Jules-Yoël Geller a vingt ans lorsqu'il est interné à Pithiviers. Il fait partie des plus jeunes parmi les 1700 Juifs détenus du camp. Commence alors une correspondance entre lui et ses parents d'une part, et sa soeur Judith et son jeune frère Marcel de l'autre : une trentaine de lettres, rédigées entre mai 1941 et juin 1942, pieusement gardées et restituées par sa soeur. Sur un ton badin et enjoué, le jeune homme se raconte à travers la vie du camp. On entre dans sa correspondance familiale comme par effraction, et on le suit pas à pas, avec l'espoir fou qu'il s'en sortira. On a envie de lui crier de partir, de s'évader, de ne pas faire confiance au préfet, au commandant et au gendarme "qui sont plutôt bienveillants." Car nous connaissons la fin de l'histoire... Cette correspondance de l'intime est suivie des dernières lettres d'une trentaine d'internés sur le point de partir vers l'inconnu. Ces dernières lettres sont celles d'hommes ordinaires, tous étrangers (deux sont français), la plupart polonais, arrivés en France dans les années 1930, et maîtrisant mal la langue française. Souvent engagés volontaires, la rafle dite du billet vert les a "cueillis", à peine démobilisés. Tel fut le cadeau de la France reconnaissante à leur égard. Plus que des tombeaux de papier, cet ouvrage sauve de l'oubli les noms de ces internés, pères, frères et fils, en redonnant corps à leur humanité.
Nombre de pages
152
Date de parution
04/02/2025
Poids
187g
Largeur
140mm
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EAN
9782304056556
Titre
Nous partirons tête haute. Lettres d'un jeune homme depuis le camp de Pithiviers (1941-1942) suivies
Au lendemain de la guerre, les organisations juives se retrouvent face au désarroi de nombreux orphelins, fils et filles de déportés juifs, la plupart d'origine étrangère. Diverses associations, actives depuis l'entre-deux guerres, mettent en place des structures afin de les recueillir, de leur donner une éducation et une formation pratique, de leur offrir une émancipation. On comptera environ 50 de ces maisons d'accueil pour environ 3000 orphelins. C'est l'histoire de ces maisons de l'espoir, très différentes selon leur idéologie (des traditionalistes aux socialistes révolutionnaires) et de ces enfants, que Katy Hazan se propose de raconter. ?uvre de vie, ces maisons furent un formidable défi à la Shoah : défi relevé dans le souci de ne pas laisser ces enfants aux soins de l'Assistance publique, défi humain contre la mort, utopie créatrice et positive dans un après-guerre plus que morose. Par leur existence, ces collectivités posent une question, fil conducteur de ce travail : que signifie être juif après la Shoah, à une époque où le modèle intégrateur républicain reprend toute sa place, sinon sa légitimité, tout en affirmant fermer la parenthèse malheureuse de Vichy ? Dans ce travail original, Katy Hazan allie la rigueur de l'historienne à un travail de mémoire et de " proximité " d'une grande densité émotionnelle. Etudiant les conditions d'émergence de ces maisons de l'espoir, elle a réuni, en recoupant des informations éparpillées et lacunaires, une centaine de témoignages, sous forme d'entretiens : ils permettent de rendre compte, de manière extrêmement vivante, de ces lieux de vie, avec leurs ambiguïtés, leurs échecs, leurs réussites.
Entre novembre 1939 et novembre 1943, le château de Chabannes, situé dans la Creuse, accueille une colonie d'enfants juifs âgés de 5 à 17 ans. Enfants d'étrangers, notamment de Juifs allemands, ils ont connu pour la plupart l'exil et la séparation d'avec leurs parents. C'est l'OSE, l'Oeuvre de secours aux enfants, une organisation juive de sauvetage d'enfants qui les prend en charge. En 1941, à l'occasion des deux ans d'existence de la maison, l'équipe de la colonie met en place un projet pédagogique : la rédaction d'un journal. Ce journal, illustré par des dessins, des lettres, des chansons, des poèmes et des photographies, raconte la vie quotidienne du château à travers plusieurs voix, celle du directeur, Félix Chevrier, des éducateurs et des enfants, qui se répondent et qui se cherchent. Il sera tenu jusqu'en mai 1942. Courte période, mais intense parenthèse, qui dans la chronologie de la guerre correspond à un moment de répit pour les Juifs de la zone libre. Les récits de chacun sont en effet remplis d'espoir et de joie de vivre. Ce fut "un temps lumineux", écrira même une éducatrice. C'est ce contraste entre ce que nous lisons et ce que nous savons de la tragédie de cette guerre qui fait de ce document un témoignage exceptionnel et d'une grande valeur historique. Ce livre contient la retranscription du journal dans son intégralité et il est accompagné d'une analyse historique détaillée. Il nous raconte à travers des histoires intimes et des faits concrets (les difficultés administratives, l'absence des parents, l'accueil des enfants par la population rurale, les rafles) tout un pan de l'histoire de la Shoah en France.
En 1945,à la libération du camp de Buchenwald, plus d 'un millier de jeunes Juifs âgés de huit à vingt-quatre ans attendent que l 'on statue sur leur sort. Quatre cent vingt-six garçons, originaires des pays d 'Europe centrale et orientale arrivent en France,pris en charge par l 'OSE (oeuvre de Secours aux Enfants). Etre enfant dans un ghetto, avoir connu les camps de travail forcé et pour certains les marches de la mort depuis Auschwitz-Birkenau, c 'est cette part de leur vie chaque fois singulière que 15 anciens de Buchenwald, déportés pour certains à l 'âge de quatre ans, ont accepté de partager avec nous. Ces parcours croisés sont présentés à partir des témoignages audiovisuels, enrichis de documents personnels et des documents d 'archives conservés par l'OSE.
Quel fut le rôle de l'Assistance publique vis-à-vis des enfants juifs, pendant et après l'Occupation ? Une psychologue-clinicienne et une historienne tentent de répondre à cette question, chacune avec son regard particulier. Par une lecture complémentaire, elles mettent en lumière le parcours d'enfants juifs confiés à l'Assistance publique pendant la guerre, à partir de la consultation de près de 300 dossiers d'enfants, jamais ouverts jusqu'alors. Après avoir présenté cette institution et le contexte du vécu des enfants juifs, les deux auteurs exposent quatorze itinéraires d'enfants ou de fratries. Elles se penchent sur leur parcours de vie, et mettent en évidence la grande difficulté des parents à récupérer leurs enfants à la Libération, ainsi que la façon dont l'Assistance publique a oeuvré à la désaffiliation parfois radicale des enfants... Un authentique travail de mémoire, sur un sujet peu étudié à ce jour. Cet ouvrage est nécessaire pour réfléchir en profondeur, en tant que citoyens, au développement des enfants et aux devoirs qui sont les nôtres à leur égard. Cette étude met également en lumière les principes de fonctionnement d'une institution dont l'Aide sociale à l'enfance est le dispositif héritier.
Avec Plume de Femme, une écriture en effervescence, Oumou nous raconte la modernité conjuguée à la philosophie et à la littérature orale. Elle évoque également la condition de l'homme de son époque, de son temps face à un monde gangrené par les crises, qu'elles soient financières, humaines ou sociales. Ce livre salvateur fait de chaque lecteur un citoyen susceptible d'agir en toute conscience dans le monde contemporain.