Extrait Extrait de l'avant-propos L'histoire qui suit - récit composé de paragraphes de journal intime, de papiers et d'éléments d'une saga familiale qui, ensemble, deviennent La Grande Musique - est parvenue à ma connaissance il y a plusieurs années quand je travaillais à une fiction courte située dans les Highlands d'Écosse. Tandis que j'imaginais des canevas et des personnages pour ce projet, pensais à telle personne, puis à telle autre, décidais de l'endroit où elles pourraient vivre, préparais leur cadre de vie, m'arriva un dossier - plusieurs dossiers, à vrai dire, chapitres ou sections distincts réunis par des trombones ou agrafés en liasses, dont certains étaient dans l'ordre narratif, d'autres pas - qui semblait contenir la totalité du monde que je m'employais à imaginer, me le livrant comme une chose déjà existante. Plus j'avançais dans la lecture de ces pages, plus je m'interrogeais sur leur provenance et leur sens. Les sections faisaient-elles partie d'un même journal intime ? Elles en donnaient l'impression, pour la majorité d'entre elles, comme le lecteur sera amené à le voir, ayant toute la qualité personnelle d'un journal intime, la dimension directe et urgente de ce qui a besoin d'être dit. Pourtant d'autres sections du dossier évoquaient plutôt des transcriptions, ou des notes pour des histoires, ou des histoires achevées, pour quelques-unes. Il paraissait de prime abord impossible d'agencer les strates de pages afin d'apporter une certaine structure à l'ensemble. Puis, lorsque je commençai de déplacer les papiers, les rangeant et les organisant de différentes façons, je vis qu'en fait l'idée du piobaireachd était déterminante pour charpenter le contenu global. Là, de cette manière, j'ai trouvé La Grande Musique - car c'est ce que signifie piobaireachd, comme expliqué précédemment dans la définition. Et en trouvant un titre, ainsi niché dans le millefeuille de ces pages qui étaient en ma possession, eh bien, je réussis à trouver une forme pour quelque chose qui pouvait être... Quoi ? Moins une histoire qu'un lieu, un monde. Quelque chose que pouvait renfermer un livre susceptible de se lire tantôt comme un récit, tantôt comme une histoire ou même un rêve. Cette forme est la forme du piobaireachd lui-même : un concerto, un morceau de musique fait de mouvements séparés qui prennent une idée et l'amplifient, alors que les mouvements eux-mêmes progressent vers une conclusion -qui, selon les règles de la composition, revient pour finir à l'idée originelle, au moment de simplicité absolue qu'était l'esquisse des quelques premières notes. Mon organisation de ce qui suit, par conséquent, n'est qu'une proposition sur ce modèle - proposition d'une forme - bien qu'il y ait ici des pages montrant que cette même forme était aussi intentionnelle. Les notations et références qui apparaissent dans le texte sont de ma main, et indiquent des points de lecture complémentaire susceptibles d'intéresser ceux qui veulent explorer davantage le monde de ce livre, son histoire, sa musique et son sentiment du lieu. Il n'est cependant pas du tout impératif de se reporter aux appendices et à la documentation disponibles au cours de la lecture. Considérez plutôt ces pages supplémentaires comme un paysage situé derrière vous, une vue par une fenêtre ou au-delà d'une porte ouverte - un lieu à explorer seulement si vous désirez y aller. En outre, j'ai inclus dans cette section distincte une série de papiers tirés du dossier cartonné d'origine : des manuscrits, des documents relatifs à l'histoire de la Maison grise, des notes et des éléments de divers journaux qu'ont peut-être utilisés John Callum Sutherland et ses ancêtres - y compris un fragment de la composition inachevée Lamento pour lui-même.
Une mère, encore jeune, meurt d'une overdose. A moins que ce ne soit d'avoir été abandonnée par l'homme de sa vie. A moins que ce ne soit de l'avoir trop aimé jusque dans la déchéance. Pour se libérer des fantômes du passé, pour commencer à vivre sa propre vie, sa petite fille, devenue femme, empruntera le même itinéraire: abandon, destruction, drogue... Comme s'il fallait - pour l'exorciser - reproduire la geste maternelle. Douloureuse et délicate, bercée de rêves sensuels et de contes cruels, haletante parfois, murmurante souvent, cette Histoire aux yeux pâles parue deux ans après Pluie confirme le talent de cette jeune romancière."
Après Pluie et Histoire aux yeux pâles, deux romans intimistes racontés à la première personne, Kirsty Gunn explore de plus vastes territoires littéraires et humains. En donnant tour à tour la parole à divers personnages, aussi bien féminins que masculins, jeunes et vieux, citadins et ruraux, charnels et spirituels, elle compose un superbe chant choral d'une richesse harmonique stupéfiante. La délicatesse des images, la splendeur lumineuse des descriptions, l'omniprésence poétique du paysage, la force incantatoire du rythme narratif confèrent au style de Kirsty Gunn un onirisme incontestable.Traduisant à merveille les tourments intérieurs des personnages, cette magie du style sert avec maestria une intrigue envoûtante dont la puissance va crescendo jusqu'à sa résolution finale. A travers le portrait en clair-obscur de cette ville où la plus grande bonté peut cohabiter avec la plus grands violence, Kirsty nous offre un portrait du genre humain, un portrait certes nuancé mais non dénué d'optimiste: sans mièvrerie ni religiosité, le dénouement du livre, habilement mené, sembler indiquer qu'au bout du compte, par le pouvoir de l'amour qui imprègne toute chose, la rédemption est possible.
