Ce numéro étudie les liens des Aventures de Tintin avec l'histoire, la société, la politique. II s'agit plus précisément d'objectiver les discours et les imaginaires sociaux qui pénètrent les albums et que ceux-ci relaient ou réfractent. Car l'oeuvre d'Hergé a toujours été tant intemporelle (voire mythique) qu'actuelle, servant de caisse de résonance et de support iconique à l'histoire en train de se faire, de l'entre-deux-guerres à la postmodernité, en passant par l'Occupation, la Libération et la guerre froide. Sans être pour autant l'écho sonore"de leur siècle, les albums de la série Tintin portent souvent"la trace du moment où ils ont été dessinés", comme Hergé l'avouait dans une entrevue où il se disait encore"très perméable, très influençable, et à ce titre un excellent médium... ". Cette inscription flexible du social expliquerait aussi pourquoi ces albums survivent à leur créateur et continuent de susciter adaptations, commentaires et débats."
Résumé : Philippe Aubert de Gaspé, le père comme le fils, sont assurément les premiers auteurs classiques de la littérature québécoise. Les neuf études reproduites dans ce recueil, parues entre 1972 et 2010 dans la revue Voix et images, abordent l'oeuvre de ces auteurs selon des approches et des perspectives fort variées, allant de la narratologie à la psychanalyse et de l'analyse du discours à la génétique littéraire.
Petit mouton cherche sa famille, il demande à la vache si elle est sa maman, mais elle lui répond MEUH, NON ! Il demande au tigre s'il est son papa, mais il lui répond GRRR, NON ! Le serpent répond TSSS, NON ! quand il lui demande s'il est sa tata... Pauvre petit mouton... quand va-t-il retrouver quelqu'un de sa famille ?
Les débats sur l'utilité des organisations internationales pendant la pandémie de COVID-19 ou la guerre en Ukraine illustrent le poids des attentes qui reposent sur ces institutions, malgré leur affirmation de ne pas intervenir dans le champ politique. Cet ouvrage prend cette revendication au sérieux et étudie la manière dont ces organisations s'efforcent de "dépolitiser le monde". S'appuyant sur divers cas d'étude, de la gestion de la crise environnementale à la réforme du Conseil de sécurité de l'ONU, les autrices analysent de façon précise les pratiques d'expertise, les prétentions à la neutralité et le jeu sur la temporalité des négociations qui mènent à la dépolitisation. Elles mettent au jour trois grandes logiques qui la sous-tendent : le pragmatisme, les stratégies de légitimation et les tactiques d'évitement de la responsabilité. Tout en éclairant la complexité et la crise de légitimité du multilatéralisme contemporain, elles montrent en définitive qu'il est impossible de réduire ces organisations à de simples mécanismes apolitiques établis uniquement pour faciliter la coopération internationale.
L'administration Trump (2017-2021) a représenté un "point de rupture" dans les relations canado-américaines, dont les effets ont continué à se faire sentir pendant la présidence de Joe Biden, et qui encourage les élus américains à protéger les intérêts des Etats-Unis par tous les moyens, même si cela déplaît parfois au Canada. C'est du moins ce que soutiennent les auteurs de cet ouvrage qui retrace l'évolution de ces relations pendant le premier mandat du célèbre milliardaire, en s'attardant à trois grands domaines d'intérêt : l'économie, l'environnement et la gestion de la frontière canado-américaine. L'importance accrue accordée à cette relation aux Etats-Unis résulte des sentiments négatifs de Trump à l'égard du Canada, sentiments que des politiciens américains aux convictions semblables ont ensuite adoptés. Aucun ouvrage en français n'examine autant en profondeur l'influence de Donald Trump sur les nombreux liens tissés entre les deux nations. La diversité des cas ici à l'étude permet de brosser un portrait éloquent, et précis, de la situation actuelle susceptible de durer, et ce, quels que soient les résultats des prochaines élections américaines.
Depuis plus de 75 ans, le cinéma nous met en garde contre les armes nucléaires. Tous ces cauchemars sur pellicule expriment symboliquement la pire angoisse qui hante notre imaginaire collectif : l'anéantissement du monde tel qu'on le connaît. A travers un découpage historique et thématique, cet essai analyse plus de 40 oeuvres cinématographiques en mettant l'accent sur les appréhensions générées par la puissance nucléaire. L'étude se penche donc sur l'évolution des doctrines stratégiques nationales ainsi que sur les perceptions qui en découlent. En se prêtant à une lecture allégorique ou sociologique, ces films jettent un éclairage révélateur sur la place qu'occupe le cinéma dans notre représentation des grands enjeux militaropolitiques depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.