A trente cinq ans, Theodor Herzl est un journaliste célèbre, un auteur dramatique prolifique, un représentant typique de cette bourgeoisie juive assimilée qui caractérise la Vienne fin de siècle. Rien n'annonce en lui le prophète qu'il deviendra. Neuf ans plus tard, à sa mort en 1904, il a "redéfini l'identité juive... et créé un mouvement national qui, en moins d'un demi-siècle, aboutira à la fondation de l'Etat juif" . Le mythe s'est emparé de Herzl, le père fondateur, et a fait oublier l'homme. Ernst Pawel, avec intelligence, ironie et subtilité, retrouve et décrit la réalité au-delà de la légende, pour mettre en lumière la "grandeur tragique" d'une vie si brève. Tout en exerçant son métier de journaliste et en parcourant le monde pour rallier les foules, trouver des fonds et organiser les Congrès sionistes, Herzl, ce travailleur forcené, rêve au point de placer ses espérances dans des personnages aussi peu fiables que Guillaume II et le sultan Abdul Hamid. Il tremble, ce batailleur, à l'idée d'affronter ses patrons de la Neue Freie Presse, et il reste un fils infantilement lié à sa "bonne et précieuse maman" . Cet homme passionné ne surmontera jamais une immaturité affective, ce qui minera un mariage et une vie familiale sans doute voués à l'échec dès le départ. Prophète armé autant qu'être fragile, Herzl représente l'une des figures emblématiques des temps modernes. Dépassant l'hagiographie, rendant compte avec lucidité de la grandeur de Herzl comme de son aveuglement, Ernst Pawel réussit parfaitement à nous faire partager l'immense intérêt qu'il lui porte et nous offre ici une grande biographie de notre temps.
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Nombre de pages
528
Date de parution
05/02/1992
Poids
701g
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1mm
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EAN
9782020122382
Titre
Theodor Herzl ou Le labyrinthe de l'exil
ISBN
2020122383
Auteur
Herzl Theodor ; Pawel Ernst
Editeur
SEUIL
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1
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Date de parution
19920205
Nombre de pages
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Septembre 1897. Le premier congrès sioniste s'achève. Herzl note dans son Journal: Si je veux résumer le congrès de Bâle d'un mot - que je me garderai de prononcer en public - je dirai ceci: à Bâle j'ai fondé l'Etat juif. Si je disais cela aujourd'hui à haute voix, je déclencherais un rire universel. D'ici cinq ans peut-être, cinquante ans sûrement, chacun le comprendra. "Son manifeste, l'Etat juif, publié en 1896, décrit en détail son programme et son plan: un Etat juif, en Palestine ou ailleurs.De 1895 à 1904, Herzl parcourt l'Europe à la recherche de soutiens politiques et financiers: celui de la Turquie, de l'Allemagne, de l'Angleterre, de la Russie. Le voici courant de Paris à Londres, de Vienne à Constantinople, de Saint-Petersbourg à Rome et à Jérusalem. Il rencontre des souverains comme Guillaume II, le sultan Abd Ul Hamid, Victor-Emmanuel III, roi d'Italie, le pape Pie X; des hommes politiques comme Bülow et Joseph Chamberlain; des financiers et philanthropes juifs comme Maurice de Hirsch et Edmond de Rothschild, des notables religieux comme le grand rabbin Zadoc Kahn à Paris.Herzl dresse de l'Europe, en cette fin de siècle, un portrait haut en couleurs, où le jugement de l'homme politique se double du talent d'observation du journaliste. Il ne décrit pas que les grands de ce monde: à Londres, dans l'East End, à Sofia et à Vilna, face aux foules qui l'acclament comme un sauveur, il prend la mesure des masses juives et de leur attente. Il restitue aussi le climat fiévreux et passionné des premiers congrès sionistes et les débuts du mouvement.La forte personnalité de Theodor Herzl domine ce texte: visionnaire et homme de son temps, meneur d'hommes, observateur aigu des individus et du pouvoir, se consacrant tout entier à sa mission historique, il est conscient de la faiblesse de ses moyens comme de la grandeur de sa tâche. Lorsqu'il meurt en 1904, rien n'est acquis. Mais un mouvement existe, un élan est donné, une espérance suscitée, l'adhésion et l'action des militants et des responsables confirmées. Ainsi sont posées les fondations de ce qui deviendra plus tard, avec l'appui décisif des grandes puissances, le Foyer national juif, puis l'Etat d'Israël."
