Extrait Avant-propos LES MAMMIFÈRES DE MA VIE Pour présenter mon livre, le plus simple et le plus court m'a paru de passer aux aveux. Né rue Cuvier à Nîmes, dès l'enfance, mon avenir était tracé. C'est du moins ce que j'aimais raconter aux étudiants naïfs qui me demandaient comment j'étais devenu paléontologue. J'ajoutais, pour mieux convaincre, qu'à peine avais-je su lire que j'avais consulté le Larousse familial pour y chercher des précisions sur cette célébrité qui venait au secours du facteur et lui permettait de garnir notre boîte à lettres. Feuilles d'impôts et factures provoquaient l'ire de mon père, mais les cartes postales et petits mots de nos taties de Marseille déclenchaient dans la famille de grandes rigolades, car elles empruntaient sans vergogne à Marcel Pagnol ou Paul Arène. J'aurais sans doute longtemps continué à conter cette légende, et même l'aurais enjolivée, si un jour un impertinent ne s'était étonné qu'aucun de mes frères et soeur, ni aucun des gamins du voisinage, n'ait emprunté la même voie. Sentencieux, il ajouta que l'on exagérait souvent l'importance du milieu géographique sur le devenir des espèces. Je dois l'avouer aujourd'hui : ce n'est pas un juvénile élan qui m'a fait devenir paléomammalogiste. Et aussi loin que je me souvienne, jamais au grand jamais, je n'ai envisagé gagner ma vie grâce aux fossiles. Trois étapes marquent mon parcours vers la carrière de paléontologue : une scolarité ordinaire, un choix décisif à 18 ans et une heureuse rencontre quelques années plus tard. À l'école, puis au lycée, mon seul souci fut longtemps de me marrer avec les copains, tout en restant le plus discret possible afin de ne me faire remarquer ni par les pions, ni par les professeurs. Jusqu'à ce jour de l'été de 1956 où j'atteignis l'âge de raison et devins un homme mûr en quelques minutes. J'avais collé à la session de juin du baccalauréat et étais condamné aux cours par correspondance pour préparer, avec quelque chance de réussite, la deuxième session de cet examen charnière. De temps en temps, avec quelques copains, entre deux dissertations ou exercices de maths, nous enfourchions nos vélos pour aller nous rafraîchir les idées dans le Gardon, distant de quelques kilomètres. Empruntant la route d'Uzès, après la dure côte de Calvas, nous traversions le camp des Garrigues, réservé aux exercices des militaires du coin, avant de plonger vers la vallée et le pont Saint-Nicolas. En ce jour de fin août, au détour de la route qui traverse le camp, d'ordinaire bien calme, s'est offert à nos yeux tout un remue-ménage de jeeps, camions, blindés de tous types, dont on masquait la couleur kaki bariolée sous une bonne couche de peinture jaune sable. Et un de mes copains de lâcher : «On va aller casser la gueule à Nasser.» Dans l'instant, je compris que mes 18 ans ne me mettraient pas longtemps à l'abri du programme que nous concoctaient Guy Mollet et sa bande de guerriers en pantoufles. Deux oncles avaient connu Verdun; mon père avait été mobilisé en 1939; mes frères étaient l'un en Algérie, l'autre au Maroc. Ce serait bientôt mon tour. Il me fallait absolument réussir le bac, faire une préparation militaire pour obtenir un sursis d'incorporation et espérer qu'entre-temps tous ces projets guerriers d'Égypte et d'Algérie avorteraient. (...)
Sommes-nous dépendants de nos hormones ? Comme fonctionne notre machinerie hormonale ? Quels en sont les pièces et les rouages ? Sommes-nous sans ressources face à ses ratés ? Et que penser de ses relations avec notre psychisme ?
Défendre l'environnement revient-il à défendre notre bonheur? Quelques pays ouvrent la voie ? Costa Rica, Bhoutan ? avec des programmes de développement novateurs. Il n'empêche, le tableau reste sombre: l'homme est déjà sévèrement séparé de la nature et il existe un clivage immense entre pays riches et pays pauvres. Les conséquences de ce double constat: émergence de nouvelles maladies ainsi que de nouvelles sources d'insécurité pourraient en être les premiers symptômes. Cet ouvrage offre une synthèse claire, remarquablement documentée, de l'interaction entre le bonheur humain et l'environnement. Il témoigne de l'importance pour l'homme des satisfactions émotionnelles et spirituelles qu'il éprouve au travers de l'expérience de son appartenance au monde naturel.
En 10 chapitres, ce documentaire graphiquement innovant, aux illustrations simples (pictogrammes/infographie), propose l'essentiel à savoir sur le temps : la pluie, la neige, le vent, les nuages, les orages, les saisons, mais aussi le climat, le cycle de l'eau, ou encore les prévisions météo. Le tout complété par un glossaire et une activité à réaliser. Un documentaire idéal pour les enfants avec des textes simples et des illustrations claires.
