Guillamon Augustin ; Alvarez Marcos Violette ; San
SYLLEPSE
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EAN :9791039901505
Mai 1937, en pleine guerre contre les armées fascistes du général Franco, le peuple de Barcelone se soulève. Ce livre est le récit chronologique, jour après jour et heure après heure, du 4 mars au 7 mai 1937, de ces journées durant lesquelles la capitale catalane et la Catalogne ont appartenu au peuple. Agustín Guillamón rassemble des documents historiques (comptes rendus de réunions internes des anarchistes ou du gouvernement catalan, échanges téléphoniques et courriers entre dirigeants ou avec Madrid...) et mène une véritable enquête afin de comprendre les responsabilités des directions anarchistes et des diverses composantes du camp républicain dans une défaite qui annonçait celle de la République espagnole. L'auteur donne également un aperçu des mobilisations populaires qui, à Barcelone et ailleurs en Catalogne, ont permis, le 19 juillet 1936, de battre les militaires factieux. Celles-ci se sont poursuivies avec la lutte des femmes pour le pain puis sur les barricades, pour le contrôle des casernes et des armes, mais aussi des moyens de production, avec notamment l'occupation du central de la compagnie Telefónica par les militants de la CNT, qui déclencha le soulèvement. À la fois enquête, récit minutieux et hommage, cet ouvrage nous fait plonger dans les coulisses d'une insurrection qui vit une population tout entière se soulever contre ses ennemis mais également contre ses dirigeants.Notes Biographiques : Historien espagnol. Spécialiste de la révolution d'Espagne de 1936 et de l'histoire de l'anarchisme. Il a, entre autres, publié en français Barricades à Barcelone. La CNT de la victoire de juillet 1936 à la défaite de mai 1937 (Les Amis de Spartacus, 2009), et Espagne 1937 : Josep Rebull, la voie révolutionnaire. Une critique d'Andreu Nin et de la direction du POUM (Spartacus, 2014) et Les comités de défense de la CNT à Barcelone 1933-1938 (Le Coquelicot, 2014).
Nombre de pages
244
Date de parution
14/09/2023
Poids
514g
Largeur
210mm
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EAN
9791039901505
Titre
Barcelone, mai 1937
Auteur
Guillamon Augustin ; Alvarez Marcos Violette ; San
Editeur
SYLLEPSE
Largeur
210
Poids
514
Date de parution
20230914
Nombre de pages
244,00 €
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Quand, au petit matin du 19 juillet 1936, les militaires factieux sortirent de leurs casernes en pensant s'emparer facilement de Barcelone, ils trouvèrent en face d'eux les comités de défense de la Confédération nationale du travail (CNT) appuyés par toute une population ouvrière dressée contre le fascisme. En fin d'après-midi, le général Goded, l'un des organisateurs du soulèvement avec Franco, arrivé des Baléares pour prendre le commandement de la ville, doit reconnaître sa défaite. Cette victoire populaire contraignit le gouvernement de la République à organiser la résistance contre les nationalistes, au lieu de pactiser avec eux. En Catalogne, les ouvriers armés se retrouvèrent non seulement maîtres de la rue, mais aussi en charge de nombreuses entreprises abandonnées par leurs propriétaires. Leurs organisations, et d'abord la plus puissante d'entre elles, cette CNT redevenue légale seulement quelques mois auparavant, participent à la direction de la guerre contre les fascistes, à celle de l'économie et de l'ensemble des activités sociales. Mais en accordant une priorité absolue à cette lutte contre le fascisme, la direction de la CNT va aider l'État à se réapproprier ce pouvoir acquis par les ouvriers les armes à la main. C'est aussi à Barcelone, en mai 1937, qu'aura lieu une nouvelle étape dans cette reconquête, malgré une puissante riposte armée des ouvriers, qui sera suivie de leur défaite politique et d'une vague de répression contre les militants révolutionnaires.
