Plusieurs articles de ce numéro interrogent les causes et les conditions d'expression de la souffrance en milieu agricole. Mise en scène par les médias, la belle vie des agriculteurs cache mal une certaine désespérance. Le numéro présente l'étrange myopie des analyses ayant trait à la souffrance au travail, qui peinent à intégrer l'espace rural dans leurs champs d'investigation. Pourquoi, donc, ce groupe professionnel qui semble payer un si lourd tribut en termes de suicides n'occupe-t-il pas une place plus large dans les réflexions qui, à l'heure actuelle, portent sur l'impact psychologique du travail ? Comment expliquer le passage à l'acte au-delà du seul facteur économique ? Ce varia revient sur la genèse des comportements suicidaires et privilégie des approches psychologiques et sociologiques, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives à la compréhension de ce phénomène. Il envisage également la reconnaissance du statut des femmes dans la profession agricole. Un article propose une pérégrination sur les sessions savantes itinérantes dans les municipalités rurales de Flandre maritime, dont on découvre la signification proprement politique. Un autre article s'intéresse aux conditions climatiques et agraires qui ont favorisé le développement de l'Empire songhaï du Bilad al-Sudan occidental. Un dernier article, enfin, examine les institutions monétaires des royautés sacrées des hauts plateaux du Cameroun de l'Ouest.
Nombre de pages
177
Date de parution
21/08/2014
Poids
444g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713224348
Titre
Etudes rurales N° 193 : Souffrances paysannes
Auteur
Hautcoeur Pierre-Cyrille
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
444
Date de parution
20140821
Nombre de pages
177,00 €
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L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.