Philosophie N° 98, juin 2008 : Claude Lévi-Strauss : langage, signes, symbolisme, nature
Hénaff Marcel ; Descola Philippe ; Maniglier Patri
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EAN :9782707320445
Ce numéro, entièrement consacré à Lévi-Strauss, s'ouvre sur un entretien avec Ph. Descola, qui occupe actuellement sa chaire au Collège de France. Tout en répondant à des questions diverses, il explique sa fidélité fondamentale à l'héritage structuraliste de Lévi-Strauss - à sa méthode plutôt qu'à l'ensemble de ses positions philosophiques. Mais surtout, il nous invite à un nouvel effort d'excentration, afin d'accéder à la compréhension de modèles ontologiques qui se sont développés à l'extérieur de notre culture, ou dans notre tradition, et qui ont conféré aux non-humains (appellation qui déborde ce que nous nommons nature) un statut de pensée très éloigné de celui que leur attribue notre dualisme. Dans " La condition symbolique ", P. Maniglier conteste le bien-fondé du reproche souvent adressé à l'anthropologique symbolique : son déni de la politique, et sa réduction des violences sociales à des contraintes grammaticales. Il montre au contraire que c'est pour la même raison que l'homme est un animal symbolique et un animal politique. Si tout système symbolique implique un espace fini de possibilités déterminées différentiellement, leur systématicité suppose une possibilité surnuméraire qui ne peut être actualisée que par un " acte ". Que le sujet ne soit pas maître de ses signes, cela ne signifie pas que la liberté soit illusoire, mais qu'elle est réelle, car inhérente à ces réalités singulières que sont les signes, et aux opérations qui les font advenir : liberté objective, consistant à faire advenir les possibilités du monde plutôt qu'à y réaliser ses idéaux, mais liberté finie, celle d'un déplacement d'une limitation des possibles à une autre. Ainsi l'anthropologie apparaît pour ce qu'elle n'a jamais cessé d'être : une science morale. Dans " Lévi-Strauss et le dépassement du modèle linguistique ", J. Benoist remet en question la thèse courante selon laquelle le structuralisme serait avant tout une doctrine du sens. Il revient aux textes fondateurs de l'auteur pour établir que, dans la perspective structuraliste, le sens est bien plutôt ce qui doit faire l'objet d'une réduction, et être dévoilé comme fondé dans des processus dépourvus de signification. Commençant par retenir du point de vue saussurien l'idée que le sens résulte de la combinaison ordonnée d'éléments dépourvus de signification, Lévi-Strauss en vient à soutenir que même les éléments pourvus de sens, dans leurs modes de combinaison, peuvent et doivent se comporter comme ces éléments de bases dépourvus de sens. Enfin, G. Salmon part de la pensée symbolique, définie par Lévi-Strauss comme science du concret, pour en élucider la distinction avec la pensée scientifique : alors que les sciences construisent leurs taxinomies en sélectionnant un nombre restreint de critères homogènes, mythes et classifications symboliques articulent par homologie des niveaux taxinomiques non-congruents. D'où les " incongruités de la pensée symbolique " : glissements et courts-circuits analogues aux mécanismes des traits d'esprit mis en évidence par Freud, ainsi qu'aux procédés propres à l'art de la mémoire - dont l'analyse jette une lumière nouvelle sur l'activité synthétique propre à la pensée symbolique. D.P.
Résumé : " Les premières villes, nous disent les archéologues, sont apparues voici plus de dix millénaires dans le sillage de la révolution agricole. Pourquoi les sociétés humaines ont-elles alors opté pour ce mode d'habitat dense et techniquement complexe qui présupposait du travail exploité ? On peut tenter de répondre en montrant que toute ville se forme en intégrant trois dimensions : celle du monument, celle de la machine et celle du réseau. Qu'en est-t-il aujourd'hui de ce devenir-ville de l'humanité ? Est-ce encore la ville qui croît avec l'archipel planétaire des lieux urbains ? Que reste-t-il de la cité comme forme de l'espace public à l'âge du monde virtuel ? Que veut dire pour nous habiter sur la terre avec nos semblables dans ces ensembles construits qui sont d'abord des lieux d'expériences singulières, et qui, entre public et privé, accueillent la vie commune, dont la rue depuis toujours exprime les formes originales et la diversité. " M.H.
