Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le livre et que vous n'avez jamais osé demander, tel pourrait être le sous-titre du présent ouvrage, qui dresse, avec humour et érudition, la liste des questions plus ou moins sérieuses qui préoccupent tout lecteur : Faut-il ranger vos livres et ceux de votre conjoint dans une seule bibliothèque ou faut-il au contraire garder des étagères séparées ? Que faire des livres dont nous devons nous séparer faute de place ? La lecture aux toilettes est-elle féminine ou masculine, ou universelle ? Comment voyager avec ses livres sans déclencher de douloureux lumbagos ? Pourquoi la donation des Tables de la Loi constitue-t-elle le premier événement éditorial de l'Histoire ? Doit-on prêter ses livres ? Y a-t-il une position qui permet de lire confortablement au lit ? Quelle est la différence entre un auteur et un éditeur ?En une soixantaine de brefs billets d'humour, Michael Handelzalts aborde ainsi tous les aspects ou presque de la vie du livre. Drôle et érudit à la fois, Histoires d'en lire s'adresse à tous ceux qui, de près ou de loin, partagent ce besoin ancestral et très humain d'entendre ou de raconter des histoires.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
A partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.