Père de famille fraîchement divorcé, Robert Leblanc mène tant bien que mal sa barque de salarié modèle aux Assedics de Paris, en tant que " technicien expérimenté fonction allocataire ". Pas toujours facile, depuis l'installation de l'inquiétant système informatique Aladin chargé de surveiller la rentabilité du personnel... Craignant pour son emploi, Robert subit le spectacle de cadres dirigeants s'éliminant sauvagement et regrette l'époque héroïque où il distribuait ses tickets de métro à des chômeurs n'ayant pas encore accédé au statut postmoderne de " clients ". Dans cet enfer ordinaire surgit par miracle Sonia, Lucifer branchée des Assedics qui l'expédie dans le paradis paradoxal d'un hôpital psychiatrique... Véritable thriller social au réalisme ludique, Notre aimable clientèle offre à travers le personnage de Robert un miroir joyeusement universel de nos angoisses de salariés. Avec un humour glacé et un humanisme décapant, il démonte les insidieux mécanismes d'une gestion néo-libérale du chômage, absurdement plaquée sur un service public à la française.
Nombre de pages
114
Date de parution
03/03/2005
Poids
166g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782207256756
Titre
Notre aimable clientèle
Auteur
Heidsieck Emmanuelle
Editeur
DENOEL
Largeur
140
Poids
166
Date de parution
20050303
Nombre de pages
114,00 €
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Cette histoire pourrait être intitulée Les Malheurs de Marco Bueli. Qu'on se rende compte : trois licenciements à 36 ans quand on est issu d'une grande école d'ingénieur ! Il faut dire qu'il a tout pour agacer, faire des envieux, car cet homme est beau, très beau. Mais il est fatigué de faire des sourires, de séduire malgré lui et de finir par se faire avoir. Marco a décidé de se défendre et d'aller en justice pour discrimination liée à l'apparence physique. Après tout, les Américains ont montré la voie et la législation française le permet. Croyez-le, sa beauté ne l'a pas aidé dans sa carrière, il a souffert. A travers le personnage du sublime Marco Bueli et de sa détermination à obtenir réparation, ce roman dépeint ironiquement les excès d'une politique de lutte contre les discriminations qui permet, aujourd'hui, à tout un chacun de se considérer comme victime, légitime à se plaindre. Dans la continuité de ses précédents romans, Emmanuelle Heidsieck pointe ici avec acuité le démantèlement du modèle social français face à la montée de l'individualisme. La concurrence des plaintes entre les discriminés de tous ordres n'annonce-t-elle pas la dislocation de la société ?
Un professeur de droit à la retraite rend des services dans son voisinage. Un jour, deux policiers l'embarquent. Il est placé en garde à vue. Le service gratuit, aider les autres sans contrepartie financière, est désormais un délit passible d'une peine de prison et d'une forte amende. Au ministère de l'intérieur, deux hauts fonctionnaires ont préparé le terrain en rédigeant un rapport visant à traquer tout ce qui, dans le secteur non lucratif, peut fausser la libre concurrence. Petite réparation, aide à domicile, conseil gratuit, hébergement à l'oeil. autant d'activités passibles de condamnations puisqu'elles viennent concurrencer celles des entrepreneurs méritants...
Je me suis perdue dans mes pensées. Et à présent, c'est le départ. Un dernier coup d'oeil à cette pièce que je ne reverrai jamais. Le bureau, avec les affaires d'Alexandre, je n'y ai pas touché. Partir sans trop se retourner, c'est ce qu'il faut faire, sinon je n'y arriverai pas. Les larmes aux yeux, partir. Tout abandonner, ma vie à mes pieds. Trouver la force de m'extraire de mon monde. Réprimer ces larmes qui montent, pas question. Il faut être ferme et droite, on a encore du chemin à faire". Il faut y aller, maintenant se situe après un coup d'Etat militaire. Inès, une bourgeoise de plus de 70 ans, est à son tour contrainte à l'exil. Dans ce chaos, juste avant le grand départ, elle revisite son existence et sa place dans l'Histoire. Et s'adresse à Aida, son sauveur inattendu, dans un monologue à deux, poignant et effréné.
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...