Dans un petit village de l'Egypte profonde qui vient de perdre son maire, l'auteur scrute la psychologie et l'histoire individuelles de quelques personnages : le tavernier qui a choisi son métier parce qu'il ne peut supporter la vie sans voir les gens dans leur vérité et que seul l'alcool fait tomber les voiles ; le boucher et sa triste histoire d'amour avec sa cousine, à lui promise, mais qui s'enfuit avec le clown d'un cirque itinérant, puis lui revient avec deux enfants sur les bras ; le nain dispendieux, marié à une femme riche qui, lassée des largesses de son époux, finit par provoquer sa propre ruine en distribuant sa fortune aux miséreux ; le mari de la boiteuse, éternel révolté, chassé du Caire et réfugié à la campagne où il s'avoue " chômeur heureux " ; le violoniste adonné sans concession à la musique et désespoir de son père. Tous se retrouvent chaque soir à la taverne qui les ravit au monde et à leur foyer. Mais voici que le fils du maire défunt, depuis longtemps retenu à la capitale par de vénérables études, revient au village et entreprend de réformer de fond en comble cette petite société. En commençant par obtenir du conseil de village la fermeture de la taverne... Par son style, mais surtout par sa forme, ce roman constitue sans doute l'?uvre la plus singulière de Haqqi. Il reste en tout cas sans équivalent dans la littérature arabe moderne.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au- delà des souvenirs et des espoirs, l'écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes. Chronique amoureuse d'une ville où la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l'esprit, de l'amour et du politique, "Une mémoire pour l'oubli" recueille les fragments d'un passé éclaté et témoigne de l'inévitable travail du deuil et de l'oubli.