Le sang et le droit. Essai sur la transfusion sanguine
Hermitte Marie-Angèle
SEUIL
29,00 €
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EAN :9782020281492
La transfusion sanguine et le droit ont une longue histoire commune : histoire oubliée des transfusions de sang d'animal à l'homme qui, tentées pour illustrer la pensée cartésienne, aboutirent à une première condamnation des tribunaux en 1668 ; histoire discrète et entêtée des magistrats, inscrivant pas à pas dans l'Etat de droit une médecine rebelle qui revendique sa responsabilité scientifique et morale, mais récuse sa responsabilité juridique. Mais au silence presque absolu qui entoura les milliers de contaminations syphilitiques a répondu la révolte des victimes du sida. Il fallait raconter les deux guerres et la grande geste du bénévolat, qui ne vint ni d'une spécificité française, ni de la loi, mais de la résistance et de la Libération. Il fallait dire aujourd'hui l'Europe du sang, qui n'en finit pas d'hésiter entre les droits de l'homme et le marché. Il fallait montrer surtout que ce drame pouvait changer la conduite politique des systèmes techniques : plus de mille procès devant les juridictions civiles, administratives et pénales, ont confirmé les responsabilités des " fournisseurs " de sang, celles de l'Etat, et la responsabilité pénale personnelle des agents de l'Etat et de l'industrie. Ils ont dessiné les grandes lignes de la prise de décision dans un contexte d'incertitude scientifique. Pour résoudre la crise, il fallut encore deux lois et une révision de la Constitution, qui pourrait à terme nous faire changer discrètement de régime politique. Happés par l'actualité immédiate d'un drame exemplaire, nous ne nous sommes pas encore les moyens d'en comprendre la portée politique : pour la première fois sans doute, toutes les branches du droit ont été sollicitées dans un processus de maîtrise du projet technique, désormais totalement inscrit dans le gouvernement de la cité.
Nombre de pages
480
Date de parution
01/03/1996
Poids
590g
Largeur
153mm
Plus d'informations
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EAN
9782020281492
Titre
Le sang et le droit. Essai sur la transfusion sanguine
ISBN
202028149X
Auteur
Hermitte Marie-Angèle
Editeur
SEUIL
Largeur
153
Poids
590
Date de parution
19960301
Nombre de pages
480,00 €
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Résumé : L'expression " lanceur d'alertes " a été forgée en janvier 1996 par Francis Chateauraynaud lui-même. A l'origine, elle était destinée à dépasser des notions trop réductrices : la prophétie, entachée d'irrationalité ; l'alerte technique, résultant de protocoles ; la dénonciation ou la révélation du scandale, dépendant de la légalité ou de la légitimité d'une situation. Or, comment désigner les personnes ou les groupes qui, rompant le silence, passent à l'action pour signaler l'imminence, ou la simple possibilité, d'un enchaînement catastrophique ? Depuis, la formule a fait florès. Venant remplir un vide conceptuel, elle est aujourd'hui utilisée plus ou moins précisément dans de multiples contextes, souvent comme traduction du terme anglo-saxon whistleblower. Francis Chateauraynaud saisit ici l'occasion d'en repréciser les contours. Un lanceur d'alerte ne devrait-il pas être celui dont l'alerte s'oriente vers un intérêt collectif, un bien commun, une valeur universalisable ?
Edition établie par Olivier Cayla, Jacques Chiffoleau, Marie-Angèle Hermitte et Paolo Napoli. Yan Thomas, historien du droit romain, fut le juriste le plus sensible à ce qu'il appelait les "opérations du droit". L'expression renvoie à l'invention de techniques ayant la capacité de mettre en rapport les personnes et les choses et d'imaginer ainsi une architecture du monde social. Ces techniques qu'il avait dégagées de l'analyse d'une grande diversité de sources, textuelles comme matérielles, sont au sens propre du terme des outils qui s'émancipent des événements qui les ont suscités et n'ont, à ce titre, rien perdu de leur actualité: à l'inverse de la temporalité des règles de droit, le temps des opérations est un temps long. Ce recueil d'articles écrits entre 1986 et 2006 a été divisé en deux grands moments. Le premier est consacré au fait d'instituer. Contrairement au récit mythique, la cité et la nature sont également, l'une et l'autre, instituées par le droit, dont la capacité à réinventer le réel par des artifices, est mise en lumière. Dans une deuxième partie, c'est par la mise en scène de cas limites et d'exceptions que Yan Thomas parvient aussi à dégager les règles de l'ordinaire. Les notions de temps et de fiction deviennent les complices de ce projet intellectuel où le droit est conçu comme un instrument pour penser autre chose que le droit.
