Longtemps " le marché " a été le lieu public et visible des activités marchandes. Mais avec le développement du commerce, il devint invisible et abstrait. Se forme alors une grande confusion moderne : où le marché est pensé à la fois comme un équilibre naturel et comme un idéal utopique des échanges. Ce livre, issu d'un colloque de Cerisy, invite à rejeter les équivoques et les mythologies du " marché " car elles masquent la réalité et les mutations des activités marchandes. Explorations toujours incertaines du désir et du social, ces activités n'ont pas de " loi naturelle " et ne peuvent s'autoréguler. Elles ne survivent que par l'exercice de compétences et de techniques et grâce à l'intervention de prescripteurs et de pouvoirs adaptés. L'extension surprenante du commerce tient donc avant tout au travail d'étayage que les sociétés modernes ont apporté aux activités marchandes. Et, ce travail est aujourd'hui d'autant plus nécessaire que les révolutions techniques de l'information et du commerce sur la Toile, celles des services et du développement durable, bouleversent les logiques classiques de la valeur, de la transparence et de la confiance. La crise économique récente a apporté une démonstration indéniable à ces propositions. Et cet ouvrage montre comment, hors des équivoques de la notion de marché, les chercheurs de plusieurs disciplines (Economie, Gestion, Histoire, Sociologie) étudient désormais les instruments et les dispositifs réels des activités marchandes, seule garantie scientifique pour soutenir leur développement ou déjouer leurs crises.
Nombre de pages
385
Date de parution
03/06/2010
Poids
801g
Largeur
160mm
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EAN
9782911256219
Titre
L'activité marchande sans le marché ? Colloque de Cerisy
Raison créatrice" et "mission solidaire" sont devenues indispensables pour agir ensemble dans l'inconnu. A travers ses textes extraits des colloques de Cerisy, Armand Hatchuel éclaire ces deux notions et leurs apports pour inventer des futurs désirables attentifs aux justices sociale et écologique. La "raison créatrice" est mieux adaptée que la rationalité économiciste à ces ruptures. La responsabilisation des entreprises exige de repenser les notions de marché et de société anonyme, à l'instar de la "société à mission" inscrite dans la loi française. Pour mieux affronter les crises de la modernité, la vocation de Cerisy n'a jamais été aussi précieuse.
Alors que les architectes, designers, ergonomes, ingénieurs, paysagistes ou urbanistes, présentent souvent leurs travaux sous les angles du savoir technique, du génie inventif ou du talent artistique, cet ouvrage s'efforce de restaurer une approche universelle des activités de conception (l'art et l'invention en présentant des cas extrêmes) comme processus volontaire et sélectif de création qui, en son sein même, inclut le surgissement du nouveau. À la raison critique, il adjoint la raison conceptrice, qui invite à penser l'inconnu, à susciter la surprise et l'inattendu, en s'efforçant de leur donner un sens et une forme adaptés aux valeurs contemporaines. Il aborde ainsi les activités de conception comme efforts collectifs destinés à créer des objets, des techniques ou des systèmes sociaux inédits au coeur de l'action politique et sociale, dans la perspective de penser et de faire advenir des mondes souhaitables. Pour nourrir le débat public, il éclaire les grandes mutations historiques de la conception, examine les débats philosophiques et scientifiques que soulèvent les activités qui en relèvent et explore les enjeux sociaux, entrepreneuriaux et démocratiques associés à ses nouveaux régimes. Bref, il engage une réflexion interdisciplinaire, interprofessionnelle et prospective qui connaît aujourd'hui un grand retentissement.