Apogée d'un travail poétique puissant, ce recueil dévoile les inspirations, les obsessions et la vision du monde de Patti Smith, artiste aussi sensible qu'engagée. Sa prose incantatoire est imprégnée des influences qui l'accompagnent depuis toujours : Rimbaud, Picasso, Woolf, Blake? En rappelant qu'il existe des raisons de se soulever contre la peur et la folie qui s'abattent sur nos sociétés, ces poèmes sonnent comme des oracles des temps modernes.« Patti Smith confirme son talent singulier et ce style inimitable. »Le Monde des livres« Un joyau caché? Parmi ses meilleurs. »Library JournalÉdition bilingue augmentée de poèmes inédits.4e de couverture : Apogée d'un travail poétique puissant, ce recueil dévoile les inspirations, les obsessions et la vision du monde de Patti Smith, artiste aussi sensible qu'engagée. Sa prose incantatoire est imprégnée des influences qui l'accompagnent depuis toujours : Rimbaud, Picasso, Woolf, Blake? En rappelant qu'il existe des raisons de se soulever contre la peur et la folie qui s'abattent sur nos sociétés, ces poèmes sonnent comme des oracles des temps modernes.« Patti Smith confirme son talent singulier et ce style inimitable. »Le Monde des livres« Un joyau caché? Parmi ses meilleurs. »Library JournalÉdition bilingue augmentée de poèmes inédits.Notes Biographiques : Artiste engagée, Patti Smith, née à Chicago en 1946, s'installe à New York en 1967. Habituée des clubs punk et rock du moment, elle crée le Patti Smith Group, dont le premier single paraît en 1974. Admiratrice des textes d'Arthur Rimbaud, autrice de poèmes et de récits dont Just Kids, elle reçoit la médaille de commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres en 2005.
Dans l'appartement en dessous de Bob et Constance, qui s'aiment malgré une maladie vénérienne les obligeant à se réfugier dans la pratique d'un jeu pervers qui ne tardera pas à avoir des conséquences irrémédiables sur leur relation, John et Patricia sont les propriétaires fortuits de Willard et ses trophées de bowling - Willard, un oiseau de papier mâché créé par un sculpteur particulièrement inspiré. Ces trophées ont autrefois été gagnés par puis volés aux frères Logan, trois sportifs médiocres, dépourvus d'intelligence, qui se mettent alors en tête de ratisser les Etats-Unis afin de récupérer leur dû. Ils arrivent, grâce à un appel téléphonique anonyme, jusqu'à l'immeuble où habitent les deux couples.
Tolkien John Ronald Reuel ; Laferrière Christine ;
La Légende de Sigurd et Gudrún, nous donne, pour la première fois, directement accès à l'imaginaire nordique de J.R.R. Tolkien. Deux grands poèmes (le Nouveau Lai des Völsung et le Nouveau Lai de Gudrún) écrits au début des années 1930, racontent dans le style caractéristique de l'auteur du Seigneur des Anneaux les légendes nordiques de l'Ancienne Edda, les combats de Sigurd, la mort du dragon Fáfnir, l'histoire tragique de Gudrún et de ses frères, tués par la malédiction de l'or d'Andvari. Illustrés par des vignettes en noir et blanc, ces magnifiques poèmes (qu'introduit une présentation des légendes du Nord par l'écrivain lui-même) montrent ce qu'a retenu Tolkien de la mythologie scandinave pour le reprendre à son tour, dans Le Seigneur des Anneaux et dans Les Enfants de Húrin.
Noël approche sur la côte norvégienne. Mais pour Asle, une ombre plane sur les festivités car son ami et homonyme, peintre lui aussi, est à l'hôpital dans un état préoccupant, dévasté par l'alcoolisme. Lors d'une ultime promenade en bateau, Asle se laisse envahir par les souvenirs qui jalonnent sa vie et celle de son double : le grand amour qui confine à l'absolu, la mort de l'être aimé, l'aspiration à embrasser la foi et la résolution à se consacrer tout entier à son art, mais aussi la dépendance et la solitude. Après L'autre nom et Je est un autre, Jon Fosse - Prix Nobel de littérature 2023 - met un point final magistral à Septologie, son chef-d'oeuvre romanesque.
