Pourquoi la galanterie s'est-elle développée en France? D'autres sociétés (comme la Chine ou le Japon) ont élaboré une politesse complexe, la France est la seule nation qui a étendu au sexe faible les règles de la civilité. Pourquoi cette inclusion des femmes? C'est au XVIIe siècle que cette mutation s'est produite, quand l'idéal du galant homme s'est superposé à la figure de l'honnête homme. Dans le monde qui croyait à la galanterie, les femmes furent réellement plus libres de leurs mouvements, de leurs fréquentations, de leur conduite. Ce changement s'accompagna de leur influence croissante dans la vie culturelle et politique. Louis XIV joua personnellement un rôle dans l'établissement des nouveaux usages. Quel intérêt politique y trouvait-il)? Pourquoi la monarchie absolutiste a-t-elle éprouvé le besoin de célébrer conjointement la prééminence du féminin et le triomphe de l'amour? Ces questions ne sont pas inspirées par la pure curiosité historique: la mixité d'Ancien Régime est un étrange miroir de la mixité contemporaine. Elle montre ce qui n'est plus. Or la solution française avait pour elle un mérite: celui de promouvoir une mixité érotisée. C'est pourquoi, aujourd'hui, la galanterie ouvre une tierce voie. Elle s'oppose à la relégation des femmes, que veulent propager les islamistes radicaux. Elle s'oppose non moins à la désérotisation qu'impose la "société des individus", comme si la disparition du féminin devait être la rançon de l'entrée des femmes dans la vie publique ou professionnelle. En effet, les sociétés démocratiques, parce qu'elles font de la différence des sexes une question purement privée, tendent à assourdir le thème érotique, à l'effacer du monde commun, et la désérotisation des individus va de pair avec la santé de l'industrie pornographique. Proscrit, invisible et, pire encore, démodé, le thème galant n'a pourtant pas entièrement disparu. Du compliment à la plaisanterie légère, il continue de hanter la mixité moderne.
Nombre de pages
443
Date de parution
19/10/2006
Poids
440g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070779628
Titre
Galanterie française
Auteur
Habib Claude
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
440
Date de parution
20061019
Nombre de pages
443,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le phénomène "trans" est en expansion. En nombre croissant, des enfants et des adolescents expriment ce qui était naguère inexprimable, inaudible, insensé : la conviction d'être nés dans le mauvais corps. A la surprise des praticiens, les filles sont à présent majoritaires dans la demande de transition. Ce sont les tenants et aboutissants de ce phénomène émergent qu'interroge Claude Habib. Elle ne prétend pas en donner une interprétation, elle s'efforce d'en circonscrire le mystère, en examinant, sans polémique ni complaisance, les innombrables questions, tant théoriques que pratiques, qu'il soulève. Comment l'identité de genre est-elle devenue une affaire de choix personnel ? A quelle source rapporter le projet de se recréer qui supplante, chez beaucoup de jeunes, l'acceptation du donné ? Pourquoi la difficulté de supporter la condition sexuée, autrefois invisible, surgit-elle au grand jour ? Peut-on reconnaître à des enfants la capacité de juger de leur futur destin social ? Faut-il autoriser la participation des transgenres aux compétitions sportives féminines ? Une question et des questions qui n'ont pas fini de nourrir le débat public et d'alimenter la réflexion.
Biographie de l'auteur Professeur de l'université Sorbonne nouvelle, Claude Habib a publié entre autres Galanterie française (Gallimard, 2006), Le Consentement amoureux, Rousseau, les femmes et la cité (Hachette littérature, 1998 ; Pluriel, 2001).
Ce précis de l'attachement qui évoque la vie à deux se place à contre-courant de ce que la société moderne professe Claude : Habib défend avec humour et conviction les qualités de l'ennui et le principe de durée qui lui seul permet une familiarité et une intimité réelles dans une vie partagée avec quelqu'un.
Née au XVIIe siècle, la tolérance est devenue notre vertu centrale, au point de se confondre avec la démocratie. Mais ses conditions d'exercice ont changé : le schisme protestant mettait au défi de faire coexister des versions différentes du christianisme. Notre situation est tout autre. Les revendications de droits subjectifs, d'une part, et les migrations, d'autre part, ont bouleversé les thèmes, puis l'exercice de cette vertu : nous devons accepter les orientations sexuelles les plus diverses tout en accueillant les croyances et les moeurs de populations d'origines variées.Le basculement d'une partie des opinions en Europe et aux États-Unis indique que la tolérance n'est pas acquise. Elle exige de chacun un effort permanent pour surmonter ses propres aversions. Détachée des aversions, la tolérance est creuse. Dégagées de la tolérance, les aversions peuvent devenir criminelles. Il faut donc penser ensemble ces deux notions. C'est au jugement politique et moral qu'il incombe de réviser nos manières de vivre, voire de réprouver certaines coutumes. Car tolérer, ce n'est pas pérenniser les appartenances. C'est empêcher l'humiliation de l'homme par l'homme.Claude Habib est une ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses. Elle a enseigné la littérature du XVIIIe siècle à l'université Charles-de-Gaulle à Lille, puis à la Sorbonne-Nouvelle, où elle a dirigé le Centre Rousseau. Elle a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels: Le Consentement amoureux. Rousseau, les femmes et la cité (1997); Galanterie française (2006) ; Un Sauveur (roman, 2008) ; Le Goût de la vie commune (2014) ; Deux ou trois nouvelles du Diable (roman, 2016).
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.