On imagine mal, aujourd'hui, quel vacarme fit, dans la vie littéraire des « années folles » chacune des apparitions de Paul Morand. II était beau, il était jeune, il avait épousé une princesse gréco-roumaine et richissime, et les femmes l'adoraient. Diplomate, il sillonnait le monde, rapportant des images plein ses valises, et son style crépitait d'étincelles. On enviait ses cravates, ses voitures grand sport et les tirages mirifiques d'Ouvert fa nuit, de Fermé la nuit, de Rien que la terre. Le rythme de sa vie comme celui de ses livres s'accordait à la frénésie d'une Europe qui dansait sa joie de survivre aux sons de la musique nègre. Les« hussards », après la guerre, lui offrirent sa seconde chance en reconnaissant cet « anarchiste de droite » pour leur maître en écriture. A l'heure où pontifiaient les brasseurs de théories, Morand persistait dans une littérature du plaisir, hommage aux couleurs de la vie et à l'amour qui lui est dû. Après avoir été ultra-moderne, il devenait, sans l'avoir cherché, sans avoir beaucoup changé, un classique. Milady, Parfaite de Saligny, Fouquet et Venises en témoignent, apportant confirmation à ce jugement de Barrès, en 1922 : « Et jamais embêtant! » Ginette Guitard-Autiste a connu Paul Morand en 1953 par l'intermédiaire de Jacques Chardonne, dont elle venait de publier la biographie. Elle est restée, jusqu'à leur mort, l'amie des deux écrivains. En 1956, elle publie un premier essai sur Paul Morand, puis établit, en 1971, pour le Paul Morand de Marcel Schneider, la première bibliographie de l'auteur d'Hécate et ses chiens ; enfin, elle présente et annote, en 1978, un choix de Lettres de Paul Marond à des amis et à quelques autres. Depuis 1951, Ginette Guitard-Autiste est critique littéraire à la radio et dans plusieurs journaux, dont le Monde.
Nombre de pages
440
Date de parution
01/03/1981
Poids
602g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782010065026
Titre
Paul Morand. 1888-1976, légende et vérités
Auteur
Guitard-Auviste Ginette
Editeur
HACHETTE LITT.
Largeur
152
Poids
602
Date de parution
19810301
Nombre de pages
440,00 €
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Un homme plein de passion et de désordre qui ne parle que de raison. " Ces mots, extraits de Vivre à Madère, un des plus grands succès de Jacques Chardonne (1884-1968), pourraient définir la personnalité de leur auteur. De L'Epithalame, son premier roman paru en 1921, qui lui vaudra une étiquette qu'il n'aimait pas de " romancier du couple ", aux Destinées sentimentales ou encore au Bonheur de Barbezieux, chronique des amitiés provinciales, Jacques Chardonne s'est attaché à décrire, tout en nuances et en demi-teintes, la complexité des sentiments, la difficulté du bonheur à deux. Les essais et recueils de pensées qui suivront, parmi lesquels L'amour, c'est beaucoup plus que l'amour, Matinales ou Demi-jour participent de cette même volonté et dénotent une sagesse résignée. Mêlant naturellement la réflexion du moraliste à l'analyse du psychologue, la pureté et la fluidité du style s'accordant à la profondeur de la pensée, Jacques Chardonne laissera s'exprimer à travers ses nombreux ouvrages une personnalité contradictoire et conflictuelle, partagée entre une brûlante angoisse et l'?uvre sereine à laquelle elle aboutit. Ecrivain, critique littéraire, Ginette Guitard-Auviste a été la première biographe de Jacques Chardonne. Entièrement remise à jour, cette biographie est fondée sur les archives familiales et personnelles nourries par Chardonne lui-même, une importante correspondance et des notes secrètes que l'auteur a confiées à sa biographe. Autant de documents jusqu'alors inédits qui permettent à Ginette Guitard-Auviste de saisir l'ambivalence d'un homme et d'un écrivain que Paul Morand considérait sans doute à juste titre comme " le plus excentrique des classiques ".
Qui est Fouad Chouki? Aux côtés de Bob Tahri et de Mehdi Baala, Fouad Chouki a écrit parmi les plus belles pages du demi-fond français. D'ailleurs, murmurent les spécialistes, il ne serait pas le moins doué des trois. Pourtant à l'adolescence, entre dérives et tentations légitimes, Chouki trébuche et refuse les contraintes qu'exige la vie monacale d'un athlète de haut niveau. Après deux ans d'errements, il reprend une nouvelle fois le chemin de l'entraînement et s'offre un retour de premier plan qui le conduit jusqu'à la finale du 1 500 mètres des championnats du monde à Saint-Denis en août 2003. Sa course en enfer! Car, entre-temps, il a cédé aux sirènes du dopage... Pour la première fois un athlète international raconte comment il est amené, comme beaucoup de ses rivaux, à franchir la ligne jaune. Un choix qui mettra fin à ses rêves de champion et va complètement bouleverser sa vie. Car c'est dans l'obscurité d'une cellule de prison qu'il vivra les jeux Olympiques de Pékin, où son talent aurait pu lui permettre de monter sur le podium.
Au tréfonds de l'être, une plaie suinte, que maintiennent à vif maintes de ces questions auxquelles il n'est jamais facile de fournir une réponse : vivre, le faut-il ? Et ce mot, vivre, comment le comprendre ? Quelles significations lui attribuer ? Et que doit-on faire de sa vie ? Quel sens lui donner, ou en recevoir ? Et il semble rigoureusement indispensable de se connaître, cet être que je suis, quel est-il ? Dois-je le subir dans tout ce qu'il est ? Ou bien puis-je le transformer ? Mais alors dans quel but, quelle intention ? Vais-je savoir brûler ce qui m'encombre, désenfouir mon noyau, ne garder en moi que ce qui procède de l'élémentaire, l'originel ? Et cet autrui dont je viens de vérifier à quel point il est mon semblable, vais-je savoir le rejoindre ? Et si je cède à ce désir de me connaître, comment dissoudre l'angoisse qu'il suscite ... Comment vaincre la peur de la vie ? La peur de la mort ? ... Mais quand ces questions le taraudent, l'être n'est pas à même de se les formuler. Elles ne sont tout d'abord qu'un malaise, un désarroi, une lancinante sensation d'exil, l'âpre nostalgie de ce que l'on ne saurait nommer, une infranchissable solitude. Et c'est à son insu que l'être se trouve progressivement engagé dans une aventure dont il ne soupçonne ni en quoi elle réside, ni où elle est susceptible de le mener. Les notes rassemblées dans ce Journal sont les traces laissées par un homme embarqué dans une telle aventure, et qui, des années plus tard, devra s'avouer qu'en se scrutant la plume à la main, il n'a fait qu'obéir à un urgent besoin de se révéler à soi-même, se clarifier, s'unifier, à l'impérieuse nécessité d'accéder à la liberté, la connaissance, une ineffable lumière. Dans ce premier volume, et parce que toute descente en soi est une descente aux enfers, on le découvre aux prises avec l'ennui, le dégoût, la peur, le marasme, la haine de soi, la menace d'une issue tragique. Mais rien ne peut le détourner de poursuivre sa quête. Armé d'une inflexible résolution, il s'acharne à se désentraver, se mettre à nu, explorer l'un après l'autre chacun des recès de son labyrinthe. Dans le second volume, la ténèbre s'éclaircit, et on le verra commencer à fouler la terre lointaine qu'il portait en lui. Celle où il pourra durablement enfouir et déployer ses racines.