Georg Groddeck (1866-1934) s'est lui-même défini comme un «psychanalyste sauvage». Il est en effet rétif à toute institution et il a la passion de poursuivre le jeu du sens dans toutes les formes d'expression. Freud défendit toujours ce déroutant personnage, mal vu de la communauté analytique.Le présent recueil, choix de textes qui s'échelonnent des premières publications de Groddeck (Vers Dieu-Nature, 1909) jusqu'à son dernier ouvrage (L'être humain comme symbole, 1933) couvre toutes les disciplines abordées par l'auteur : médecine, philosophie, critique littéraire et picturale. Il permettra au lecteur français de découvrir enfin, dans son foisonnement, sa diversité et sa cohérence, la pensée de Groddeck pour qui la psychanalyse n'est qu'une étape vers la constitution d'une symbolique apersonnelle, généralisée à la totalité de la Nature. Le jeu du sens finit par n'être plus très loin d'un délire du sens...
Nombre de pages
326
Date de parution
25/04/1969
Poids
430g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070270484
Titre
La maladie, l'art et le symbole
Auteur
Groddeck Georg
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
430
Date de parution
19690425
Nombre de pages
326,00 €
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Ce roman qui eut l'heur de divertir assez Freud pour qu'il le fasse publier en 1921 dans le très officiel Internationaler Psychoanalytischer Verlag n'a rien perdu, soixante ans plus tard, de son caractère insolite. Comme son héros August Müller, le "tueur de punaises", transfiguré en Thomas Weltlein, ce bouffon visionnaire où l'on doit voir le porte-parole de l'auteur, il a toute chance de dérouter le lecteur : qu'est-ce que c'est que ça ? se demandera-t-il. Réponse : le roman du ça dont il propage la bonne nouvelle. Picaresque par les aventures qu'il retrace, fantaisiste et même fantastique dans son inspiration, sociologique par ses brèves satires des milieux traversés, moral par sa mise en pièces des croyances de l'époque, plaisamment didactique et parfois vaticinant, ce livre presque oublié est une curiosité tout à la fois littéraire et psychanalytique. Le chercheur d'âme : une divagation dans le gai savoir. Et Groddeck : le fou de Freud, version moderne du fou du roi. Sérieux, pas sérieux ? Sarcasme corrosif, démoniaque, ou jubilation d'Eros enfant ? Rabelais ou Swift ? Allez-y voir.
En 1917, Freud écrivit à Groddeck : "Vous me priez instamment de vous confirmer de façon officielle que vous n'êtes pas un psychanalyste, que vous n'appartenez pas au groupe de mes disciples, mais que vous pouvez prétendre avoir une position originale, indépendante [...]. Je suis obligé d'affirmer que vous êtes un superbe analyste qui a saisi l'essence de la chose sans plus pouvoir la perdre."". Cet ouvrage, publié en 1923, est constitué d'une série de lettres fictives adressées à une amie, lettres pleines d'esprit, de poésie et de malice où l'auteur développe sa propre thématique du ça, fort différente de celle de Freud.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.