Grisélidis, courtisane constitue le seul témoignage informé et documenté sur cette écrivain prostituée : un portrait vivant sous forme d?entretiens. On goûte avec joie le don de l?intervieweur Jean-Luc Hennig qui, sans tabou ni idée préconçue et grâce à la familiarité troublante qu?il entretient avec la personne interrogée, libère le témoignage de toutes inhibitions. De ce point de vue, le livre parle aussi d?une autre époque, d?une autre façon de recueillir des paroles censurées ou inaudibles. Une sorte de " journalisme du désir " qui surprend aujourd?hui par son audace. Outre les trois entretiens aussi truculents que dérangeants de Grisélidis en courtisane, figure en fin d?ouvrage le premier état de son ?carnet noir? de prostitution, qui fit l?objet en 2005 d?un petit opus de la collection Minimales, Carnet de bal d?une courtisane. Prostituée à Genève, Grisélidis Réal a tenu un répertoire de 1977 à 1995. Elle consignait dans ce petit carnet noir en moleskine et par ordre alphabétique les prénoms de ses clients, agrémentés de leurs us, coutumes et petites manies ainsi que du prix de la passe. Un document exceptionnel à ne pas mettre entre toutes les mains? Enfin, la postface imaginée par Jean-Luc Hennig pour cette réédition se clôt d?une manière magistrale et émouvante par la reproduction de la lettre lue à l?occasion de la cérémonie de transfert du corps de la défunte au Cimetière des Rois de Genève, où elle repose désormais entre Borges et Calvin.
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Nombre de pages
226
Date de parution
29/09/2011
Poids
302g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070135400
Titre
GRISELIDIS COURTISANE
Auteur
Hennig Jean-Luc
Editeur
VERTICALES
Largeur
140
Poids
302
Date de parution
20110929
Nombre de pages
226,00 €
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Résumé : Dans l'amitié, il y a parfois un moment de basculement dans l'amour. Parfois l'un, parfois l'un et l'autre ensemble. Parfois brutalement, parfois après un temps plus ou moins long d'égarement ou d'oubli. C'est à proprement parler un lapsus. L'amitié devient amour. On ne l'appelle amitié que parce qu'elle concerne deux hommes ou deux femmes, bien qu'on appelle encore amitié au XVIe siècle un lien entre homme et femme. C'est ce surgissement de l'amour dans l'amitié que j'ai voulu explorer à travers la brève liaison de Montaigne et de La Boétie.
Résumé : La bisexualité masculine se situe moins aux confins de l'homosexualité que dans les trous de la vie. Dans ces rares moments où on échappe à soi-même, où on échappe à tout. Virtuose de la fugue, le bisexuel en connaît un bout sur la façon de tromper la compagnie. Il passe le sexe des garçons en contrebande. Comme Verlaine, il est toujours entre les garçons et les filles, le serment et le parjure, le pair et l'impair, le ciel et la flaque. C'est son ombre sur terre qu'on voit. C'est le Passe-Muraille de Marcel Aymé. C'est Outis (Personne), nom que se donne Ulysse pour abuser Polyphème. Le bisexuel vit à la pliure des choses. Il ne s'absente pas, il se déplace. Son jeu, d'ailleurs, n'est pas tant de se masquer que de masquer le jeu lui-même. En quoi la bisexualité est une érotique et une esthétique. J.-L. H.
Résumé : Les mots, les couleurs, la lumière, les sons, la pierre, le bois, le bronze appartiennent à l'artiste vivant. Ils appartiennent à qui veut les utiliser. Pillez le Louvre ! A bas l'originalité, le moi servile et stérile qui emprisonne autant qu'il crée. Vive le vol, pur, éhonté, total. Nous ne sommes pas responsables. Volez tout ce qui se présente. William Burroughs
La morgue, c'est la ville en dessous. Le boulevard du fait divers. L'administration de ses violences, de ses suicides et de ses suspicions. Mort métropolitaine, mort défigurée. Les morgues, c'est tout ça. De Paris à New York, d'instituts médico-légaux en dépositoires hospitaliers, c'est la même ténacité du cadavre. Colorié et silencieux. Entre les cars de police, les sirènes et les gyrophares, la pompe violette et les outils des garçons d'autopsie." Jean-Luc Hennig saisit sur le vif ce territoire imaginaire à force d'entretiens minutieux, d'extraits d'archives, de reportages in situ et de portraits bouleversants, savoureux ou glaçants. Autrement dit, en matérialiste déjanté et sensualiste non moins raffiné, il nous restitue les décors, gestuelles, rituels, trafics, odeurs, rêveries, phobies, folies qui hantent ces travailleurs de l'au-delà.
Comment Steve passe-t-il d'une petite ville côtière de France à Raqqa, au coeur de la boucherie syrienne ? On ne sait pas bien. Comme on ne sait pas, on raconte. On se lance dans une sorte d'enquête amicale trois décennies durant. Sur la frise de sa vie, on détermine un moment zéro. Les déconvenues scolaires. Les harcèlements divers. L'envie non consommée de plastiquer le collège. L'envie de faire le bien. Et à chacun de ces moments, il y a Mickaël, le petit frère. Ce qui concerne Mickaël concerne Steve, son presque jumeau, et tout est dans le presque.
Résumé : "Un Lacandon aux longs cheveux noirs, debout sur sa pirogue, vêtu d'une tunique blanche, creusant la transparence émeraude de la rivière d'une pagaie en bois. MEXICO AUTENTICO. BONAMPAK. CHIAPAS. C'est peut-être le jour où j'ai vu, à l'aéroport de Mexico, sur un écran géant, cette publicité pour une agence de voyages, ce fantasme pour touriste en quête de bons sauvages, que ce livre est né. Un Lacandon ! Bonampak ! Authentique ! Vrai de vrai, à portée de main ! A portée de notre monde, à portée de nos yeux, là, pour nous, pour vous ! Et à ces visiteurs d'un jour qui achèteraient un petit jaguar en bois, il n'était donné qu'une image. Il n'était donné que le mensonge".
«Paula s'avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c'est le grain de la peinture qu'elle éprouve. Elle s'approche tout près, regarde : c'est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l'illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu'elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu'un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture. Une fois parvenue devant la mésange arrêtée sur sa branche, elle s'immobilise, allonge le bras dans l'aube rose, glisse ses doigts entre les plumes de l'oiseau, et tend l'oreille dans le feuillage.»
4e de couverture : "Ceci n'est pas un essai sur le Congo. Cinq longs séjours, à l'invitation d'une ONG, ne permettent pas d'écrire sur un pays. Ce n'est pas non plus un récit de voyage. Alors quoi ? C'est assurément un livre sur les filles des rues que j'ai rencontrées à Pointe-Noire et Brazzaville, dont j'ai voulu décrire la force et les blessures. Mineures n'ayant pas d'autres ressources que la prostitution, souvent orphelines et déjà mères, elles se métamorphosent dès la nuit tombée pour "faire la vie". Mais peut-être est-ce aussi un livre sur ce monde qui est le leur, avec sa misère et ses mystères, et sur ce qu'il a déplacé en moi..." Arno Bertina.