Les sciences de gestion sont les plus jeunes des sciences humaines. Elles souffrent encore d'un déficit d'image car elles ont eu tendance à se définir par leur champ professionnel ou en empruntant leurs concepts (et leurs crises) à l'économie, à la sociologie ou à la psychologie. Cet ouvrage adopte la perspective inverse : il propose de nouvelles fondations pour les sciences du management. Les spécificités et l'universalité du projet des sciences de gestion sont dégagées au-delà des formes historiques de ces disciplines. Les avancées les plus récentes éclairent désormais un parcours scientifique original et permettent une relecture des sources traditionnelles. Théorie de l'action collective, institutions du management, épistémologie des pratiques et des systèmes de légitimité, validité des concepts, relation à l'action et à la décision, place de l'intervention dans la démarche de recherche : les problèmes fondamentaux sont passés en revue, des solutions sont apportées. Au terme de ce travail, les sciences de gestion disposent d'un coeur théorique spécifique qui leur permet d'occuper une place inédite parmi les sciences sociales. Ce livre intéressera directement les doctorants en sciences de gestion et les enseignants-chercheurs. Mais mieux que les livres de management qui promettent le succès, cet ouvrage plongera les managers et les consultants dans ce qui a toujours été l'essence même de leur métier : construire et renouveler collectivement des systèmes d'action efficaces.
...Le livre passionnera ceux qui veulent savoir comment se fait une découverte et la nature des efforts parfois inouïs cachés derrière la communication impersonnelle qui annonce un résultat important dans une revue scientifique. Il réveillera l'émotion de ceux qui eurent à se préoccuper de la qualité des soudures, ou de la sécurité de cet instrument qui pouvait aussi devenir une bombe redoutable. Il rend hommage à ceux qui ont une part souvent ignorée aux grandes découvertes. " Georges Charpak
Ce livre est le fruit de 20 ans d'aventure scientifique vécue par une équipe de passionnés. Il débute avec le bouillonnement d'idées qui fut à l'origine des choix scientifiques du CEMEF. Puis chacun des axes de recherche est illustré par les chercheurs du centre, par des anciens passés dans l'industrie, ou bien par des spécialistes extérieurs qui ont tenu ainsi à manifester leur amitié. Sont passées en revue la modélisation et la simulation numérique des opérations de formage (fonderie, forgeage), puis la rhéologie des polymères. Sont abordés ensuite les aspects microstructuraux : endommagement des matériaux hétérogènes, problèmes d'échelle (relations micro/macro) et de cristallisation des polymères. Enfin, vient la tribologie de la mise en forme, c'est-à-dire l'art de gérer au mieux les contacts entre outil et produit (en laminage et en emboutissage). Une occasion exceptionnelle de survoler en 300 pages l'état actuel d'une recherche multidisciplinaire dans le domaine de la mise en forme des matériaux.
L'étude du travail des designers prend place dans une interrogation générale qui vise le travail de construction nécessaire pour que la situation de marché apparaisse. Les designers, obligés de réaliser physiquement l'objet et d'anticiper sur un marché futur, sont particulièrement intéressants pour qui veut comprendre les mécanismes complexes de l'incorporation de la demande dans les produits. Le design est pris dans des définitions divergentes. Mais les designers partagent une définition commune de leur travail : celle d'une articulation entre l'usager et l'objet. C'est à ce titre qu'ils sont étudiés, comme sociologues de l'usage. Trois équipes de designers industriels, choisies pour la complémentarité de leur conception du design et de leur cadre de travail ont été suivies. L'étude de leurs pratiques, de leurs modes d'organisation et des techniques de représentation utilisées a dégagé les modalités possibles d'une anticipation de l'usage. Par opposition au marketing, les designers sont soumis à une contrainte pressante : leur tâche de " réalisation " de l'objet souligne tout ce que l'objet comporte d'indéterminé par rapport à un cahier des charges idéal portant les desiderata de la demande. Cette indétermination impose la nécessaire condensation de ses dimensions esthétiques, techniques, fonctionnelles, marchandes. C'est ce moment indécis où l'objet prend forme, qui refait surgir des esquisses la pluralité des solutions possibles, et l'indétermination structurelle de l'offre par rapport à la demande.