Jusqu'à Herzl, le peuple juif n'était qu'un objet, un jouet, aux mains de forces politiques étrangères qui l'utilisaient en bien ou en mal. Herzl a changé une poussière humaine portée sur les vagues de l'histoire par tous les vents étrangers, favorables ou non, en un peuple qui réalise sa volonté nationale et s'érige en facteur autonome sur la scène internationale. Herzl fut le fondateur de la politique juive restaurée.
Je ne considère la question juive ni comme une question sociale, ni comme une question religieuse, quel que soit d'ailleurs l'aspect sous lequel elle se présente, suivant les temps et les lieux. C'est une question nationale, et, pour la résoudre, il nous faut, avant tout, en faire une question politique universelle, qui devra être réglée dans les conseils des peuples civilisés. Nous sommes un peuple un". "Sioniste ! Antisioniste ! " Les invectives fusent, sur le ring poisseux du mauvais jour... mais lorsqu'on tonitrue, sait-on au juste de quoi l'on parle ? On verra ici volonté, courage, détermination, pragmatisme, profonde humilité, se le disputer au coeur d'un texte qui constitue un jalon historique d'une originalité saisissante et d'une importance capitale !
Alors qu'elle tente d'élucider le destin d'un ancêtre banni par sa famille, une femme reprend l'histoire de sa propre vie. Des années auparavant, son mari, son premier et grand amour, lui a révélé être homosexuel. Du bouleversement que ce fut dans leur existence comme des péripéties de leur émancipation respective,, rien n'est tu. Ce roman lumineux nous offre une leçon de courage, de tolérance, de curiosité aussi. Car jamais cette femme libre n'aura cessé de se réinventer, d'affirmer la puissance de ses rêves contre les conventions sociales avec une fantaisie et une délicatesse infinies.
Avant, il y avait l'enfance. Je le sais". Mais, Judith Godrèche, quelle enfant fut-elle ? Qui pour le dire ? Que lui a-t-on fait ? Et surtout qu'en a-t-elle fait ?
L'an dernier nous avons rencontré une de mes amies, Berthe. Ma fille, Mathilde, qui avait alors treize ans, connaissait Berthe, n'ignorait pas qu'elle avait été à Auschwitz. Pourtant, cet été-là, elle eut un choc en voyant son numéro sur son avant-bras gauche, tatoué d'une encre bleue un peu délavée. Ce qui m'a frappée, quand j'ai tenté de répondre à Mathilde pour lui expliquer ce qu'était Auschwitz, c'est que ses questions étaient les mêmes que celles que je me posais moi-même indéfiniment, ou qui traversent depuis plus d'un demi-siècle la réflexion des historiens et des philosophes et auxquelles il est si difficile de répondre. Car s'il m'est facile comme historienne d'expliquer comment s'est déroulé le génocide des Juifs, il reste un noyau proprement incompréhensible : pourquoi les nazis ont-ils voulu supprimer les Juifs de la planète ?
L'histoire de la réalisation d'un film de super-héros au budget colossal, et du comics inconnu qui l'a inspiré. 1947, en Californie, un talentueux petit garçon de cinq ans recopie les comic strips du journal local ; 2020, une émouvante projection a lieu Times Square. Entre les deux, 70 ans d'une Amérique en pleine mutation, un tournage rocambolesque et une galerie de personnages hauts en couleur : un soldat traumatisé par la guerre, un réalisateur inspiré et excentrique, une star prétentieuse, une assistante de production infatigable et les innombrables membres de l'équipe de tournage qui, ensemble, créent la magie hollywoodienne. Vif, touchant, inventif, parfois loufoque, porté par un humour teinté d'ironie et un rythme effréné, le premier roman de Tom Hanks pose un regard d'initié sur les efforts considérables nécessaires à la production d'un film - et la formidable aventure humaine qu'elle constitue.