Wanda. De la Sibérie à Anvers, le courage de la différence
Hildebrand Jerzy
MEO
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EAN :9782930702377
La déportationPar une tiède nuit de juin 1940, le long serpent de wagons à bestiaux de couleur rouille s'immobilise enfin en gare de Boulayevo, une bourgade du Kazakhstan du Nord, entre Petropavlosk et Oms, coupée en deux par la voie ferrée du Transsibérien. Parti deux mois plus tôt de Rovno, ville de l'Ukraine alors polonaise, le convoi a parcouru des milliers de kilomètres, traversé l'Ukraine et la Russie, franchi les vieux monts Oural avant d'atteindre les steppes d'Asie. Le périple cahoteux fait d'arrêts imprévus, de marches arrière, de brusques départs et de mystérieux détours s'achève enfin. Les passagers du train sont essentiellement des femmes et des enfants. Les rares hommes qui les accompagnent ont des cheveux blancs et clairsemés. Tous sont des bourgeois polonais déportés en Sibérie par les autorités soviétiques, qui depuis des mois occupent l'est de la Pologne, pour «bénéficier» d'une rééducation prolétarienne, ma mère et moi sommes du voyage. J'ai quatre ans. Les dames qui nous accompagnent, souvent fort maquillées, portent encore les habits européens et les souliers à hauts talons qu'elles mettaient il y a peu pour prendre le thé dans une élégante pâtisserie de Rovno ou pour assister à quelque réception. Dans les wagons à bestiaux, où elles cohabitent depuis de longues semaines, ces tenues leur donnent un air surréaliste. Toutes parlent un polonais très pur et s'efforcent de rester polies même dans leurs différends, qui portent généralement sur l'espace vital réservé à chaque famille. Les vieux messieurs pratiquent le baisemain et s'inclinent gracieusement quand ils croisent ces dames.Une aube grise et rose se lève à peine quand paraît le chef de la police. C'est un homme de haute taille, corpulent et jovial. Il porte un uniforme militaire kaki, une haute casquette ornée d'une étoile rouge et des bottes noires et luisantes en cuir souple. Quelques agents très jeunes et vêtus avec beaucoup moins d'élégance l'entourent. Il leur ordonne de rassembler les nouveaux arrivés. Du haut des quelques marches qui donnent accès à la gare, le commissaire domine la masse des déportés. Décoiffées, à peine réveillées, les femmes tournent vers lui leurs visages inquiets.- Polonais, bienvenue en Sibérie, dit-il en découvrant quelques dents en or. J'ai été prévenu de votre arrivée et je vous attendais. Tout à l'heure, des camions vous transporteront dans les villages et les kolkhozes de notre district. Vous y vivrez avec les gens de chez nous et vous y mènerez la vie des gens de chez nous. Ici vous n'êtes pas en prison, on ne garde ni ne surveille personne. Pas besoin, vous êtes libres, n'êtes-vous pas tous nos invités? D'ailleurs, pourquoi vous garderait-on, à quoi bon fuir? Que trouverez-vous cent verstes plus loin sinon un autre kolkhoze ou un autre village pareil à celui que vous aurez quitté.Visiblement satisfait de la harangue, le policier sourit à nouveau avec bonhomie et porte un regard circulaire sur les déportés rassemblés en demi-cercle. Les femmes l'ont écouté en silence. Puis, très lentement, certaines commencent à réaliser ce qui leur arrive: elles sont en Sibérie pour de bon, et sans doute pour longtemps. Elles veulent en savoir davantage et comprendre. Elles posent des questions pratiques dont la naïveté désarme le policier:- A-t-on prévu des logements, sont-ils décents au moins, ont-ils des salles de bain et des toilettes?Soudain, une d'elles s'écrie: «Mais où sont donc nos maris? Lors de notre départ, on nous a assurées qu'ils nous attendraient ici. On nous a même recommandé d'emporter tous leurs vêtements.»
