Ce numéro thématique, consacré aux semences interpelle quant au défi environnemental de la biodiversité cultivée et de ses implications politiques. Les enjeux de reconnaissance au sujet des conceptions de la semence, des pratiques de sélection, des modes de production, des régimes de propriété (entre propriété privée, publique et bien commun) ou encore des modalités de commercialisation sont de taille. Ils sont d'ordre symbolique et cognitif et ont des répercussions sur l'ensemble du système semencier : il en va de l'identité des acteurs engagés dans l'expérimentation semencière et de la définition de ce qu'est une "bonne" semence. Ce dossier met à l'honneur les travaux de chercheurs qui offrent un regard sur les brèches existantes dans les systèmes semenciers conventionnels et susceptibles de mettre en question le régime fixiste en place. Depuis des entrées disciplinaires distinctes (sciences humaines - sociologie, anthropologie, histoire et droit - et sciences agronomiques) et à partir de recherches empiriques, les auteurs analysent les modes de gestion face au verrouillage du système semencier, tant au niveau de la mise en circulation que des propriétés intellectuelles. Au travers d'usages sémantiques distincts, ce dossier atteste de la multi-dimensionnalité de l'objet "semence" et présente des réflexions sur la coexistence d'une pluralité de pratiques.
Nombre de pages
216
Date de parution
28/02/2019
Poids
412g
Largeur
160mm
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EAN
9782713227493
Titre
Etudes rurales N° 202, juillet-décembre 2018 : Les semences. Approche multidimensionnelle de la biod
Quels sont les types et les races de chevaux ? Quels sont les signes d'un cheval en bonne santé, ou a contrario les signes qui doivent alerter ? Comment désigne-t-on les robes des chevaux ? Comment nourrir une jument en lactation ? Quels sont les métiers que l'on fait à cheval, les sports ? Toutes les questions, qu'elles soient théoriques, pratiques et même techniques ont leurs réponses dans cet ouvrage illustré de photos et de croquis explicatifs. Ainsi, tous les amoureux du cheval, néophytes ou expérimentés, trouveront de l'intérêt à sa lecture. Indispensable aussi bien à l'écurie qu'en rando ou au salon !
Les premiers temps de sa capture, c'est un petit être quasi bestial que découvrent les villageois de Songy : hirsute, violente, d'une voracité spectaculaire, s'exprimant par des "cris de gorge", grimpant aux arbres ou plongeant dans l'eau avec l'agilité la plus extrême. Ainsi nous apprend-on que deux ans encore après sa "prise", elle ne peut s'empêcher de se jeter tout habillée dans un étang qu'elle longe au hasard de sa promenade pour y attraper des grenouilles et les manger crues sur-le-champ, à la consternation générale", Anne Richardot. Peu avant Victor de l'Aveyron, "l'enfant-loup" qui inspirera François Truffaut, une jeune fille sauvage apparaissait près d'un village... Ce récit reconstruit son histoire : l'errance précédant sa découverte, puis les étapes d'une éducation, ou d'un apprivoisement.
La raison pour laquelle Philippe Hecquet, en 1707, prend parti contre les chirurgiens accoucheurs est inscrite dans le titre même du traité De l'indécence aux homines d'accoucher les femmes : "leur seule présence, leur regard, leurs attouchements sont plus qu'indécents, ils sont obscènes. Les femmes qui font appel à eux mettent en péril leur pudeur, leur innocence, leur pureté. (...) Ces attouchements risquent de "salir et exciter (leur) imagination" , de provoquer chez elles des réactions incompatibles avec leur vertu". Si la condamnation par Hecquet de l'intervention des chirurgiens accoucheurs ne peut être interprétée seulement comme un refus du progrès, de la même façon la médicalisation actuelle du champ de la reproduction ne peut être réduite à une simple volonté de progrès. Dans les deux cas, poursuit Hélène Rouch dans sa préface, les femmes sont confrontées à des discours qu'elles n'ont pas élaborés et qui, indifféremment étayés sur la tradition ou sur le progrès, les soumettent à l'autorité de ceux, hommes diglise ou de science, qui détiennent savoir et pouvoir.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.