Résumé : Violence dans la raison : la formule semble contradictoire. Elle renvoie pourtant à la thèse centrale de l'ouvrage fondateur de la Théorie Critique, La Dialectique de la Raison de Max Horkheimer et Theodor Adorno, publié en 1947. Entre la figure d'Ulysse chez Homère et celle de Juliette chez Sade, ces deux auteurs tracent la généalogie d'une raison dominatrice dont le pouvoir destructeur éclate dans le capitalisme industriel, les guerres du XXe siècle et les camps d'extermination. Vision tragique et négative de la rationalité dont Habermas critique les présupposés historiques et le caractère autoréfutant. Pourtant l'oeuvre de Sade - qu'il laisse de côté - contient un message complexe et radical qu'il faut évaluer. Au-delà de la violence dans l'histoire se pose la question de la cruauté, celle de ses formes extrêmes propres à l'animal humain. Sommes-nous l'espèce cruelle ? Le problème doit être replacé dans le cadre de l'évolution. Il appartient peut-être à un de ses ratés : au décalage grandissant, et de plus en plus mortel, qui se dessine entre une agressivité nécessaire à la vie et des moyens cognitifs et techniques en soi admirables mais dont la croissance exponentielle ne cesse de faire de nous une espèce dangereuse. Et pour cela même une espèce en danger.
Depuis quelques décennies, un nombre grandissant de philosophes ont manifesté un intérêt accru pour la question du don. D'abord pour mettre en cause la toute puissance du marché qui étend son emprise. Mais au-delà de cette inquiétude liée à une situation historique, nombre de penseurs ont construit une réflexion sur le monde - sur l'être - comme donné. On tend alors à rattacher cette "donation originaire" à une éthique de la gratuité. Gratuité pure, geste unilatéral: telle est la pensée du don qui, selon des styles et des arguments propres, domine chez J. Derrida, E. Levinas, J.-L. Marion et bien d'autres. Il était sans doute temps de se défaire de toutes les pensées du don un peu trop pieuses, devenues envahissantes dans la philosophie française de tradition phénoménologique. Confrontant le travail de ces philosophes au célèbre Essai sur le don de Marcel Mauss, Marcel Hénaff montre que le don est d'abord et avant tout une procédure de reconnaissance publique entre groupes au moyen de ces biens compris comme symboles d'une alliance.
En 1976, mon père a rouvert la maison qu?il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.À l?intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d?honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d?elles.Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J?ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.4e de couverture : En 1976, mon père a rouvert la maison qu?il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.À l?intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d?honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d?elles.Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J?ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.
J'étais plutôt son genre, et elle m'avait dans la peau. Mais pourquoi me demander ça à moi ? Parce que j'étais disponible ? Parce que j'habitais juste en face et que Miko, son mari, m'invitait souvent à la pêche à la mouche et n'y verrait que du feu ? J'avais beaucoup d'ennuis, tout de même. Je lui ai demandé si c'était parce qu'elle n'avait pas d'autre solution ? Véritablement, Sally ne savait pas dans quoi elle s'embarquait en ma compagnie.
Le temps d'un séjour de quelques semaines dans sa maison d'enfance, la narratrice raconte ses retrouvailles avec sa famille, où, depuis trois générations, hommes et femmes ont choisi le métier de pasteur. Mais quand elle arrive, quelque chose de cet ordre ancien s'est profondément déréglé. De ses proches, elle raconte les rires, les chutes, les chants. De toutes ses forces, elle les soutient, quand leur vie ne semble plus tenir qu'à un fil.
Il est impossible de croire sérieusement, comme les deux héros du célèbre film d'Hitchcock Fenêtre sur cour, que leur voisin aurait tué sa femme, puis l'aurait découpée en morceaux devant les fenêtres ouvertes d'une trentaine d'appartements. Mais leur délire d'interprétation n'a pas pour seule conséquence de conduire à accuser un innocent. Il détourne l'attention d'un autre meurtre - bien réel celui-là - qui est commis devant les spectateurs à leur insu et mérite l'ouverture d'une enquête. "La démonstration séduit par son intelligence, la logique de son argumentation et une pointe d'humour fort plaisante". Emmanuelle Giuliani, La Croix "Un récit haletant, fougueux et d'une drôlerie intrinsèque, qui se dévore comme un bon polar". Gérard Lefort, Les Inrockuptibles Hitchcock s'est trompé s'inscrit dans un cycle qui comprend Qui a tué Roger Ackroyd ? , Enquête sur Hamlet, L'Affaire du chien des Baskerville, La Vérité sur "Ils étaient dix" et Odipe n'est pas coupable. Ces ouvrages de "critique policière" visent à résoudre des énigmes criminelles tout en menant une réflexion sur la littérature et l'art.
