« Si l'on ne peut pas dire aujourd'hui, à l'occasion du centième anniversaire de sa mort, que J. P. Hebel est un auteur méconnu, s'il est superflu d'en recommander la lecture, c'est bien plutôt dû à son propore mérite qu'à la place que la postérité lui a consentie. Sa souveraine modestie, posthume également, ne saurait s'y conformer et a masqué, un siècle durant, le fait que le Florilège de l'Ami de la famille des bords du Rhin était l'un des plus purs joyaux de la prose allemande. Mais si un tel jugement peut paraître neuf ou même paradoxal, c'est la faute à cette postérité du dix-neuvième siècle qui, munie de son épouvantable supériorité intellectuelle, s'est désintéressée de ce joyau pour le laisser aux paysans et aux enfants sous le motif que des écrivains s'adressant à un public populaire sont toujours moins importants que le moindre de ces poètes poétisant tout seul dans son coin. Davantage encore quand ces auteurs s'enracinent dans le dialecte. Et il est certes vrai qu'il y a de quoi s'interroger quand butés sur leur propre suffisance, ils se jactent d'être plus authentiques sur la scène littéraire nationale et qu'ils se retranchent dans leur petit monde à eux. Imprégné d'humanisme du siècle des Lumières, Hebel était préservé de ces tentations. Rien de plus éloigné du provincialisme littéraire étroit que le cosmopolitisme affiché des lieux qu'il prend pour décors. Moscou et Amsterdam, Jérusalem et Milan forment l'horizon d'une terre où trouvent naturellement leur place Segringen, Brassenheim, Tuttlingen. C'est de cette manière ingénue et sans façon que procède la culture populaire : elle raconte l'exotique, le monstrueux avec la même sympathie et sur le même ton que ce qui concerne sa propre maisonnée. » Walter Benjamin
Nombre de pages
319
Date de parution
17/06/2022
Poids
300g
Largeur
140mm
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EAN
9782842424862
Titre
L’Ami des bords du Rhin
Auteur
Hebel Johann Peter ; Gillmann Bernard
Editeur
CIRCE
Largeur
140
Poids
300
Date de parution
20220617
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319,00 €
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Enfin un plaisir de lecture sans soucis ! Le problème des livres linguistiques habituels :chercher des mots sans arrêt !Comme les textes sont traduits dans l'ensemble,la relation entre les mots manque. Quel mot va avec lequel ?Ce livre apporte la solution :Le texte allemand apparaît dans la ligne principale (en gras) ;la traduction française est notée directement sous chaque mot,sur une ligne intermédiaire insérée."Zwei linke Hände haben" signifiant "être maladroit"sera traduit ici littéralement par "deux gauches mains avoir".Soit le lecteur sait ce que cela signifie,sinon, un encart explicatif apparaît.Comprendre immédiatement, ne plus essayer de devineret en plus avoir un aperçu de la langue allemande.Apprendre la grammaire inconsciemment !www.holder-augsburg-zweisprachig.de - Super pratique !
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.