Plusieurs articles de ce numéro interrogent les causes et les conditions d'expression de la souffrance en milieu agricole. Mise en scène par les médias, la belle vie des agriculteurs cache mal une certaine désespérance. Le numéro présente l'étrange myopie des analyses ayant trait à la souffrance au travail, qui peinent à intégrer l'espace rural dans leurs champs d'investigation. Pourquoi, donc, ce groupe professionnel qui semble payer un si lourd tribut en termes de suicides n'occupe-t-il pas une place plus large dans les réflexions qui, à l'heure actuelle, portent sur l'impact psychologique du travail ? Comment expliquer le passage à l'acte au-delà du seul facteur économique ? Ce varia revient sur la genèse des comportements suicidaires et privilégie des approches psychologiques et sociologiques, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives à la compréhension de ce phénomène. Il envisage également la reconnaissance du statut des femmes dans la profession agricole. Un article propose une pérégrination sur les sessions savantes itinérantes dans les municipalités rurales de Flandre maritime, dont on découvre la signification proprement politique. Un autre article s'intéresse aux conditions climatiques et agraires qui ont favorisé le développement de l'Empire songhaï du Bilad al-Sudan occidental. Un dernier article, enfin, examine les institutions monétaires des royautés sacrées des hauts plateaux du Cameroun de l'Ouest.
Nombre de pages
177
Date de parution
21/08/2014
Poids
444g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713224348
Titre
Etudes rurales N° 193 : Souffrances paysannes
Auteur
Hautcoeur Pierre-Cyrille
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
444
Date de parution
20140821
Nombre de pages
177,00 €
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Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.