Jeté malgré lui dans la politique par l'oppression de son pays, Václav Hävel n'a cessé de réfléchir, depuis plus de vingt ans, à la nature de cette oppression et d'en dénoncer les effets. L'intérêt de ces essais vient avant tout de la qualité des analyses et de la profondeur de la réflexion. La « Lettre ouverte à G. Husak » est un véritable « J'accuse » contre la dictature communiste ; l'adresse à un congrès pacifiste ou le discours à l'université de Toulouse sont l'occasion de réflexions plus générales ; « Le pouvoir des sans-pouvoir » est une méditation sur la signification de la « dissidence ». L'unité de contenu est cependant réelle, car Havel s'adresse à trois sortes d'interlocuteurs.Aux responsables de la dictature communiste en Tchécoslovaquie, il dit ceci : « Derrière une apparence de normalisation ", vous avez installé le règne de la peur, du mensonge et de la corruption à tous les niveaux. Vous assurez la ruine du pays en étouffant la création et en voulant, à terme, abolir toute mémoire collective, toute vie sociale autonome pour régner sur un peuple anesthésié et une société désintégrée. Cela, nous le refusons. »Havel appelle en conséquence ses concitoyens à revendiquer les droits de la conscience morale individuelle, à refuser le mensonge, à restaurer la responsabilité personnelle et la parole publique. Tel est le sens du combat pour les droits de l'homme et celui de la Charte 77. L'intégrité individuelle et le maintien de l'identité collective sont à ce prix.C'est aussi à nous, Occidentaux, que s'adresse Havel. Il nous aide à connaître la réalité de la situation de son pays. Il démontre les risques, vus de l'Est, de nos ignorances et de nos naïvetés (un certain pacifisme). Il nous fait comprendre le prix de la dissidence sans se réduire à celle-ci. On trouvera ici les éléments d'une réflexion plus générale sur le monde et la société modernes. C'est pourquoi ce livre d'un homme emprisonné à quatre reprises nous invite à prendre conscience des conditions de la liberté.Né en 1936 à Prague. Václav Havel est un auteur dramatique de renommée internationale. Ses pièces, jouées dans le monde entier, sont interdites en Tchécoslovaquie. Porte-parole à deux reprises de la Charte 77, Václav Havel a passé en tout cinq ans en prison depuis 1977.Né en 1923, Jan Vladislav, essayiste et poète d'origine tchèque, a été à Prague jusqu'en 1981 l'animateur d'une collection éditée clandestinement. Installé en France, il a enseigné à l'Ecole des hautes études en sciences sociales jusqu'en 1988. Un ouvrage consacré à Václav Havel et préparé sous sa direction a été publié à Londres en 1987 (Václav Havel or Living in Truth, Faber and Faber)."
Nombre de pages
266
Date de parution
01/04/1994
Poids
324g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782702118276
Titre
Essais politiques
Auteur
Havel Vaclav
Editeur
CALMANN-LEVY
Largeur
140
Poids
324
Date de parution
19940401
Nombre de pages
266,00 €
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De la dissidence à la présidence, Vàclav Havel n'a jamais cessé d'être un écrivain et un philosophe. Ces derniers textes écrits de sa main nous font entendre l'accent d'une voix prophétique. C'est à partir de son expérience de chef d'Etat et de prix Nobel de la paix confronté à la montée des nationalismes et à la chute du communisme, avec en mémoire les années de prison et d'interdiction de parole, que Vàclav Havel réfléchit sur cette fin de millénaire. " N'oublions pas de penser l'Etre ", insiste-t-il dans les pages magnifiques qu'il nous livre ici : le message spirituel d'un grand humaniste. Traduit du tchèque par Barbara Faure.
Le Rapport dont vous êtes l'objet : Le décor est planté dans une « Administration » composée de deux types de fonctionnaires : ceux qui tissent la toile d'araignée et ceux qui s'y prennent. Josef Gross comprend bien tard ce qui se trame. Il est destitué. Mais finit par retrouver son poste et accepte de collaborer avec ses ennemis, espérant sauver ce qui peut l'être? (durée : 1 heure et 45 minutes ? 10 hommes / 3 femmes) La Chemise de nylon : Catalina est paralysée et vit dans une chambre misérable avec son mari Rafael, poète raté qui croit que l'inspiration tient à sa chemise en fil. Elle lui ordonne de se changer et d'enfiler sa chemise de nylon. Il ne l'entend pas ainsi? (durée : 50 minutes ? 3 hommes / 1 femme)
Václav Havel fait son apparition sur la scène de la vie publique tchèque au cours des années soixante. Il travaille dans un petit théâtre pragois, Na Zábradlí, qui est devenu l'un des symboles de l'atmosphère fiévreuse de ces années, l'un des centres de l'avant-garde de l'époque. Là il écrit deux pièces sans lesquelles on ne pourrait se représenter les années soixante en Bohême : La fête en plein air et La notification. Ces pièces sont un développement très original et irremplaçable de ce qu'on appelle le "théâtre de l'absurde" : si le théâtre de Ionesco est une critique de la langue, le régime totalitaire a créé une telle parodie du langage que lorsque Havel pratiqua cette critique générale de la langue, cela devint d'emblée une démystification des relations sociales concrètes. Les trois pièces en un acte publiées dans ce recueil sont écrites dix ans plus tard, à l'époque où Havel, après l'invasion russe, a été chassé du théâtre. Plus réalistes que son oeuvre précédente, elles témoignent d'un autre moment de la vie de l'auteur et de ses conditions de résistance.
