Guerres et sociétés. Etats et violence après la Guerre froide
Hassner Pierre ; Marchal Roland
KARTHALA
31,01 €
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EAN :9782845863927
Comment penser la guerre dans la période inaugurée en 1989 par la fin de la Guerre froide et l'expansion de la globalisation ? Faut-il y voir, avant la mobilisation contre le terrorisme qui suit le 11 septembre 2001, une scorie de la mondialisation libérale ? Ou, au contraire, la marque d'un désordre international pérenne, même si ses formes peuvent être plus ou moins nouvelles ? Quels en sont les effets sur la construction (ou la décomposition) de l'Etat, qu'ébranlent déjà certaines manifestations de la globalisation ? Bref, comment faire la part, dans la guerre et ses effets, du local et du global ... Pour répondre à ces interrogations ce livre propose une réflexion sur quelques dimensions essentielles des conflits armés après 1989. Etat et globalisation suivent des cheminements tantôt parallèles tantôt confondus. Néanmoins, il est difficile d'établir une coupure radicale entre les formes des conflits qui précèdent ou suivent la dissolution des blocs. La prise en considération de la place de la guerre et de la violence dans certaines sociétés politiques comme celles des Etats-Unis, de l'Allemagne, d'Israël ou de la Russie débouche sur un double questionnement. D'une part, quant aux transformations sociales que la guerre induit, sans néanmoins qu'il s'agisse de faire de la violence l'accoucheuse de l'Histoire. D'autre part, sur la façon dont les conflits armés ont trait à la crise ou au contraire à la formation de l'Etat. Enfin, les mutations du système international après 1989 fournissent une dernière matière à réflexion, concernant notamment l'usage des sanctions, le rôle du droit et l'intervention d'acteurs non étatiques.
Nombre de pages
615
Date de parution
01/11/2003
Poids
660g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782845863927
Auteur
Hassner Pierre ; Marchal Roland
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20031101
Nombre de pages
615,00 €
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Les relations internationales intriguent l'observateur, intéressent le citoyen, interpellent voire inquiètent le décideur. Dans un monde multipolaire et caractérisé par la diversité des acteurs, les dynamiques transnationales pèsent de plus en plus sur les diplomaties, tandis que les processus classiques de la guerre ou de la paix se transforment face à l'extrême sophistication des technologies. Alors que les conflits entre Etats sont moins fréquents, les guerres civiles aux conséquences régionales et globales majeures se multiplient. Dotée de nombreuses cartes et d'une chronologie détaillée reprenant les grands événements depuis 1945, cette nouvelle édition entièrement actualisée répond, par la diversité des contributions et de ses auteurs, tant aux besoins des étudiants que de tout lecteur cherchant à comprendre les grands enjeux des évolutions internationales. Chaque volume de la collection des "Notices" fait appel aux meilleurs spécialistes pour offrir un tour complet et documenté d'un grand domaine de l'action publique.
Nous sommes profondément imprégnés par l'idée que la modernité réside dans la canalisation des passions par la raison, soit par la prise en compte de normes universelles, soit par la composition d'intérêts bien compris. Leur résurgence dans les conflits contemporains, avec son cortège d'extrêmes violences, nous apprend qu'il n'en est rien. A l'heure où la mondialisation met en question la cohérence de l'Etat national, où les armes, notamment atomiques, changent la nature de la guerre, les conflits interétatiques cèdent le pas aux guerres civiles, au terrorisme et à la montée de la violence sociale. Ce déchaînement des passions est-il à l'origine des bouleversements actuels, ou en sont-ils la cause ? Pour saisir les dynamiques de notre monde complexe et mouvant, il nous faut reprendre à nouveaux frais l'analyse de la guerre et de la paix et, avec elle, toutes nos catégories de la philosophie politique. Nous comprendrons ainsi quel rôle jouent les passions, leur circulation, leur interaction, leur équilibre et déséquilibre, non seulement dans le déclenchement des conflits mais aussi dans leur possible dépassement. C'est tout le problème du politique que de penser la coexistence possible entre citoyens, alliés et adversaires à l'intérieur d'un ordre global commun.
Ce livre est un effort pour penser, à l'aube du XXIème siècle, ce qui a fait souvent, hélas, l'actualité historique du XXème siècle : les guerres, le totalitarisme, les nationalismes, l'expérience de la paix vouée à l'échec, la violence persistante après la chute du nazisme et du communisme et la fin de la guerre froide. Ce siècle a oscillé continuellement, pour le meilleur parfois, pour le pire la plupart du temps, entre recherche de l'identité et désir de l'universel. Pierre Hassner montre les liens dialectiques qui relient tous ces thèmes, leur interdépendance, qui rend si difficile le discernement des individus et la décision des politiques. Les guerres et la violence, mais aussi la paix ont changé de nature. Nous n'avons pas à être nécessairement pessimistes, mais, comme le dit Paul Valéry, "nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles", que nous sommes meurtrières, que nous pouvons être suicidaires, faudrait-il ajouter. Civilisation ou barbarie au XXIème siècle ? La réponse dépendra de notre capacité de secourir les victimes, de secouer l'ignorance et l'indifférence d'un Occident satisfait.
L'époque qui s'ouvre avec le 11 septembre pourrait combiner la brutalité et le primat de la puissance, qui caractérisaient la guerre froide, avec la fluidité, les incertitudes et les ambiguïtés de l'après-guerre froide. Des trois combinaisons historiques, celle de la division et de la dissuasion (guerre froide), celle de la guerre civile et de l'intervention internationale (les années 1990), celle de la terreur et de l'empire (l'après-11 septembre 2001), la dernière est sans doute la plus instable et, peut-être, la plus dangereuse. Le précédent tome de La Violence et la Paix retraçait le basculement du monde bipolaire dans l'ère de l'après-guerre froide. La Terreur et l'Empire prolonge cette réflexion et donne la mesure des mutations actuelles en proposant un double éclairage. Le premier revient sur la scène tragique des évènements et les logiques de ses acteurs (sociétés, Etats, systèmes inter- ou supranationaux). Le second introduit le lecteur dans les débats intellectuels contemporains (de Fukuyama à Kagan) et dans un dialogue avec les grands philosophes (de Thucydide à Nietzsche en passant par Hobbes et Kant). Ce double éclairage permet de comprendre le glissement de la "dialectique du bourgeois et du barbare" vers une véritable "géopolitique des passions".
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.