Trahie","malheureuse","accablée": celle qui se présente ainsi aime d'un attachement fatal un homme qui l'a abandonnée pour partir à la guerre. Interrogations sur son avenir amoureux, exclamations sur ses tourments, imparfaits du subjonctif pour décrire une si malheureuse aventure, c'est l'arsenal rhétorique de la passion qui enflamme ces cinq lettres, déchirantes. Mais peut-on, lorsqu'on aime ardemment, désirer retrouver la sérénité? "J'aime bien mieux être malheureuse en vous aimant, que de ne vous avoir jamais vu"... Après avoir exposé le débat autour de la question de l'authenticité de l'?uvre, qui fut une énorme supercherie, l'accompagnement critique décortique les rouages du roman épistolaire à une voix et les enjeux de l'illusion romanesque (voir Groupement de textes, Boursault, Vadé, Rousseau et Laclos). II explique la conception nouvelle de l'amour qui naît au XVIIe siècle et comment Guilleragues donne à voir le spectacle d'une passion empreinte de théâtralité tragique, depuis le désir pur jusqu'au rejet et à la solitude la plus profonde. Une lecture détaillée de la troisième lettre vient enrichir le commentaire. Roman épistolaire (XVIIe siècle) recommandé pour les classes de lycée. Texte intégral.
Nombre de pages
115
Date de parution
19/01/2006
Poids
75g
Largeur
124mm
Plus d'informations
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EAN
9782070320868
Titre
Lettres portugaises
Auteur
Guilleragues Gabriel de ; Dervaux-Bourdon Sylvie
Editeur
GALLIMARD
Largeur
124
Poids
75
Date de parution
20060119
Nombre de pages
115,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Considère, mon amour, jusqu'à quel excès tu as manqué de prévoyance. Ah! malheureux! tu as été trahi, et tu m'as trahie par des espérances trompeuses. Une passion sur laquelle tu avais fait tant de projets de plaisirs, ne te cause présentement qu'un mortel désespoir, qui ne peut être comparé qu'à la cruauté de l'absence qui le cause. Quoi? cette absence, à laquelle ma douleur, tout ingénieuse qu'elle est, ne peut donner un nom assez funeste, me privera donc pour toujours de regarder ces yeux dans lesquels je voyais tarit d'amour, et qui me faisaient connaître des mouvements qui me comblaient du joie, qui me tenaient lieu de toutes choses, et qui enfin me suffisaient...
Cinq lettres, non signées, et que longtemps l'on attribua à une mystérieuse religieuse portugaise... Depuis son couvent, celle-ci (Marianne) écrit à celui qui a su la séduire alors que sa famille l'avait destinée à être religieuse, un officier de marine français, après que celui-ci l'a quittée et abandonnée. Révoltée, elle se bat contre ses sentiments et parvient à se détacher de lui.
En 1669 paraît un recueil de cinq lettres signées d'une religieuse portugaise : elle s'adresse, éperdue, à son amant infidèle, qui l'a abandonnée. Le succès est immédiat et immense - d'emblée, le livre s'impose comme un modèle de correspondance amoureuse. Pendant longtemps, cependant, la polémique fait rage : s'agit-il d'une fiction, comme le soutient Rousseau, ou de lettres authentiques ? Il aura fallu presque troissiècles pour que le texte soit rendu à son genre, le roman épistolaire, et à son véritable auteur, le poète et diplomate Guilleragues. Lamento de l'amour pur, les Lettres portugaises ont marqué et intrigué d'innombrables écrivains, de Saint-Simon à Guy Goffette, en passant par Stendhal et Rilke, qui les traduisit en allemand et en fit l'éloge suivant : "Les paroles de cette religieuse contiennent le sentiment tout entier, ce qu'il a d'exprimable et ce qui est en lui indicible. Et sa voix est pareille à celle du rossignol, laquelle n'a pas de destin".
Guilleragues Gabriel Joseph de La Vergne ; Clin-La
Plus de trois siècles se sont écoulés depuis la publication des Lettres de la religieuse portugaise, mais nulle enquête érudite n'a su percer leur mystère. Qui est cette femme - au fait s'agit-il d'une femme? - qui écrit du lointain de ÁÁson couvent lusitanien cinq lettres limpides et brûlantes, dévorées d'inquiétude et d'espoir, avant que Á`Ál'angoisse ne l'envahisse lorsqu'elle apprend son congé? Qui est son cruel amant muet, ce jeune offi¬cier français venu le temps de la séduire, puis reparti dans son pays d'où il envoie quelques froides missives que nous ne connaissons qu'au travers des ravages qu'elles exercent sur la religieuse? Peu importe en définitive les identités. Ce qui nous touche, c'est la ÁÁvoix de l'âme de l'abandonnée, histoire de tous les temps, quand la passion se heurte à l'Autre, terre ÁÁinconnue qui s'éloigne. Le feu, une nouvelle fois, a rencontré la glace.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.