La chambre obscure" est une oeuvre littéraire qui explore les nuances de l'enfance et les perceptions culturelles à travers une série de tableaux de moeurs et de croquis inspirés de la vie hollandaise. L'auteur, sous le pseudonyme d'Hildebrand, nous plonge dans un univers où les petits garçons hollandais sont décrits avec une précision et une affection particulières. Ces enfants, dynamiques et pleins de vie, sont présentés dans leur quotidien, avec leurs jeux, leurs joies et leurs petites misères. Hildebrand met en lumière les défis de l'enfance, tels que les malheurs liés à l'école et la perte des dents, tout en soulignant l'importance de préserver l'innocence et la joie de cette période de la vie. L'auteur critique également les institutions et les pratiques qui peuvent opprimer ou limiter l'épanouissement des jeunes. Par ailleurs, l'oeuvre aborde des thèmes plus larges, comme la perception des animaux dans les ménageries, où Hildebrand exprime son aversion pour ces lieux qui dénaturent la majesté des créatures sauvages. A travers ces récits, l'auteur invite à une réflexion sur la manière dont la société perçoit et traite les enfants et les animaux, tout en célébrant l'évolution de la culture hollandaise. "La chambre obscure" est ainsi une invitation à observer le monde avec un regard neuf, empreint de sensibilité et de compréhension.
Alors que sculpture et peinture étaient caractérisées, par contraste avec l'architecture, comme des arts d'imitation, Hildebrand, sculpteur et théoricien de l'esthétique nouvelle, montre avec cet ouvrage paru en 1913, que les lois de perception et de construction des formes sont aussi objectives que les lois architecturales. Enonçant ainsi les principes d'une culture des formes qui fera autorité au XXe siècle, il montre aussi comment la clarification des formes plastiques constitue encore une des voies les plus sûres d'accès à la connaissance des lois de la perception des formes et à celle de l'interaction de nos différents sens.
Hildebrand Dietrich von ; Iborra Eric ; Lane Pierr
« Je suis personnellement convaincu que, tôt ou tard, quand sera écrite l'histoire intellectuelle de l'Eglise catholique au 20e siècle, la figure de Dietrich von Hildebrand sera reconnue comme l'une des plus grandes de ce temps ». Ces paroles récentes de Joseph Ratzinger (2000) donnent la mesure de l'importance de l'oeuvre et de la figure de Dietrich von Hildebrand (1889-1977). Dans l'oeuvre de Dietrich von Hildebrand, Liturgie et personnalité occupe une place centrale et réunit les principaux thèmes de sa pensée. Qu'est-ce que la personne humaine? Quelle est sa finalité? Comment parvient-elle à cette finalité? A ces questions, Dietrich von Hildebrand répond par l'exemple d'une personne - de la Personne: Jésus-Christ. En tant que Dieu, le Christ est la deuxième Personne de la Trinité; en tant qu'Il est homme, il est « le chemin » par lequel nous sommes transformés en Lui, et accédons ainsi à notre véritable personnalité. Pour Dietrich von Hildebrand, la liturgie a une dimension anthropologique. Par ses paroles, ses gestes, ses rites, elle nous « reforme » et nous conforme progressivement à Celui à l'image duquel nous avons été créé.
Résumé : Dietrich von Hildebrand (1889 - 1977), que le pape Pie XII appelait "le docteur de l'Eglise du XXe siècle", fut l'un des plus grands philosophes et théologien catholiques de ce temps. II a écrit de nombreux ouvrages importants et influents sur la philosophie, l'éthique, le mariage, la sexualité, la liturgie et la spiritualité. Le pape Jean-Paul II admirait beaucoup le travail de von Hildebrand, s'adressant à sa veuve, Alice von Hildebrand, il disait "Votre mari est l'un des grands spécialistes de l'éthique du XX` siècle". Le pape Benoît XVI, alors qu'il était encore le cardinal Joseph Ratzinger, a écrit en 2000, à son sujet : "Je suis fermement convaincu que, dans un futur plus ou moins proche, lorsqu'on écrira l'histoire intellectuelle de l'Eglise Catholique du XXe siècle, le nom de Dietrich von Hildebrand ressortira comme l'une des figures les plus éminentes de notre temps". Dans La Vigne ravagée Dietrich von Hildebrand expose clairement, les erreurs fondamentales de l'"esprit post-conciliaire" notamment, et présentées, de nos jours, comme un moyen d'atteindre les hommes modernes à qui ont ne pourrait plus présenter l'enseignement de l'Eglise dans sa forme antérieure. En second lieu, il démasque les erreurs plus cachées et subtiles qui se sont introduites, le plus souvent, sous des titres attrayants et apparemment nobles, et dont le danger n'est pas toujours perçu, même par des catholiques croyants. Il traite aussi du réveil de beaucoup de gens, de tout ce qui doit nous remplir d'espérance dans les circonstances actuelles, de l'opposition à la falsification du véritable esprit de l'Evangile et de la Sainte Eglise, qui grandit chaque jour.