Léopold Kopriva, philosophe et universitaire, vit cloîtré chez lui, à guetter le moment où " ils " viendront pour l'emmener " là-bas ". Il boit, se bourre de médicaments, se sent malade, n'arrive pas à écrire. Sa compagne Zuzana le rabroue, son ami Olbram lui reproche d'avoir changé, deux ouvriers viennent le voir pour l'exhorter à " agir ", Lucy se jette à sa tête en lui promettant de le sauver par l'amour. C'est alors qu'" ils " arrivent, chargés d'une proposition : le livre de Léopold qui n'a pas plus aux autorités, il lui suffira de déclarer qu'il a été écrit pas un autre pour bénéficier d'un non-lieu. Léopold demande à réfléchir : peut-il, pour sauver sa peau, prétendre qu'il n'est pas lui ? Mais n'est-il pas déjà devenu un autre, puisqu'il reprend à son compte les reproches qu'on lui fait ? Et c'est au moment où il décide de sortir de son angoisse en jouant les héros pour retrouver enfin une identité que le piège diabolique se referme : pour cette fois, les autorités ont décidé de le laisser libre, tout en laissant suspendue au-dessus de sa tête l'épée de Damoclès. C'est avec un sens affiné des ressorts dramatiques que Vaclav Havel a construit sa machine infernale, où la satire vise non seulement le système, mais le fondement même de la communication entre les êtres.
Peut-on encore être européen ? Trop de scandales, comme l’embauche de José Manuel Durão Barroso, l’ancien président de la Commission, par la banque d’affaires Goldman Sachs. Trop de compromissions, comme l’élection de Jean-Claude Juncker à la tête de l’exécutif européen, lui qui a transformé son pays, le Luxembourg, en paradis fiscal. Trop d’échecs, de l’économie au contrôle des frontières extérieures en passant par le social ou la défense. Trop de libéralisme débridé. Et trop peu de démocratie.Il est facile de dresser un acte d’accusation implacable contre l’Union en dissimulant la responsabilité des gouvernements nationaux dans ces dérives. Les salauds de l’Europe, ce sont à la fois les États, les maîtres de l’Union, qui ont trahi le rêve des pères fondateurs, et les démagogues qui essayent de faire croire qu’un retour vers le passé résoudrait tous les problèmes. Il est temps de redire ce que l’Union nous a apporté à l’heure où elle n’a jamais paru aussi fragile, menacée de l’extérieur par la Russie de Poutine et les États-Unis de Trump, et de l’intérieur par le Brexit et la montée des partis extrémistes.Dans ce livre percutant, l’un des meilleurs spécialistes de l’Europe reprend un à un les arguments de ses opposants en démêlant le vrai du faux et rappelle que la construction communautaire, aussi perfectible soit-elle, reste la dernière utopie pacifiste d’une planète au bord de l’abîme.
Arendt Hannah ; Fradier Georges ; Ricoeur Paul ; A
Comment l'humanité, qui était au sommet du progrès technique, a-t-elle pu se laisser happer par la barbarie totalitaire et finir par y sombrer ? Telle est la question de Condition de l'homme moderne. Cette faillite est la conséquence de l'oubli par l'homme moderne d'un monde de valeurs partagées et discutées en commun avec autrui, dès lors qu'il n'a plus envisagé les choses qu'au travers du prisme de leur utilité pour son bonheur privé. Indifférent aux autres, l'homme moderne ne forme plus avec eux qu'une foule d'individus sans lien véritable et sans défense contre la voracité des dictateurs et des leaders providentiels. Seule une " revalorisation de l'action ", nous dit Arendt, cette intervention consciente avec et en direction d'autrui, permettra à l'homme moderne d'échapper aux dangers qui pèsent toujours sur sa condition.
Quand le crime conspire contre l'innocence à Rouen au temps de Corneille. Rouen, 1632. Simon del Prado, jeune maître confiseur, est choisi par les édiles de la ville pour composer la création sucrée qui sera offerte au roi Louis XIII à l'occasion de sa visite prochaine en Normandie. Cette consécration ne manque pas d'exciter la jalousie d'Adrien de Mèchefeux, négociant influent, qui voit d'un mauvais oeil l'amitié que porte à Simon le premier échevin, dont il convoite la fille, Adeline. Simon n'a pas le temps de fêter son succès qu'il découvre que la cargaison de sucre en provenance du Nouveau Monde sur laquelle il comptait a été mystérieusement saccagée à son arrivée au port. Pour pouvoir exécuter sa commande, il lui faut s'approvisionner chez son ancien maître d'apprentissage, Salvador, un juif converti ayant fui les persécutions en Espagne, et qu'une cabale a relégué loin de Rouen. Démarche funeste, car elle va précipiter Simon, lui-même un converso, dans les griffes de l'Inquisition...
Normandie, terre de guerrières Vers 1115. Guillaume Capra, baron anglo-normand inconsolable de n'avoir pas eu un héritier mâle, a élevé sa fille Sibylle comme un chevalier. Celle-ci épouse Robert Burdet, petit seigneur de Normandie, et s'engage à ses côtés lorsqu'il part en Espagne pour participer à la croisade de Reconquête contre les Maures. Intrépide, avec la foi pour étendard, Sibylle est aux avant-postes. Elle entreprend même de former au combat les femmes des colons qui se sont joints à l'expédition. Mais Robert, bientôt élevé au rang de prince de Tarragone en récompense de ses exploits, cède au vertige de la gloire et de la richesse. N'ayant pour seul soutien que son fidèle Galtier, un orphelin, compagnon de son enfance, Sibylle va devoir lutter contre l'orgueil démesuré de son époux et les intrigues d'Agnès, sa concubine. Laquelle des deux femmes l'emportera ? La jeune guerrière ou la courtisane ? Car il ne peut y avoir deux princesses de Tarragone !