Ne laissez plus l'anxiété parasiter votre quotidien ! Stress permanent, peurs irrationnelles, boule au ventre... Quand l'anxiété s'installe durablement, elle peut venir gâcher les plus beaux moments de vie. Pourtant, il existe des solutions simples et efficaces pour la dépasser et retrouver la sérénité au jour le jour. C'est l'objectif de ce guide 100% pratique et accessible. Conçu par des psychologues, il vous propose un programme complet en 4 étapes claires pour apprivoiser vos troubles anxieux : Mieux comprendre les origines et mécanismes de l'anxiété Vous préparer à affronter sereinement les situations stressantes Evaluer votre évolution et vos progrès Mettre en oeuvre des techniques concrètes contre l'anxiété Au programme : des exercices variés issus des psychothérapies les plus récentes (PLN, TCC, sophrologie...), entièrement détaillés et illustrés pour une mise en pratique accessible à tous. Chacun d'eux cible un aspect spécifique (respiration, gestion des émotions, pensées négatives...) pour une prise en charge globale. Le plus ? Vous pourrez facilement intégrer ces outils au quotidien, seul ou avec l'aide d'un proche ou d'un professionnel. Simple, complet et efficace, ce petit livre se révèle l'allié indispensable pour celles et ceux qui veulent en finir avec l'anxiété rongeante ! Offrez-vous enfin une vie légère et épanouie.
Un livre façon journal intime à la fois sensible et drôle dans lequel Noholito parle des crises d'angoisse. Noholito, sans fard ni tabou. A toi, lectrice ou lecteur, Avec ce journal intime, tu tiens un peu de ma vie entre tes mains. (Ne serre pas si fort miskine.) Tu me connais pour mon humour, mais tu sais bien que parfois, derrière, on se cache un peu, on tait certaines choses. J'ai passé 28 ans de ma vie à ne pas m'écouter et à me trimballer des maladies psychologiques qui m'ont empêché de vivre. J'ai voulu vaincre mes crises d'angoisse avant d'essayer de comprendre d'où elles venaient. C'était là mon erreur, gourgandine ! Il faut plonger dedans et se poser, pour les comprendre... Et pour enfin s'accepter. Parce que c'est possible ! Et aujourd'hui je peux te le dire : James aime James. (Oui, c'est mon vrai prénom, gousse d'ail.) Ce livre, je l'ai d'abord écrit pour moi, mais j'espère qu'il pourra te servir et t'apporter les conseils que j'aurais voulu avoir. La période qu'on vit n'est pas rose... mais parfois le ciel se dégage et devient bleu. (Ou lavande ! J'adore ce lavande ! )
Ici, on parle de santé mentale, sans tabous et avec bienveillance ! Dans ce carnet bienveillant, Marco Coiffard, l'auteur de Bonjour Anxiété, partage des exercices simples, des conseils concrets et des routines apaisantes pour traverser les tempêtes du quotidien. Pensé comme un compagnon de route, ce carnet vous aidera à mieux comprendre vos émotions, à prendre du recul et à retrouver un peu de calme, même quand tout s'emballe. Un outil doux, pratique et déculpabilisant, pour avancer à votre rythme vers plus de sérénité au quotidien.
Résumé : L'anxiété et le stress peuvent être des alliés ponctuels pour faire face à certaines situations. Mais ils peuvent facilement envahir notre vie sans que nous sachions comment cela a commencé et pris une telle importance au quotidien. Du nud à l'estomac au sentiment diffus d'angoisse, du stress chronique à la panique de plus en plus fréquente... à la maison, au travail, dans les transports nous avons le sentiment de ne plus rien maîtriser et de ne plus être en mesure de respirer normalement. Quelle que soit la cause de cette anxiété, il n'est pas juste de la laisser prendre les rênes de votre vie. Ces 50 exercices vous proposent un programme pour comprendre les mécanismes de la peur, apprendre les techniques pour l'enrayer et retrouver confiance en vous et en vos capacités.