Si Pompéi offre au visiteur la vision de vastes édifices publics et de multiples commerces, témoins d'une riche activité économique, sociale et politique, Herculanum fascine peut-être encore davantage par l'état de conservation exceptionnel de l'habitat privé: luxueuses villas de villégiature, immeubles à étage destinés à la location, échoppes d'artisans - boulanger, restaurateur, tisserand, foulon -, dont les ustensiles et le mobilier quasi intacts restituent une miraculeuse impression de vie et d'intimité. Les étagères en bois de la maison de Neptune, portant leurs amphores; dans la maison éponyme, la grande cloison de bois aux clous de bronze, sa table de marbre et sa presse à étoffes, également en bois; les meules de la boulangerie; les escaliers qui mènent aux étages, les corridors conduisant aux cuisines ou aux latrines, les toits et les balcons... frappent l'imagination à l'égal des somptueuses décorations préservées sur le site: sols de marbre de la maison du Bicentenaire, mosaïques du nymphée à la villa de Neptune, fresques du sanctuaire des Augustales ou de la basilique. La typologie des maisons d'Herculanum présente, par sa variété s'écartant de l'archétype de la domus romaine à atrium, un intérêt tout aussi grand: qu'il s'agisse de la maison samnite en bloc de tuf rectangulaire à décor en stuc peint imitant le marbre; de l'escalier en maçonnerie de la maison de la Belle Cour, menant à une galerie; et surtout des magnifiques demeures ouvertes sur les jardins et les belvédères donnant sur la mer. Dans la maison d'Argus, le péristyle est roi, l'atrium a disparu. Dans la maison de l'Atrium en mosaïque, comme dans la maison des Cerfs, l'agencement de la demeure n'est plus replié autour de lui et du tablinium qui le prolonge: il s'ordonne autour du jardin et des belvédères tournés vers la mer. Aux appartements d'hiver répond le séjour d'été, avec son propre triclinium et, autour du jardin, son vaste cryptoportique, couvert et à fenêtres, remplaçant, pour plus de confort, le classique péristyle exposé aux vents. Découverte en 1750 lors du creusement d'un puits et aussitôt devenue l'objet de fouilles, la villa des Papyrus est sans conteste la plus somptueuse du monde gréco-romain: y furent extraits mille huit cents rouleaux de papyrus, constituant la bibliothèque de l'érudit beau-père de Jules César, Lucius Calpurnius Pison, la seule à nous être parvenue dans son intégralité. Longtemps interrompues, les fouilles de cette splendide villa, dont la piscine, les belvédères, les péristyles ont inspiré la villa Getty à Los Angeles, ont repris à la fin du siècle dernier, révélant une profusion d'oeuvres d'art, sculptures de marbre (L'Amazone) et de bronze (Le Coureur, Le Faune endormi).
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
L'archéologie en Terre sainte ne peut se réduire à un seul usage politique religieux. Les rapports entre foi et science, mythe et histoire, imaginaire et rationnel sont infiniment plus complexes. A partir d'une approche historique, sont retracés les grandes explorations et les quêtes fantastiques, découvertes scientifiques et débats de société que Jérusalem a suscités.Quels mystères pourrait encore renfermer la Cité de David après que des générations d'archéologues ont fouillé chaque centimètre carré de ce site de la Jérusalem originelle ? Et pourquoi la moindre découverte, sous la moindre pierre, déclenche-t-elle tant de passions ?Peut être parce qu'à Jérusalem, plus qu'ailleurs, dans cette ville sainte pour les trois religions monothéistes, l'archéologie n'a jamais été une science neutre.Depuis ses débuts, il y a 150 ans, l'archéologie en Terre sainte a toujours eu partie liée, de près ou de loin, avec l'idéologie. Au départ les fouilles n'étaient pas seulement inspirées par la Bible, elles étaient censées démontrer son historicité, au moment où la science venait la remettre en cause. Sans compter les intérêts des Grandes puissances qui ont utilisé la religion comme un instrument d'influence.Et pourtant, les différentes écoles archéologiques qui se sont succédées en Terre sainte ? française, britannique, américaine, israélienne ? ont abouti à des résultats remarquables, comme si elles s'étaient dégagées, non sans peine et peut-être pas complètement d'ailleurs, de leurs a priori idéologiques.Ironie de l'histoire : ce sont des chercheurs israéliens, Finkelstein et Silberman, qui ont porté l'attaque la plus retentissante contre l'historicité de la Bible, du moins en ce qui concerne le récit de la Genèse, de l'exode d'Egypte et des royaumes de David et Salomon. Cette remise en cause a été effectuée grâce à une étude menée en Cisjordanie occupée, à la faveur de sa conquête par l'armée israélienne.C'est dire que qu'on ne peut réduire l'archéologie en Terre sainte à un seul usage politique religieux. Les rapports entre foi et science, mythe et histoire, imaginaire et rationnel, sont infiniment plus complexes.
Résumé : Du monumental vase de Vix jusqu'au disque de Nebra, la plus ancienne carte du ciel connue, en passant par les premiers temples de l'humanité en Turquie ou les tunnels regorgeant d'offrandes de Teotihuacan, jamais autant de trésors n'ont été découverts que ces dernières décennies. C'est cette richesse fascinante que Jean-Paul Demoule entend explorer avec nous dans cet ouvrage. Mais au-delà de l'or des Scythes ou des pharaons, des " trésors " non moins estimables sont là, sous nos pieds, insignifiants en apparence ? comme ce brin de cannabis trouvé dans une tombe chinoise ? si ce n'est invisibles ? la séquence ADN qui a caractérisé l'homme de Denisova. Fervent défenseur de l'archéologie préventive, l'auteur montre qu'il importe de les sauver, mais aussi de les penser pour que des mots comme "civilisation", "peuple", "culture" ou "migration" ne soient pas détournés. Fouiller, c'est plus que jamais éclairer notre avenir.
Résumé : Une découverte récente a révélé que les premiers Homo Sapeins vivaient il y a 300 000 ans dans la Sahara vert, l'actuel Maroc. Et ils n'étaient alors pas les seuls humains à peupler la planète. D'où venaient-ils ? Pourquoi les autres espèces du genre ont-elles disparu ? Comment Sapiens a-t-il colonisé la planète ? Laissez-vous guider par Jean-Baptiste de Panafieu à la rencontre de nos ancêtres. Confortablement installé dans votre transat, découvrez l'incroyable histoire de nos origines.
Les apports de l'archéologie, et singulièrement de l'archéologie préventive, sont considérables et donnent matière à repenser profondément le Moyen Age. L'archéologie médiévale mise en perspective sur la longue durée, spatialisée, a découvert la géographicité de ses objets d'étude. Ce changement d'échelle spatiale, comme la nouveauté parfois surprenante d' objets archéologiques" mis au jour en abondance, ont bousculé les paradigmes et cadres d'interprétation anciens. Les archéologues médiévistes sont désormais en situation d'établir ou reconsidérer les héritages, de marquer de nouveaux seuils et de mieux tisser les liens indispensables à l'intelligence de la complexité des produits matériels et de leurs effets. Et cette archéologie médiévale remontée en puissance débouche à présent sur une relance comparable de l'archéologie des périodes moderne et contemporaine. C'est donc un univers très ouvert et porteur d'avenir que le présent livre fera découvrir aux étudiants.