Résumé : "Notre produit, c'est le doute." Les lobbies industriels (industrie du tabac, de l'énergie, du pétrole...) ont, à coup de milliards de dollars, élaboré une stratégie destinée à éviter toute réglementation de santé publique ou environnementale qui aurait pu nuire à leurs intérêts. Une stratégie toute simple, qui a consisté à nier en bloc les preuves scientifiques de la dangerosité du tabac, du DDT, de la réalité du trou de la couche d'ozone, des atteintes environnementales des pluies acides... Discréditer la science et les scientifiques, semer la confusion : grâce à l'aide d'un petit groupe d'"experts indépendants" et de médias naïfs ou complaisants, cette stratégie a fonctionné et fonctionne toujours. Pour preuve : le réchauffement climatique ? l'enjeu le plus important pour la planète et ses habitants ? continue, en dépit des innombrables travaux menés à son sujet, en dépit de ses effets qui commencent à se faire sentir, d'être taxé de... gigantesque supercherie. Enquête aussi implacable qu'incroyable, ce quasi thriller témoigne de l'importance des faits scientifiques dans le débat public, et conduit à s'interroger sur la vulnérabilité de la société mondiale ? la tactique, rodée outre-Atlantique, s'exportant bien ? face aux "marchands de doute".
Biographie de l'auteur Stephen Jay GouldProfesseur à l'université Harvard, il y enseigne la géologie, la biologie et l'histoire des sciences. L'un des maîtres de la théorie moderne de l'évolution, il est l'auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation.
La théorie de l'évolution met en jeu un stimulant paradoxe : c'est justement l'évolution (de notre cerveau) qui explique les résistances à cette idée. Ainsi, les difficultés que nous éprouvons à "croire" la théorie darwinienne de l'évolution s'expliquent elles-mêmes par ladite théorie, et en constituent finalement une éclatante illustration. De fait, et plus généralement, la résistance aux théories scientifiques qui, par essence, vont à l'encontre de la pensée commune, a de profondes racines dans l'évolution même de notre psychisme. Comme l'écrit l'auteur : "II existe des forces qui dévoient notre sens critique, qui gondolent notre objectivité, qui écaillent le beau vernis de notre cognition quand il est question des principes darwiniens. Ces forces ne sont pas à chercher dans une quelconque cabale, elles n'appartiennent à aucune coterie ni société secrète, elles sont dans notre tête, implantées là pour la simple raison que des milliers de générations en ont tiré avantage pour survivre. Ces fossiles de l'histoire de notre psyché, ce sont les biais cognitifs. Ils sont nos ennemis les plus redoutables dans la compréhension de la nature, mais ils représentent aussi la trace la plus intime, la plus troublante, des mécanismes de l'évolution de notre lignée." Cette défense et illustration de la théorie de l'évolution, rédigée en termes très simples et directs, agrémentée par des illustrations humoristiques, et mettant à profit les sciences humaines, offre une critique systématique et radicale des arguments antiévolutionnistes.
a biodiversité est aujourd'hui l'un des maîtres-mots de tout discours environnemental. Après une trentaine d'années de diffusion du terme, un examen attentif fait pourtant apparaître que son succès médiatique s'est accompagné d'un affaiblissement de sa validité scientifique. Ont surgi nombre d'arguments qui s'éloignent des faits avérés ou des analyses sérieuses, conduisant ainsi à un catastrophisme ambiant mal fondé. Alain Pavé, dont la compétence scientifique dans le domaine est incontestée, propose une analyse critique novatrice et bienvenue, riche d'exemples concrets souvent surprenants, de l'escargot de Quimper à l'ours pas toujours blanc. Loin de prendre le simple contre-pied des idées reçues et d'ouvrir la voie à un quelconque écoscepticisme, l'auteur montre que la prise en compte des réelles menaces qui pèsent sur le vivant demande une compréhension beaucoup plus fine de sa diversité et des mécanismes, évolutifs en particulier, qui la gouvernent et où l'aléatoire joue un rôle déterminant. Il s'agit ici rien moins que de proposer une refondation du concept de biodiversité, à la mesure de son importance et de l'intérêt qu'on doit y porter. La pensée écologique ne pourra que profiter de ce changement de perspective.
Dans la nature, la tricherie et la tromperie sont monnaies courantes. Les animaux et les plantes imitent fréquemment d'autres espèces, pour se défendre, se protéger, attirer des proies ou séduire un partenaire. Les coucous pondent un oeuf attirant (parce que plus gros que ceux de l'hôte) dans le nid d'une autre espèce, des papillons inoffensifs arborent les mêmes motifs que des insectes toxiques pour échapper à leurs prédateurs, des mâles se " déguisent " en femelles pour devancer leurs rivaux à l'accouplement. Les végétaux ne sont pas en reste : certaines orchidées diffusent les mêmes phéromones que des insectes femelles afin d'attirer les mâles qui les polliniseront, tandis que les plantes carnivores déploient les pièges adaptés (colorés ou odoriférants) pour capturer les insectes dont elles se nourrissent... Martin Stevens décrit ces adaptations remarquables, explique leur évolution et détaille leur perfectionnement dans le cadre d'une lutte permanente entre proie et prédateur ou entre hôte et parasite. S'appuyant sur un large éventail d'exemples, il montre que la mystification est l'un des moteurs essentiels de l'évolution et de l'adaptation. Rédigé de façon claire et intelligente, cet ouvrage se situe à l'intersection entre le conte populaire et la publication scientifique, il amusera autant les amateurs que les naturalistes.