« La situation historique actuelle de notre pays est une époque de transition qui se terminera par le fascisme ou la révolution prolétarienne. » Lors de sa naissance à l'automne de 1935, les fondateurs du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM) pressentaient que la répression souvent sanglante qui avait été opposée régulièrement depuis vingt ans aux revendications des ouvriers de l'industrie et de l'agriculture déboucherait sur un affrontement de grande ampleur. Ils ne se trompaient pas et, comme les syndicalistes libertaires de la CNT, ils contribuèrent à l'échec du soulèvement militaire de juillet 1936, à Barcelone et dans d'autres régions d'Espagne. Au printemps de 1937, devant la menace d'écrasement définitif du pouvoir populaire embryonnaire qui entraînerait, à court terme, la victoire de l'armée fasciste, Josep Rebull, un militant du POUM de Barcelone, soumet au Parti en vue du prochain congrès de celui-ci une série de critiques et de propositions pour rouvrir devant les ouvriers et les paysans la voie de la Révolution. Les Journées de mai se concluront par la victoire des forces antirévolutionnaires, l'assassinat de dirigeants et de militants du POUM, sa mise hors-la-loi puis un procès reposant sur des faux grossiers. Dans la clandestinité, Josep Rebull organisera la lutte contre ces crimes. Mais à cette époque, et encore en 1939, dans l'exil, il appellera ses camarades à analyser les erreurs commises et à redéfinir une politique conforme aux principes fondateurs du Parti.
La mise en déroute de l'armée fasciste par le peuple de Barcelone, le 19 juillet 1936, est un des mythes les plus enracinés de l'histoire de la Révolution sociale espagnole. La « spontanéité » de la réponse ouvrière et populaire au soulèvement militaire fut catalysée et coordonnée par les Comités de défense de la CNT. Ces Comités furent les noyaux de l'armée des milices qui délimitèrent le front d'Aragon dans les jours suivants. Ils posèrent également les bases des nombreux Comités révolutionnaires de quartier, qui allaient contrôler Barcelone jusqu'à la ré-instauration du pouvoir bourgeois de la Généralité.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
La crise capitaliste mondiale qui a éclaté en 2007-2008 aux États-Unis et s'est propagée dans le monde entier, en particulier dans les économies occidentales développées, n'est pas seulement une crise des banques et du secteur financier. Pour l'auteur, c'est une profonde crise structurelle du capitalisme. En effet, selon lui, l'économie capitaliste est une organisation de rythmes économiques et toute crise capitaliste est une «arythmie», c'est-à-dire une discordance de ces rythmes. Les trois circuits du capital industriel développés par Marx, le circuit du capital-argent, le circuit du capital productif et le circuit du capital-marchandise, renvoient respectivement aux rythmes de valorisation, d'accumulation et de réalisation de la valeur. La croissance capitaliste implique une compatibilité relative entre ces trois rythmes, tandis que les crises économiques sont dues à la divergence excessive de l'un de ces rythmes par rapport aux autres. Si la crise des années 1970 était due à un ralentissement du rythme de valorisation de la valeur (chute du taux de profit), la crise actuelle résulte d'une décélération du rythme de réalisation de la valeur. Bien que la cause de la crise ait été différente dans ces deux cas, le résultat en a été une «arythmie» systémique d'une telle ampleur qu'elle a presque immédiatement provoqué une grave récession et une diminution du taux de croissance du PIB pendant une période plus longue. Depuis les années 1980, le profit capitaliste augmente à un rythme supérieur à celui de l'investissement productif ou de l'accumulation. Une partie croissante du profit se transforme en capital-argent qui, par le crédit et les produits financiers dérivés, est dirigée vers la consommation. Ici, les schémas de reproduction du capital développés par Marx sont reformulés pour montrer l'importance croissante de la dette privée dans les processus de production, d'accumulation et de réalisation de la valeur. Ce sont ces schémas de reproduction néolibéraux qui sont entrés en crise en 2007-2008. Les politiques économiques ont empêché l'effondrement du système financier et sauvé l'euro, mais elles n'ont pas conduit à la sortie de la crise économique, ni de la régression sociale qu'elle a engendrée. Stavros Tombazos nous propose ici une analyse concentrée des ressorts de la crise du système capitaliste. L'ouvrage publié en anglais a été actualisé par l'auteur pour cette version en français, notamment dans sa partie statistique.