Le problème de Platon est plus que jamais le nôtre: quelle place donner à l'économie dans la cité? Si nous étions assez sages pour être semblables aux cochons de Glaucon, à ces animaux dont les besoins n'outrepassent jamais la limite du nécessaire, nous n'aurions nul besoin de la politique pour pacifier nos rapports et nous civiliser. Mais nous sommes pour la plupart privés de cette sagesse spontanée: le bonheur et la justice dans la cité exigent que les animaux économiques que nous sommes naturellement deviennent des animaux politiques, au mieux persuadé qu'ils y gagnent, au pis - et c'est pour Platon le cas le plus fréquent - ne s'y soumettant que de mauvaise grâce, sous la menace et la contrainte. Seule une politique intelligente et autonome, qui prescrive leurs fins aux pratiques économiques au lieu de se les voir prescrire par elles, pourrait nous faire échapper aux conflits de tous ordres que ces dernières provoquent dans les cités mal gouvernées: conflits militaires, politiques, sociaux et psychiques. Qui, hormis les tenants de l'autorégulation des mécanismes économiques, pourrait aujourd'hui dresser le constat contraire? Cet ouvrage est le seul entièrement consacré à l'invention pour Platon de l'économie politique.
Date de parution
26/05/2010
Poids
420g
Largeur
215mm
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EAN
9782711622634
Titre
LA PART DU BRONZE
ISBN
2711622630
Auteur
HELMER
Editeur
VRIN
Largeur
215
Poids
420
Date de parution
20100526
Nombre de pages
0,00 €
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Peut-on avoir des raisons de croire qu'une vie fidèle à la justice vaille la peine d'être vécue quand triomphent au quotidien la perfidie et l'égoïsme ? Comment croire que la politique puisse être autre chose qu'un instrument au service des intérêts et des appétits de chacun ? Le livre ii de la République relève ce défi, en nous montrant comment doit être fondée une cité pour que l'expérience ne soit pas notre ultime critère de jugement en politique. Mais la leçon est à la fois amère et douce : nous sommes par nature des animaux économiques aux appétits démesurés, et non des animaux politiques ; mais il nous est possible de le devenir. Ou du moins de croire que nous le pouvons.
Né à Sinope au IVe siècle avant J-C et mort à Corinthe après un long séjour à Athènes, Diogène est un personnage exubérant et scandaleux dont les provocations sont restées célèbres : il fait l'amour et se masturbe en public, éconduit Alexandre le Grand comme un importun et insulte ses contemporains. Figure de la transgression, il n'est pourtant pas un apôtre de l'ensauvagement : ce n'est pas la civilisation que Diogène conteste, mais les servitudes encombrant notre vie matérielle et les conventions nous inféodant aux puissants. Mode de vie et pensée tout ensemble, le cynisme de Diogène est une manière neuve de philosopher qui, loin des constructions théoriques complexes, reste au plus près des réalités quotidiennes. En proposant l'idéal d'une vie simple soustraite aux illusions du désir, cette philosophie offre aux individus et aux sociétés un contre-pouvoir libérateur. Sa critique des valeurs sociales et sa puissance de dérangement n'ont pas échappé à Nietzsche ni à Foucault. Elles gardent toute leur actualité pour qui s'interroge sur les bienfaits et les méfaits de la croissance économique, sur les exclusions déchirant le monde humain.
Au Kazakhstan, les habitants ont pour coutume de récupérer les débris des fusées lancées de la base de Baikonur. Lorsque « Gagarine », jeune paysan passionné d'astronomie, découvre près de chez lui une jolie spationaute française, il la considère comme sa fiancée. Cela est d'autant plus facile que celle-ci a perdu la mémoire. Mais même le plus romantique des mensonges ne peut demeurer secret pour toujours.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.