A nous de jouer ! Appel aux indignés de cette Terre
Hessel Stéphane ; Merk Roland ; Huet Nathalie
J'AI LU
4,80 €
Epuisé
EAN :9782290075616
Extrait En ce début de XXIe siècle, on a de nouveau l'impression que toutes les espérances de l'humanité au nom desquelles des générations entières se sont insurgées sont désavouées ! Tout se passe comme si Dieu avait créé au cinquième jour les employés et les travailleurs, puis au sixième les banquiers et les magnats de la finance, pour se reposer le dimanche en disant aux princes de l'argent : «Régnez sur vos citoyens et multipliez les richesses !» Bien moins unis que nos pères et nos mères, bien moins combatifs que nos aïeux qui exprimèrent leurs revendications dans la rue, souvent fourbus par la misère quotidienne, nous avons presque perdu de vue ce qui nous donne confiance et force : oser encore s'attaquer aux grands rêves de l'humanité ! L'argent sans âme chuchote mesquinement, les administrateurs dépourvus d'imagination ainsi que les médias nous murmurent que la crise va encore nous obliger davantage à nous serrer la ceinture et nous peignent un avenir incolore tout en parlant de responsabilité et d'un surcroît d'activités pour chacun, du nécessaire recul des acquis sociaux... et toujours et encore de la cure d'austérité. Ils savent pourtant que la pauvreté ronge la France et l'Europe à cause de cette politique, jusque dans les classes moyennes de nos sociétés. Quand, en plus, des oasis fiscales et des paradis financiers font saigner, tels des vampires, des économies nationales entières parce que les impôts n'apportent pas suffisamment de recettes, quand des agences de notation privées ramènent des pays entiers au rang de camelote et les conduisent dans le précipice, alors l'argent n'est plus un moyen mais une fin en soi. Mais nous savons aussi ce que nous devons penser de leur conception de la «responsabilité»... qui s'avère de l'égoïsme pur ! Oui, un fantôme parcourt aujourd'hui à nouveau l'Europe - le fantôme de ce que nous appellerions le «précariat», cette nouvelle classe aux contours flous, dont la population se caractérise par sa situation socio-économique et professionnelle précaire. C'est pour cela que nous faisons cet appel : Attention aux dérives ! Préservez-vous d'un monde où l'inégalité s'accroît entre les pauvres et les riches et où la pauvreté est considérée comme normale. Réveillez-vous, car l'indifférence n'est pas bonne ! Ouvrez les yeux pour voir vos rêves avec clarté et précision ! Oui, le monde marche sur la tête ! On nous demande de travailler plus mais de gagner moins d'argent. On nous demande d'en finir avec la solidarité parce que la concurrence, quel que soit son coût, doit donner le ton de la musique nouvelle pour soi-disant garantir la richesse. La vérité est que si cela continue ainsi, ce sont nos démocraties qui seront remises en cause. Tant que le capital passe avant les individus, tant que l'individu n'est que l'esclave de l'argent ainsi que sa victime, la paix n'est ici qu'une apparence. Elle se fait au détriment de tous ceux qui n'entrent pas dans le système et aussi, ne l'oublions pas, de la Nature ! Mais si le monde n'est plus qu'un tableau gris sur gris, nous devons saisir un pinceau et nous emparer de nouvelles couleurs ! Si la jeunesse européenne n'a pas d'avenir, l'Europe n'en aura plus non plus ! Allons donc de l'avant avec les moyens pacifiques que la démocratie nous donne avant qu'il ne soit trop tard ! Oui, l'humanité est sur la voie d'une authentique «société mondiale» mais, pour le moment, seul le capital est vraiment mondial. Il nous manque comme toujours un système d'institutions suffisamment évolué, légitime et compétent à l'échelle mondiale. (...) --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Un livre de plus par Stéphane Hessel? Oui, mais... Cet homme d?exception témoigne ici du parcours de sa vie, et tout particulièrement des deux dernières décennies. A travers les grands thèmes qui structurent la pensée contemporaine, grâce à son ouverture de c?ur et d?esprit hors du commun, Hessel livre ici son autobiographie intellectuelle, sensible et inclassable. Sa réflexion se nourrit des échanges qu?il entretient depuis des années avec ses amis proches, éminentes figures politiques et littéraires: Edgar Morin, Jean-Paul Dollé, Daniel Cohn-Bendit, Régis Debray, Peter Sloterdijk, Laure Adler, Michel Rocard, Jean-Claude Carrière... Il aborde ainsi successivement les thèmes de l?indignation (et de ses limites), de la compassion, de l?amour, de l?admiration, de la force des mots, de l?engagement politique et de la définition de la démocratie. Ce livre accessible et profond s?adresse à tous ceux qui cherchent, à travers les contradictions et les violences contemporaines, à « retrouver notre dignité d?homme et de femme dans un environnement régi par des frénésies égoïstes, irresponsables », et le « sens profond de nos existences: paix et partage dans une communauté de citoyens du monde ». « Nous sommes le monde que nous voulons changer », disait Gandhi. Ce livre est pour Stéphane Hessel une façon de nous encourager à réfléchir sur le passé pour mieux prendre en main notre destin futur.
