Au lendemain d'une Seconde Guerre mondiale dévastatrice et à l'heure des premières décolonisations, c'est par le biais de son développement nucléaire que la France a cherché à montrer sa " grandeur ", sa " mission civilisatrice " ininterrompue, en un mot, son " rayonnement ". Dès ses débuts en 1948 avec le réacteur Zoé et tout au long de son histoire, l'enjeu du nucléaire français est inextricablement technique et politique. Gabrielle Hecht suit les relations tourmentées entre décideurs politiques et ingénieurs ; elle analyse l'organisation du travail dans les principaux sites nucléaires ; elle plonge dans la vie quotidienne des communautés qui vivent à proximité des centrales et fait revivre les débats syndicaux et politiques qui ont secoué la France. Partout, au-delà des oppositions, elle retrouve la même obsession : celle de la technologie nucléaire comme composante fondamentale de l'identité nationale française.
L'uranium de la bombe lancée sur Hiroshima provenait d'Afrique. A l'âge de l'équilibre de la terreur, tout au long de la guerre froide, Congo, Gabon, Madagascar, Niger, Afrique du Sud et Namibie ont fourni chaque année entre 20 et 50 % de l'uranium importé en Occident. Gabrielle Hecht présente une vision très novatrice de l'histoire du nucléaire en plaçant le point d'observation dans les mines d'uranium d'Afrique. Cette histoire est géopolitique, coloniale et postcoloniale, sociale, environnementale et sanitaire. Elle varie les échelles - locale, nationale ou régionale et mondiale - pour dévoiler tous les enjeux de l'exploitation du minerai d'uranium en Afrique. Elle révèle que la qualification de " nucléaire " appliquée ou non à une matière, un commerce, un Etat est une construction variable selon les rapports de force, les moments, les lieux et les controverses technopolitiques et qu'elle ne peut se réduire à des questions de radioactivité et de fission. En 2003, l'uranium nigérien supposé avoir été livré à Saddam Hussein était suffisamment nucléaire pour justifier une guerre contre l'Irak. Mais les mines d'uranium proprement dites n'ont jusqu'aux années 1990 pas été définies comme " installations nucléaires ". Cette exclusion a facilité le commerce de l'uranium en exemptant les acteurs des procédures de contrôle élaborées par l'Agence internationale de l'énergie atomique. Elle a aussi des conséquences sanitaires et environnementales dévastatrices que dévoile la seconde partie de l'ouvrage. L'enquête est nourrie d'archives inédites (publiques et privées) et de près de 140 interviews avec des acteurs locaux au Gabon, à Madagascar, en Afrique du Sud et en Namibie, ainsi que sur des archives françaises, britanniques, et américaines, qui révèlent des réalités restées couvertes par le secret.
Souhaitant donner une vue d'ensemble de la discipline (de la cinématique à la mécanique quantique), cet ouvrage est un retour aux fondements de la physique. L'auteur réduit l'usage des mathématiques au strict nécessaire et se concentre sur les concepts essentiels. Les indispensables outils de calcul sont forgés au fur et à mesure des besoins. S'appuyant sur les acquis du XXe siècle, l'auteur complète l'explication de nombreux phénomènes physiques par une approche historique chaque fois que celle-ci permet d'aborder un phénomène de façon plus claire. Abondamment illustré, chaque chapitre s'achève par un résumé, 400 questions de réflexion et 500 questions à choix multiple suivies de plus de 2000 exercices variés et concrets. Outil pédagogique de première force, l'ouvrage s'adresse aux étudiants du premier cycle en sciences et des classes préparatoires aux écoles d'ingénieur.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.