1803, Caroline du Sud. Fille d'une riche famille de Charleston, Sarah Grimké aspire dès le plus jeune âge à accomplir de grandes choses. Lorsque, pour ses onze ans, sa mère lui offre la petite Handful comme esclave personnelle, Sarah se dresse contre ce système inhumain. Entre les fillettes naît alors une véritable amitié, qui grandit au fil des années. Guidée par ses idéaux mais surtout par son affection pour Handful, Sarah n'abandonnera jamais l'espoir d'affranchir son amie. Superbe ode à la liberté et au courage, L'Invention des ailes dépeint les destins entrecroisés de deux personnages inoubliables, à la force de caractère incroyable, unis par le même profond désir d'indépendance.
Après de premiers échanges d'une cordialité toute bourgeoise, deux voisines en viennent à se livrer une véritable guerre (chantage, insultes, incitation au divorce?) pour une histoire de lambris que l'une veut repeindre dans le hall de l'immeuble et l'autre pas. L'une d'elles finira par disparaître dans de mystérieuses conditions. Une nouvelle recrue d'un club de lecture est reçue par sa présidente qui lui en présente les membres, une à une. A mesure qu'elle raconte leurs goûts littéraires (gore, romance coquine) ainsi que leurs histoires intimes (insémination de l'une, morts suspectes des maris successifs de l'autre), elle distille son venin... Voici quelques exemples tirés de ces douze nouvelles empreintes d'un humour féroce. Des portraits cruels de femmes toutes plus névrosées les unes que les autres, qui sont aussi les révélateurs d'une société américaine aisée, qui tient à tout prix à se montrer sous son masque de perfection. Helen Ellis fait éclater les apparences et décrit la solitude de ces femmes au foyer, mais aussi le pouvoir qu'elles ont sur leur petit royaume ? leur appartement, leur club de lecture, leur immeuble, leur mari ?, allant parfois jusqu'à la pulsion criminelle? Une satire de notre époque qui contraint au bonheur et à sa représentation en toute circonstance.
Le passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé." (William Faulkner)Voici trente ans que Billie James n'a pas remis les pieds dans le Mississippi. Un sacré tempérament, quelques dollars en poche et son chien Rufus au bout de sa laisse, elle débarque à Greendale et s'installe dans une bicoque décrépite où vécut autrefois son père. Ce dernier, poète noir de renom, est mort de manière accidentelle alors que Billie n'avait que quatre ans. La petite fille était présente au moment du drame, mais n'en a conservé aucun souvenir.Alors que les voisins font preuve d'un comportement étrange, que des rumeurs circulent, laissant soupçonner une tout autre vérité quant à la mort du père de Billie, celle-ci mène son enquête, aidée par son oncle et un drôle d'olibrius universitaire. Ensemble, ils vont exhumer de lourds secrets, dévoilant peu à peu l'histoire de ses origines mais aussi, en toile de fond, celle d'un pays marqué par les blessures toujours à vif de la ségrégation.Campé dans le décor à la fois somptueux et inquiétant du Sud profond, le premier roman de Chanelle Benz fourbit les armes du polar pour nous raconter ce qu'a été - et ce qu'est encore - l'Amérique tourmentée par les spectres les plus sombres de son Histoire.Traduit de l'anglais par David FauquembergChanelle Benz, britannique et antiguaise d'origine, vit et enseigne aujourd'hui à Memphis, dans le Tennessee. Elle est diplômée de l'université de Syracuse, où elle a eu pour mentor l'écrivain George Saunders, qui a salué en elle " une nouvelle voix sidérante de la fiction américaine ", et a également étudié l'art dramatique à l'université de Boston. Après un virtuose premier recueil de nouvelles, Dans la grande violence de la joie (Seuil, 2018), elle signe avec Rien dans la nuit que des fantômes son premier roman.
Avant de s'engager dans l'armée iranienne pour combattre l'ennemi irakien, Amir Yamini était un playboy, qui passait le plus clair de son temps à séduire les femmes et exaspérer sa très pieuse famille. Cinq ans plus tard, sa mère et sa soeur le retrouvent, amputé de son bras gauche, dans un hôpital psychiatrique pour soldats traumatisés. Quasi amnésique, Amir est hanté par la vision d'une mystérieuse femme sans visage, au front orné d'un croissant de lune. De retour à Téhéran, le fils prodigue est tour à tour salué comme un martyr de la Révolution islamique et confiné dans sa chambre comme un fou dangereux. Avec la complicité de sa soeur, il s'évade en escaladant le mur de leur jardin et repart sur le champ de bataille à la recherche de celle qu'il surnomme « Front de lune », accompagné dans ce périple au fil de la mémoire par deux scribes perchés sur ses épaules - l'ange de la vertu et l'ange du péché - qui consignent depuis toujours son histoire. Avec cette épopée amoureuse, guerrière et poétique d'une inventivité exubérante, porteuse d'un regard subtil sur la société iranienne contemporaine et empreinte d'une sensualité tout droit héritée de la grande tradition des contes persans, le grand romancier iranien Shahriar Mandanipour signe une oeuvre forte, envoûtante et pleine d'humanité.