La NRF des années sombres. 1940-1941, des intellectuels à la dérive
Hebey Pierre
GALLIMARD
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EAN :9782070726981
Juin 1940 - juin 1941 - L'Année Terrible, celle de tous les désespoirs, de tous les égarements. Une catastrophe, dont nul n'avait prévu l'ampleur, s'abat sur l'une des plus brillantes cohortes d'écrivains de notre histoire. Écrivains mais, en même temps, intellectuels. Poussés par leur caractère ou les événements tous, ou presque, au cours des années trente, se sont mêlés des affaires de la Cité. Communisme, Action Française, P.P.F. de Doriot, Pacifisme militant,... tous ces mouvements eurent des représentants au sein même de La N.R.F. de Paulhan, leurs affrontements contribuant à maintenir cet "esprit N.R.F." qui permettait la cohabitation des contraires.Premier de nos étonnements : ni leur intelligence ni leur culture ni leurs convictions ne mirent ces hommes à l'abri du désarroi et des fautes. Les hommes de lettres furent aussi démunis, aussi perdus que n'importe lequel de leurs concitoyens. On aurait de la même façon pu croire qu'ils se réfugieraient dans le silence, au moins pour quelques temps. Erreur. Dès les premières semaines d'après-défaite, la vie "des lettres" reprend. Reprise souhaitée certes par l'Occupant, mais qui, semble-t-il, répondait à un besoin. Dès juillet 1940, Abetz charge Drieu de s'emparer de La N.R.F., considérée comme une citadelle stratégique des Lettres. Cette reparution pose, encore aujourd'hui, bien des interrogations. Sur la morale, sur l'engagement et sur les comportements...
Nombre de pages
468
Date de parution
12/06/1992
Poids
473g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070726981
Titre
La NRF des années sombres. 1940-1941, des intellectuels à la dérive
Auteur
Hebey Pierre
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
473
Date de parution
19920612
Nombre de pages
468,00 €
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D'emblée, je confessai avoir été un mari fidèle. C'est d'ailleurs une histoire de fidélité, dont l'exceptionnelle longévité tient - comme on ne manquera pas de la noter - à une sorte de miracle, que j'entreprends ici de démonter. Tous les hommes, quoiqu'ils en plaisantent, ne se guérissent au fond jamais de n'avoie pas su aimer qu'une fois. "
Elles ne font courir aucun risque mortel à ceux qui les cultivent. Elles aident même à vivre, à survivre, à revivre. Les passions modérées vont du chocolat au meccano, du goût pour l'anecdote à la danse et aux faits divers, mais il en est aussi de plus nobles, comme la Méditerranée, Alger, les maisons, l'art ou la lecture, lorsqu'elles s'accommodent du butoir de la raison. Sisyphe croyant obstinément au Bonheur, l'auteur, avec le secours de ses passions douces (comme il y a des drogues douces), ne cesse de reconstruire les paradis dont il est chassé. Peut-être désire-t-il aussi justifier le plaisir qu'il sait prendre à la vie? Quant au lecteur, qui croit avoir flâné à la paresseuse, il découvre à la dernière page qu'un homme et sa vie lui ont été livrés - énigmatiques, comme il se doit.
Elles ne font courir aucun risque mortel à ceux qui les cultivent. Elles aident même à vivre, à revivre. Les passions modérées vont du chocolat au meccano, du goût pour l'anecdote à la danse et aux faits divers, mais il en est aussi de plus nobles, comme la Méditerranée, Alger, les maisons, l'art ou la lecture, lorsqu'elles s'accommodent du butoir de la raison. Sisyphe croyant obstinément au Bonheur, l'auteur, avec le secours de ses passions douces (comme il y a des drogues douces), ne cesse de reconstruire les paradis dont il est chassé. Peut-être désire-t-il aussi justifier le plaisir qu'il sait prendre à la vie ? Quant au lecteur, qui croit avoir flâné à la paresseuse, il découvre à la dernière page qu'un homme et sa vie lui ont été livrés - énigmatiques, comme il se doit.
On a toujours prétendu que le coup de foudre n'existait pas en amitié. C'est pourtant ce qu'Antoine et Jean-Charles, au sortir de leur enfance, auront connu. Rencontre capitale. Amitié profonde et réfléchie qui a su résister à toutes les épreuves, y compris, celle d'ordinaire fatale, d'une rivalité amoureuse. Etudiante admirée, convoitée, Belle, à l'époque, a choisi Jean-Charles. Antoine a surmonté sa souffrance, convaincu de s'être effacé devant un grand amour. Les turbulences auraient-elles des vertus thérapeutiques plus grandes que le recueillement ? Antoine sort de son été, prêt à reprendre le cours de ses désirs. Sans se douter du rôle dévastateur que va jouer Lili, la fille de Jean-Charles et de Belle. Une nouveau chapitre va s'écrire, en contrepoint, peut-être, du premier. Un charme, un bonheur constants. De la cruauté, de la dérision, mais aussi une infinie tendresse. Rien ne se passe comme prévu, mais on peut penser que tout aurait pu l'être. L'amitié connaît des complications aussi grandes que l'amour.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.