne au tournant des années 1940, dont il n'existait jusque-là que quelques copies ronéotypées. Pensé comme une introduction générale à la sociologie, ce cours, dans lequel, préfigurant la démarche de Pierre Bourdieu, il se confronte à la question de la singularité individuelle, se trouve ici édité pour la première fois.
Historien majeur, François Hartog est directeur d'études à l'EHESS. Il a notamment publiéLe Miroir d'Hérodote (Folio, 2001), Évidence de l'histoire (Folio, 2007), Anciens, Modernes,sauvages (Points Histoire, 2008) et Régimes d'historicité (Points Histoire, 2012), toustraduits dans de nombreux pays.
Des penseurs en philosophie, droit, médecine, éthique, des experts en psychologie, psychiatrie, cancérologie, neurologie, des praticiens des hôpitaux et en libéral, des spécialistes des urgences, des réanimations, des soins palliatifs, d'anciens ministres, hauts-fonctionnaires, présidents d'instances consultatives, responsables associatifs tous liés au système de santé et au monde du soin, sans oublier des personnes malades et leurs proches : telles sont les voix qu'a réunies Emmanuel Hirsch dans cet ouvrage sans précédent qui concerne chacune et chacun d'entre nous. Ces voix nous demandent de répondre avec elles à la question exigeante que la fin de vie pose à notre démocratie. Est-elle capable de ne pas concevoir la mort comme un simple événement biologique mais comme un fait social, un acte culturel, une expérience qui met à l'épreuve nos représentations et nos institutions ? En mesure de ne pas être inféodée à la seule logique économique ou utilitariste ? À même d'ouvrir un chantier qui ne pourra être clos tant qu'une femme, qu'un homme continuera à décéder seul, anonyme, invisible, réduit à un faux choix ... Pour faire face ensemble à la souffrance, à la dépendance, à la vieillesse, au handicap, à la mort ; pour les voir, les reconnaître, les accueillir, voici l'indispensable traité qui, récusant une loi aveugle qui cultiverait l'indifférence jusqu'à nier la liberté, nous invite à une vigilance démocratique fondatrice d'une éthique de la personne, de la délibération et de la solidarité.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.