Martino "Zam" Ebale, dès son plus jeune âge, s'est senti profondément fame-minja, une nature de femme dans un corps d'homme. Forcé de choisir l'exil en Belgique pour échapper à la loi homophobe de son Cameroun natal, il nous livre un parcours de vie éclairant, parfois heureux, souvent difficile, et nous invite à dénoncer les préjugés de toutes natures, à dénoncer toutes les formes de rejet, que les victimes en soient des homosexuels, des lépreux, des séropositifs HIV, des groupes ethniques, sociaux, des adeptes d'une religion ou d'une philosophie, ou... des femmes.
« Jacinthe. Joli prénom que je déteste car j'ai des yeux brun fleur fanée. Par contre, j'adore ma tignasse. C'est elle qui m'entraîne dans des dessins de plus en plus fous. Alors j'oublie ma mère qui m'est presque étrangère, que j'appelle meman. Ou mèman. Et ce père, merveilleux à 75%. J'oublie aussi ce nuage infernal au-dessus de ma tête : le secret que me cachent mes parents. » Nous plongeons dans sa vie, de ses huit ans à ses vingt-cinq ans. Avec son tempérament de feu, ses défis, crises, délires, révoltes, prises de risques. Mais aussi son humour ! On l'accompagne dans sa quête de la vérité. Et la construction de sa vie d'artiste.
Aux obsèques de Mia, Jean disjoncte et révèle à l'assistance médusée sa liaison avec la « parfaite épouse, mère de famille et enseignante » que l'on enterre, déclenchant une échauffourée dans une église qui n'en demandait pas tant. Relâché après une brève garde à vue, il revit leur amour nomade dans des chambres d'hôtels, chacune représentant un nouveau commencement et une ode à la vie, après avoir longtemps végété comme ami de la famille entre la femme qu'il aimait en silence, le mari obnubilé par son musée des deux guerres, deux ados révoltés contre la discipline à l'ancienne imposée par leur père, sans oublier sa propre mère mêle-tout et quelques figurants peu banals. La vie, toutefois, ne s'arrête pas avec la disparition d'une femme follement aimée... Un roman qui louvoie en permanence entre tension dramatique, non-conformisme social et humour aux confins du non-sense.
Née dans le Nord du Vietnam pendant la guerre d'Indochine, Tuyêt-Nga Nguyên a grandi dans le Sud pendant la guerre du Vietnam avant de venir en Belgique poursuivre ses études. Après la victoire communiste, elle n'est plus retournée dans son pays natal que pour de brefs séjours, mais il est présent dans tous ses livres. Elle rompt ici avec le roman réaliste qui l'a fait connaître, ancré dans l'Histoire, pour offrir des contes, les uns traditionnels, d'autres inventés par elle (notamment pour des enfants de boat-peoples réfugiés aux États-Unis) ou des anciens de sa famille. Elle les assortit d'anecdotes et de souvenirs qui les mettent en perspective et les entrecoupe d'extraits de poèmes et de chansons qu'elle a traduits et transposés, privilégiant leur âme et leur musicalité. Ces «â??interludesâ??» imprègnent l'ensemble du recueil de leur coloration mélancolique, voire d'une touche de folie. ? Une auteure à relatif succès en Belgique, notamment finaliste du prix des Cinq continents de la Francophonie. ?Des contes présentant à la fois l'âme du Vietnam et un regard sur le pays réel à travers une mise en situation, amplifiés par des extraits de contes et de chansons. Tuyet-Nga Nguyên, écrivaine belge d'origine vietnamienne, est l'auteure de six romans et d'un recueil de nouvelles dans la collection Belgiques. Elle a obtenu le prix des Lycéens pour "Le journaliste français" et a été finaliste du prix des Cinq continents de la Francophonie pour "Soie et Métal".