Gilles Vanderpooten, 25 ans, a créé la collection « Conversation pour l'avenir ». Auteur et responsable associatif, il dirige la rédaction de l'ONG Reporters d'Espoir.
Stéphane Hessel, ambassadeur de France, inlassable militant des droits de l?homme, vient de publier Indignez vous! (Indigène). Jean-Michel Helvig est journaliste, il a été chef du service politique de Libération, directeur adjoint de la rédaction et éditorialiste.Né à Berlin en 1917, fils de l?écrivain Franz Hessel et de Helen Grund ? le couple anticonformiste qui a inspiré Jules et Jim, le film de Truffaut ?, Stéphane Hessel fera ses études en France. La guerre venue il s?engage dans la Résistance, à Londres. Capturé, déporté, il s?évadera pour entamer à la Libération une carrière diplomatique qui le mènera à participer aux premiers pas de l?ONU et aux débats préparatoires à l?adoption de la Déclaration universelle des droits de l?homme aux côtés de René Cassin.Militant anticolonialiste il s?engagera pour l?indépendance des anciennes colonies françaises, et rejoindra le combat d?un Pierre Mendès-France et d?un Michel Rocard. Aujourd?hui, à quatre-vingt-dix ans passés, Stéphane Hessel ne se résigne pas et est de tous les combats, qu?il s?agisse des sans-papiers, ou encore des peuples opprimés de Palestine ou de Birmanie.Celui qui aime à se définir comme citoyen du monde est sans doute une figure achevée d?un homme engagé aujourd?hui.
Le Conseil national de la Résistance (CNR) fut l'organe qui dirigea et coordonna les différents mouvements de la Résistance intérieure française, de la presse, des syndicats et des membres de partis politiques hostiles au gouvernement de Vichy à partir de mi-1943. Son premier président fut Jean Moulin, délégué du général De Gaulle, lequel voulait instaurer ce Conseil afin d'unifier les différents mouvements de Résistance qui s'étaient spontanément constitués depuis la défaite et son appel du 18 juin 1940, au lendemain de la demande d'armistice par le maréchal Pétain.Le programme du Conseil National de la Résistance est un texte connu, il a récemment été repris en annexe du livre de Stéphane Hessel Engagez-vous! Il n'a jamais été publié seul. Il est ici présenté par Stéphane Hessel faisant un lien entre le passé et le présent et insistant sur le caractère particulièrement actuel des propositions du CNR tant au plan politique que social. Ce texte est aujourd'hui au coeur des débats aussi bien de la gauche alternative que de la droite, car il est porteur de valeurs universelles concernant la république sociale.
Et si la richesse n'était pas une question de chance... mais d'état d'esprit ? Napoleon Hill, l'auteur du best-seller mondial Réfléchissez et devenez riche, révèle ici son plan en 52 étapes pour transformer vos pensées en succès concret. Chaque semaine, découvrez une clé. Chaque clé devient un levier pour penser plus clair, agir plus juste et réussir vraiment. Ce livre n'est pas une théorie de plus, c'est un déclencheur. En y consacrant seulement quelques minutes par semaine, vous activerez une force déjà présente en vous : le pouvoir de créer votre richesse et votre réussite.
Quand, le 8 mai 1945, le Troisième Reich s'effondre enfin, on veut croire à la mort du nazisme. C'est pourtant loin d'être le cas : organisations, militants, théories, ils sont nombreux à avoir survécu à la victoire des Alliés. Très vite émerge la crainte de voir se constituer une « Internationale noire », laquelle va devenir un thème récurrent de l'industrie pop-culturelle ? l'organisation Hydra de l'univers Marvel en est aujourd'hui le cas le plus fameux. Le contexte de guerre froide favorise bientôt la construction d'organisations internationales prônant le « nationalisme européen », voire le « nazisme universel ». Ces mouvements se réfèrent généralement à l'Europe (le Mouvement social européen, le Nouvel Ordre européen, Jeune Europe étant les plus connus), mais il faut encore y ajouter leurs homologues américains, africains, parfois australiens. Le racisme nazi évolue donc vers une idéologie de préservation de la spécificité du « monde blanc », hélas encore à l??uvre aujourd'hui. Grâce à des archives (surtout françaises et américaines) jamais exploitées, le présent ouvrage se propose de suivre ce ballet incessant et halluciné où se mêlent anciens nazis, collabos et jeunes convertis, pour lesquels le « Reich de mille ans » n'en est qu'à ses débuts. Spécialiste de l'extrême droite, Nicolas Lebourg est historien, chercheur associé au CEPEL (CNRS-Université de Montpellier). Cet ouvrage prolonge les travaux qu'il mène depuis 2015 dans le cadre du programme sur l'histoire des fascismes de l'Université George Washington. Il a notamment publié au Seuil avec Jean-Yves Camus Les Droites extrêmes en Europe (2015).
