Nous regardons du coin de l'?il des phénomènes inexplicables, nous faisons semblant de ne pas les avoir vus, nous lisons chez quelques écrivains audacieux des histoires de fantômes de personnes disparues, les considérant comme des fantasmes, fruits d'une imagination malade, refusant de mettre en danger notre" bon sens ", de nous laisser pousser dans une autre dimension, au-delà du seuil de la" réalité tangible et vérifiable ". Nous traversons la vie avec un ?il exagérément écarquillé, l'autre aveugle, voilé d'une taie. Est-ce suffisant pour voir? Non, cela ne l'est pas."Entre l'Italie des siècles passés, celle qui fascinait Stendhal, et la Yougoslavie d'aujourd'hui déchirée par la guerre, l'écrivain polonais promène en trois nouvelles un regard tour à tour lucide et épouvanté sur le comportement mystérieux de l'humanité. Dans un passionnant entretien avec Edith de la Héronnière, il introduit naturellement le lecteur à son univers poétique et tourmenté, si proche encore du fantastique des Anglais romantiques et du désespoir dostoïevskien.
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Nombre de pages
171
Date de parution
08/04/1999
Poids
401g
Largeur
1mm
Plus d'informations
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EAN
9782020348799
Titre
Variations sur les ténèbres
ISBN
2020348799
Auteur
Herling Gustaw ; La Héronnière Edith de
Editeur
SEUIL
Largeur
1
Poids
401
Date de parution
19990408
Nombre de pages
171,00 €
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Je me suis imaginé que Vermeer était fasciné par le mystère de la naissance et de la croissance - une croissance très lente, presque statique - d'une perte. Elle grossit et mûrit pendant des années dans la coquille autour d'un noyau grand comme un grain de sable, à une vitesse qu'il est permis d'appeler temps arrêté." Le journal de Gustav Herling est une suite de contemplations et de pauses sur l'art, la littérature, le mal, la politique. Promenades dans une Italie intemporelle, de Venise à Capri, en passant par Sienne, Parme et surtout Naples où il vit depuis une quarantaine d'années. On entendra dialoguer Henry James, Stendhal, Flaubert et tant d'amis ou de maîtres polonais. On s'arrêtera devant les chefs-d'oeuvre de Rembrandt, du Caravage, de Ribera, de Vermeer. On tentera de comprendre le rôle de l'écrivain sur terre.
L'an dernier nous avons rencontré une de mes amies, Berthe. Ma fille, Mathilde, qui avait alors treize ans, connaissait Berthe, n'ignorait pas qu'elle avait été à Auschwitz. Pourtant, cet été-là, elle eut un choc en voyant son numéro sur son avant-bras gauche, tatoué d'une encre bleue un peu délavée. Ce qui m'a frappée, quand j'ai tenté de répondre à Mathilde pour lui expliquer ce qu'était Auschwitz, c'est que ses questions étaient les mêmes que celles que je me posais moi-même indéfiniment, ou qui traversent depuis plus d'un demi-siècle la réflexion des historiens et des philosophes et auxquelles il est si difficile de répondre. Car s'il m'est facile comme historienne d'expliquer comment s'est déroulé le génocide des Juifs, il reste un noyau proprement incompréhensible : pourquoi les nazis ont-ils voulu supprimer les Juifs de la planète ?
Américaine, professeur de littérature, Francine Prose est l'auteur des best-sellers Un homme Changé (Métailié, 2008), et Blue Angel (Point, 2008), finaliste du National Book Award. Traduit de l'américain par Cécile Nelson.
Que se passe-t-il quand la parole officielle s'affranchit du réel ? Quand les discours du pouvoir ne visent plus à décrire, mais à travestir ? Quand la communication de l'Etat ne cherche plus à éclairer, mais à obscurcir ? Ce sont tous les fondements de la démocratie qui vacillent. Lorsque les gouvernants se libèrent de la contrainte de devoir dire ce qu'ils font, ce qui était indicible devient soudain possible. Ce livre démontre combien, loin d'avoir protégé la République française contre le déferlement mondial de la post-vérité, la présidence d'Emmanuel Macron l'y a au contraire plongé. Il révèle qu'il est possible de corrompre l'idéal démocratique sans attenter aux institutions. La subversion du langage, par les mensonges et la déloyauté, suffit à nous projeter dans un exercice dévoyé de l'autorité, toujours plus éloigné de la promesse d'un gouvernement par et pour le peuple. Pour ne pas rester démuni face à un mal, il faut commencer par savoir le nommer d'un mot : nous avons basculé en logocratie .
Chaque année, l?Insee chiffre le nombre de pauvres en France (8,2 millions en 2011) sans jamais proposer toutefois de lecture sur l?organisation politique qui génère cette pauvreté. Les pauvres surgissent ainsi sur la scène sociale comme une masse importante que l?on va aider ou punir, selon les mérites ou les défauts de chacun, mais rarement comme le symptôme d?une défaite sociale. Tandis que la fraction la plus riche de la population ne cesse de s?enrichir, la pauvreté n?est plus un phénomène qui relève d?une responsabilité collective. C?est pourquoi Catherine Herszberg est allée demander à des inconnus non pauvres, selon le critère européen, pourquoi les pauvres sont pauvres. Cette démarche s?inscrit dans la continuité de celle qui l?a déjà poussée à observer le sort réservé aux fous emprisonnés (Fresnes, une histoire de fou, 2007). A nouveau, il est question d?hommes mis à l?écart de la société, qu?on est soulagé de ne plus voir, leur vie n?intéressant à peu près personne. Cette enquête pointe ainsi comment le phénomène de la pauvreté s?est détaché du politique, et de notions comme la justice ou l?égalité, pour relever au mieux d?un discours compassionnel, voire charitable. Ce divorce conduit à l?acceptation de ce fait social comme une fatalité, voire une nécessité. Acceptation renforcée par la certitude que le capitalisme mondialisé produit un surplus d?êtres humains "inutiles", surplus appelé à croître dans les années à venir. "Dès lors, la seule question qui se pose est celle-ci: qu?est-ce qu?on va bien pouvoir faire de ces hommes en trop?"