Dans son essai, Jens Christian Grondahl déclare : "A l'origine, l'Europe n'est pas un lieu, elle doit être un lieu de rencontre. Une rencontre qui se produit partout où les contradictions s'éclairent mutuellement, sans l'illusion de fusionner un jour". Cette diversité peut aussi bien tendre vers l'humanisme que la barbarie ; et personne ne peut douter aujourd'hui que l'Europe prend des directions parfois inquiétantes. Dans ce livre, Grondahl part d'expériences concrètes, entre la province danoise et l'Europe, en particulier l'Italie où il réside un temps, pour aller au général. En mêlant à sa réflexion Ole Wivel et Karen Blixen, Schiller et Kant, Sartre et Camus, Jens Christian Grondahl en profite pour interroger avec finesse ce que peut recouvrir l'idée de "l'écrivain responsable" , car ce qui sous-tend une partie de l'ouvrage, c'est bien l'affirmation que "la culpabilité n'a pas de date de péremption" .
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.
Dans le contexte de la crise qui secoue les démocraties européennes, il est devenu habituel d'accuser l'UE et en particulier sa commission, non élue et qui n'en ferait qu'à sa tête comme l'a encore récemment montré l'accord catastrophique signé par Mme Von der Leyen avec Donald Trump. Ghislain Benhessa montre dans ce livre fouillé que c'est se tromper totalement de responsable. La vraie " machine " qui tient le pouvoir aujourd'hui en Europe, c'est la Cour de Justice de Luxembourg. C'est elle qui pilote le Droit, seule arme contraignante de l'UE, comme l'affirmait dès 1965 le premier président de la Commission, l'ancien nazi Walter Hallstein. Les responsables politiques européens, et même les juges constitutionnels français, ont été supplantés par les hommes en noir de la Cour européenne. Mais qui sont donc ces juges qui verrouillent la prise de pouvoir de l'UE et interdisent tout retour en arrière ? D'où viennent-ils et quels sont leurs parcours et leurs histoires ? De Maurice Lagrange, ancien vichyste recruté par Jean Monnet pour construire les premières bases, à Matthias Guyomar, actuel président de la Cour européenne des droits de l'Homme, c'est l'histoire de ces hommes que dévoile ici Ghislain Benhessa. Et les surprises sont nombreuses... . Ghislain Benhessa est avocat et enseignant à luniversité de Strasbourg. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages remarqués dont On marche sur la tête (2024). Il intervient souvent comme consultant sur Cnews.
Depuis qu'elle a découvert Mostar en 1999 lors d'un voyage avec une association, Aline Cateux n'a cessé d'y retourner, d'y vivre, d'y travailler. Ses longues promenades dans la ville bosnienne la plus dévastée par la guerre en Bosnie-Herzégovine la mènent de quartiers encore en ruine au Vieux Pont - incarnation d'une reconstruction inachevée - jusqu'à une usine autrefois fierté de la puissance yougoslave, aujourd'hui symbole de la corruption des élites politiques locales. D'un lieu à l'autre, Mostar, toujours divisée et à jamais fascinante, dévoile la beauté et la ténacité de ses habitants, au-delà de toute catégorisation. Trente ans après la fin des combats, quel est donc cet espace urbain dans lequel ils survivent ? Comment les Mostariens en sont-ils arrivés à dire que la ville qu'ils aimaient a disparu ?