Membre du premier gouvernement révolutionnaire présidé par Lénine et première femme ambassadeur de l'histoire, Alexandra Kollontaï considérait que "la séparation de la cuisine et du mariage" était un enjeu comparable à celui que constituait la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Prônant "l'amour-jeu" ou "l'amour érotique" contre la morale sexuelle et l'institution familiale, ses textes forment une réflexion passionnée et passionnante sur l'amour lui-même. A la lecture de ces textes, le lecteur comprend alors les controverses passionnées que ses écrits suscitèrent à l'intérieur de son propre parti et l'hostilité du puritanisme stalinien dont elle fut victime. Les textes rassemblés dans ce volume, publiés pour la première fois en français aux éditions Maspero en 1973, constituent aussi un document rare sur l'organisation sociale pré-révolutionnaire soviétique et une référence pour les mouvements féminins actuels. A l'heure où les rapports sociaux de sexe connaissent un regain d'intérêt, les textes d'Alexandra Kollontaï, surprendront par leur acuité théorique et leur actualité.
Présentation de l'éditeur Le libéralisme continue aujourd'hui d'exercer une influence décisive sur la politique mondiale et de jouir d'un crédit rarement remis en cause. Si les " travers " de l'économie de marché peuvent à l'occasion lui être imputés, les bienfaits de sa philosophie politique semblent évidents. Il est généralement admis que celle-ci relève d'un idéal universel réclamant l'émancipation de tous. Or c'est une tout autre histoire que nous raconte ici Domenico Losurdo, une histoire de sang et de larmes, de meurtres et d'exploitation. Selon lui, le libéralisme est, depuis ses origines, une idéologie de classe au service d'un petit groupe d'hommes blancs, intimement liée aux politiques les plus illibérales qui soient : l'esclavage, le colonialisme, le génocide, le racisme et le mépris du peuple. Dans cette enquête historique magistrale qui couvre trois siècles, du XVII e au XX e, Losurdo analyse de manière incisive l'oeuvre des principaux penseurs libéraux, tels que Locke, Burke, Tocqueville, Constant, Bentham ou Sieyès, et en révèle les contradictions internes. L'un était possesseur d'esclaves, l'autre défendait l'extermination des Indiens, un autre prônait l'enfermement et l'exploitation des pauvres, un quatrième s'enthousiasmait de l'écrasement des peuples colonisés... Assumer l'héritage du libéralisme et dépasser ses clauses d'exclusion est une tâche incontournable. Les mérites du libéralisme sont trop importants et trop évidents pour qu'on ait besoin de lui en attribuer d'autres, complètement imaginaires.
La tradition " orientaliste " des savants arabisants français, qui avaient accompagné l'entreprise coloniale au xixe siècle, a progressivement laissé la place au xxe siècle à une génération de chercheurs résolument anticolonialistes, à l'image de Maxime Rodinson, Charles-André Julien, Jacques Berque ou Charles-Robert Ageron. Il revient aujourd'hui à leurs héritiers d'éclairer la résurgence, dans la période postcoloniale, d'un " islam politique " qui cristallise une très profonde défiance. C'est ce à quoi s'emploie François Burgat dans cet ouvrage, en replaçant ses analyses dans le parcours personnel qui les a nourries et l'environnement scientifique qui les a accueillies. Depuis les années 1980, le large rejet des acteurs politiques musulmans a contribué à alimenter, à leurs marges, une violence de plus en plus radicale, jusqu'au terrorisme. À rebours des explications simplistes ignorant trop souvent les racines historiques de ces évolutions, ce livre apporte une note dissonante. Son auteur explicite comment, pour décoder l'incomprise altérité islamiste, sa trajectoire de recherche l'a conduit depuis les années 1970 à forger ses propres outils. De l'Algérie à la Syrie, en passant par la Tunisie, le Yémen, la Libye, l'Égypte et la France, il restitue ses rencontres avec nombre d'acteurs de cette mouvance. Il montre que leurs motivations sont plus banalement profanes et politiques que religieuses. Et donc très loin des explications essentialistes qui s'obstinent à chercher dans le Coran du viie siècle les introuvables clés de la " radicalité islamiste " d'aujourd'hui. L'auteur poursuit ici sa démarche en confrontant ses premières hypothèses aux turbulences du printemps arabe et à l'affirmation djihadiste. En contextualisant ses observations sur le temps long, il offre un éclairage rare et précieux sur les conditions du dépassement de ce " défi islamiste " du siècle.