Le citoyen Laurent Lecointre a-t-il perdu la tête ? A quarante-sept ans, ce père de famille et négociant prospère, fournisseur de draps à la cour, a tout pour être heureux. Mais alors que les fiançailles de sa fille se dessinent, la Révolution française éclate. Et le bonhomme décide, sans crier gare, de se jeter dans la gueule du volcan. Patriote exalté jusqu'à la furie, créature de Mirabeau et Marat, persécuteur de Berthier puis de Beaumarchais, Lecointre n'a plus qu'une obsession : les affaires publiques. Porté au commandement de la garde nationale versaillaise, bientôt élu à l'Assemblée législative, l'ennemi des rois se transforme en tyran domestique et en accusateur public. Jouant avec la guillotine comme d'autres avec le feu, il déploie son tempérament excessif dans toutes les circonstances les plus graves de la période, des terribles journées versaillaises d'octobre 89 à la chute de Robespierre, cinq ans plus tard, en passant par le procès de Marie-Antoinette dont il est le premier témoin à charge. C'est l'itinéraire exceptionnel de ce personnage énigmatique, haut en couleur et attachant que Le Bouffon de la Montagne retrace. Des bancs enfiévrés de la Convention aux brumeux rivages du Cotentin où il est envoyé en mission, de la prison du Mont-Saint-Michel à l'exil dans la campagne briarde, l'épopée farcesque de Lecointre provoque le vertige par l'accumulation de ses authentiques péripéties. Et le roman de cape et d'épée se double donc d'une réflexion sur le revers comique d'une des plus tragiques périodes de notre histoire.
La vie d'Arnaud de Creully bascule en ce printemps 1134, quand, en regagnant son village, il aperçoit l'incendie ravageant la masure de sa mère qu'il est impuissant à tirer des flammes. Persuadé que l'insouciance de sa jeunesse est la seule responsable de sa mort, il fait voeu de silence et s'engage à accomplir le pèlerinage de Bayeux jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle afin d'y obtenir le pardon de sa faute. Accompagné de Morel, son ami d'enfance, et de singuliers pèlerins compagnons de route, les étapes de son parcours seront émaillées d'aventures parfois émouvantes ou drôles et toujours pittoresques. Tout au long du chemin, il fera d'étranges rencontres dont une, celle de la douce Sabah, qui risquera de compromettre son engagement et "le Serment de Compostelle". Mais son pèlerinage accompli, reviendra-t-il finalement en Normandie, libéré de son lourd fardeau ...
Octobre 1493. Alors que Florence pleure Laurent le Magnifique, Milan connaît sous le règne de Ludovic le More un essor florissant, et bien des artistes de renom sont invités à la cour ducale. Léonard de Vinci partage son quotidien avec sa mère Caterina et son apprenti bien-aimé Salaï. Il travaille au gigantesque cheval de bronze qu'il a promis au duc de Milan pour honorer son père, Francesco Sforza, et doit affronter des problèmes techniques qu'il n'avait pas soupçonnés. Accaparé par d'innombrables projets, il confie les secrets de ses recherches à un carnet, fort convoité par certains.Quand un cadavre est retrouvé au milieu de la cour du château, Ludovic le More fait appel au génie multiforme de Léonard, comptant sur ses connaissances en anatomie et sur son intuition pour éloigner les soupçons de peste et démasquer le jeu d'intérêts croisés des Este et du roi de France, dans lequel banquiers et religieux ne sont pas en reste.Un roman historique plein d'invention, un voyage surprenant dans une des périodes les plus fascinantes de l'histoire italienne, la Renaissance.Marco Malvaldi est né à Pise en 1974. Il est l'auteur d'une série policière (La Briscola à cinq et Un tour de passe-passe), de romans policiers historiques et de livres de vulgarisation scientifique. Le Cheval des Sforza est un immense best-seller en Italie.Traduit de l'italien par Nathalie Bauer