Rousseau François ; Foucher Karine ; Hermitte Mari
Nos sociétés contemporaines sont exposées depuis une trentaine d'années à des risques sanitaires d'une ampleur nouvelle, révélateurs de leur propre vulnérabilité et marqués par un fort impact médiatique. Face à cette situation, le droit évolue au coup par coup, sans que l'on sache très bien si les changements opérés constituent des ajustements à la marge ou masquent une mutation plus profonde du système juridique. Cet ouvrage propose une réflexion transversale sur la réponse du droit aux crises sanitaires.
[...] " En temps que Grenoblois je suis heureux de constater que " les brûleurs de loups " sont dignes de leurs ancêtres, de ceux qui furent les précurseurs de la Révolution française, de ceux qui actuellement, par leur sacrifice, par leur courage, par leur abnégation luttent pour que vive la France... [...] Lorsque j'aurai à nouveau grande joie d'être avec toi, mon petit René, je te ferai un historique de ma vie, depuis le départ forcé de la maison, jusqu'à ce jour, tu seras étonné. Je te montrerai dans quelle mesure, l'on peut et l'on doit devenir homme... " Ces lignes sont extraites de la dernière lettre écrite par " Guy " André Hermitte, le 28 juin 1944 la veille de sa déportation à Dachau. Il ne reviendra jamais des bagnes nazis. Il ne racontera jamais les deux dernières années de sa vie, qu'il a consacrées à la libération de la France. Ce récit tente de le faire, de retracer son existence de résistant, son arrestation, ses interrogatoires, ses détentions dans les prisons françaises et dans les camps de concentration nazis, comme celui d'Ohrdruf, le dernier camp créé par Hitler, l'horreur de l'horreur.
Quand j'écrivais Tombe en 1970 je voulais relever une tombe, et relever d'une mort vénéneuse. Je voulais désenfouir un secret et je l'enfouissais sous un texte. Je travaillais sans arrêt, je fouissais, Tombe faisait un travail de taupe. Curieusement l'écureuil, dans certains cas, fait aussi un travail de taupe. Ainsi l'Ecureuil de Tombe, citoyen américain par ailleurs, (j'en parlerai plus bas) est à moitié souterrien. Tombe voulait sortir vivant quand même d'un séjour aux Enfers et ne trouvait pas la sortie. La porte d'entrée refuse la sortie. Il faut trouver une autre porte. Tombe avait dû commencer à se frayer un texte sous le texte dès 1964 aux USA. Je voyais bien les textes se bosseler devant mes pages. Jusqu'au jour où il y eut une déchirure dans mes vies par où Tombe put lever. Mais seulement ce Tombe ou cette tombe. Ce n'est pas cela. Je voulais écrire un livre, ma langue a fourché, Tombe est né de cette fourche. Né fourchu. Double. Avec la mort en tiers. Tombe appartient dans mon ?uvre en général à l'espèce des Livres qui se sauvent, dès que je cherche à écrire ce livre, il détale devant moi. C'est peut-être moi qui fuis. Entre nous il y a fuite. Tombe pressent, préécrit le livre qui le hante, sans le savoir. Veille. Attend. Sans que je sache. Attend trente ans. En 2001 la scène de Tombe s'ouvre sur Manhattan, Lettres de la Préhistoire. Les Enfers ont longtemps voyagé.
Résumé : La critique empiriste des prétentions universelles de la pensée humaine est-elle réellement fondée ? On sait que c'est le problème de Kant. Mais Quentin Meillassoux montre avec une force étonnante qu'une autre compréhension de cette critique, restée en quelque sorte dissimulée, bien que plus "naturelle", aboutit à un partage des ambitions de la pensée très différent de celui proposé par Kant. Il établit en effet qu'une seule chose est absolument nécessaire : que les lois de la nature soient contingentes. Ce noeud entièrement nouveau entre les modalités contraires installe la pensée dans un tout autre rapport à l'expérience du monde, un rapport qui défait simultanément les prétentions "nécessitantes" de la métaphysique classique, et le partage "critique" entre l'empirique et le transcendantal. Cette remarquable "critique de la Critique" est ici introduite sans fioritures, coupant vers l'essentiel dans un style particulièrement clair et démonstratif. Elle autorise à nouveau que le destin de la pensée soit l'Absolu, et non la "finitude" dans laquelle nous nous complaisons en laissant la morale, ou le "retour du religieux", servir de fictif supplément d'âme. Quentin Meillassoux est né à Paris, en 1967. Il enseigne la philosophie à l'Ecole normale supérieure (Ulm), et a également publié Le Nombre et la Sirène. Un déchiffrage du Coup de dés de Mallarmé (Fayard, 2011).