Certains hommes politiques français continuent de se réclamer de lui : Léon Blum, l'apôtre du socialisme, le disciple de Jaurès, est pourtant venu tard à la politique. Il fut d'abord le critique littéraire le plus remarqué de son temps. Homme de plume avant d'être un homme de tribunes et d'action, il aimait Stendhal, le cardinal de Retz, Michelet, mais aussi Gide et Proust, et il admira beaucoup Shakespeare, Tolstoï, Goethe, dont on retrouve les ?uvres à son chevet jusqu'en 1950, à la veille de sa mort. Il se maria trois fois, toute sa vie eut besoin d'une présence féminine, et la personnalité de chacune de ces femmes annonce et épouse parfaitement les grands choix de son existence : Lise, qui accueille le Paris littéraire des années 1900, Thérèse, la militante socialiste, Jeanne enfin, la compagne des mauvais jours ... De longues années de travail, les plus hautes fonctions de l'Etat, les difficultés du Front populaire, l'antisémitisme toujours renaissant, la déportation et la mort parfois atroce de ceux qu'il aimait n'entamèrent pas un optimisme viscéral et une hauteur de vues vraiment exceptionnelle. Il écrivit de Buchenwald un testament spirituel inédit à ce jour : " Non seulement je n'ai pas été gagné par la contagion des idées de représailles, non seulement je ne renie rien de mes convictions passées, mais au contraire j'y persévère avec une certitude plus entière et une foi plus ardente que jamais. J'y persévère non pas quoique, mais parce que Français, socialiste et Juif. Les conditions de la paix véritable sont restées les mêmes, aussi bien que les conditions de la Justice sociale. Elles ne sont pas à la merci de nos misères nationales ou personnelles ". Ilan Greilsammer est le premier chercheur à avoir travaillé sur les papiers personnels de Blum, emportés par les Allemands en 1940 et retrouvés récemment à Moscou.
Nombre de pages
612
Date de parution
01/11/1998
Poids
800g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782080670267
Titre
Blum
Auteur
Greilsammer Ilan
Editeur
FLAMMARION
Largeur
152
Poids
800
Date de parution
19981101
Nombre de pages
612,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le temps est venu d'écrire la nouvelle histoire d'Israël. Une histoire nouvelle, car, depuis que les archives couvrant les années de fondation de l'Etat ont été ouvertes, le débat historiographique fait rage, avec une violence inégalée en tout autre pays. Des cénacles universitaires aux grands quotidiens, historiens et témoins disputent de questions essentielles pour l'identité nationale et l'avenir du pays : dans quelles conditions le foyer national juif - le Yichouv - s'établit-il en Palestine au XIXe siècle et au XXe siècle dans une terre déjà habitée ? Quelle fut l'attitude des dirigeants du Yichouv face au génocide des Juifs d'Europe, puis à l'égard des survivants ? Quelle fut la nature exacte de la proclamation de l'Indépendance le 15 mai 1948 : visait-elle la création d'un Etat spécifiquement juif, ou les Arabes de Palestine y avaient-ils une place ? Israël pouvait-il être juif et démocratique, laïque et moderne tout en refusant la séparation de la religion et de l'Etat ... Ce débat historiographique marque le délitement du récit national sioniste qui tenait lieu jusqu'à hier d'identité consensuelle. Han Greilsammer en restitue l'ampleur, les origines comme la portée (Première partie : Nouvelle histoire : la rupture). Mais la querelle des historiens ne s'explique pas seulement par l'ouverture des archives : celle-ci n'a fait qu'activer celle-là. Bien que les archives pour les périodes suivantes demeurent inaccessibles, les chercheurs remettent également en cause le récit des événements, de 1948 à l'assassinat de Rabin. Car ils ont tous, comme citoyens, participé à des conflits - glorieux et unanimistes comme la guerre des Six-jours, contestés et traumatisants telles la guerre au Liban ou la répression de l'Intifada. Témoins, ils posent, à partir des événements dont ils sont les contemporains et les acteurs, des questions qui reflètent les affrontements à propos de la reconnaissance de l'Autre palestinien et de l'avenir du pays. Des questions et des débats qu'Ilan Greilsammer noue dans une histoire nouvelle (Seconde Partie : les temps forts de l'Etat d'Israël : 1948-1996). En sorte que le lecteur découvre le fil qui court entre colloques d'historiens et réactions du grand public : Israël, au regard de son histoire, doit-il, peut-il être un Etat sans identité juive, un Etat comme les autres ... On l'aura compris : cet ouvrage pionnier, sans équivalent dans aucune autre langue, reconduit la crise d'identité nationale à la spécificité d'Israël : comment écrire l'histoire d'un Etat où histoire et mémoire collective se confondent, où les témoins se font historiens, où les historiens sont à la fois des chercheurs soucieux de rigueur scientifique et des citoyens en quête de la paix ...
La fin du XIXe siècle, Théodore Herzl donne son sens précis à un mouvement politique et à une idéologie naissants: le sionisme. Cette doctrine a pour objectif de reconstituer une nation juive formant un corps politique pour créer un État souverain. De nos jours, ce concept s'exprime concrètement puisque chaque Juif dans le monde sait qu'il lui est possible d'émigrer en Israël et d'obtenir la nationalité de ce pays. Cet ouvrage retrace l'histoire du sionisme, depuis sa création dans le contexte de l'émancipation des peuples et de la multiplication des pogromes jusqu'à ses évolutions contemporaines au sein d'Israël. Il présente les différents courants du sionisme, de l'extrême droite à l'extrême gauche, en analyse les mythes et en interroge l'avenir. Biographie de l'auteur Ilan Greilsammer est professeur à l'Université Bar-llan de Tel-Aviv.
Dès 1920, l'Internationale communiste tente de s'implanter au coeur de l'Orient arabe. C'est de cet effort, et de l'action clandestine d'une poignée d'immigrants juifs de Russie que naît, en 1922, le Parti communiste de Palestine. En 1948, ce parti disparaît avec le mandat britannique, et le PC d'Israël continuera à animer la stratégie du mouvement communiste international dans le cadre de l'Etat juif. Comment un parti communiste, composé de Juifs et d'Arabes, a-t-il pu fonctionner dans l'environnement complexe du sionisme, du panarabisme et du conflit du Moyen-Orient ? C'est en percevant le mouvement communiste de Palestine, puis d'Israël, comme un microcosme du conflit israélo-arabe que l'auteur analyse l'histoire et la sociologie d'un parti qui guida à leur naissance plusieurs PC arabes, et qui a vu militer en son sein des hommes aussi différents que Joseph Berger, Radwan al-Hilou, Léopold Trepper, Moché Sneh et Tawfik Ziyad.
Un jour de 1936, l'homme au pardessus gris et aux guêtres blanches ouvre une enveloppe qu'on vient de lui remettre. Elle contient un fragment du passé. Léon Blum a-t-il été jeune ? Le corps déchiqueté de Maria, l'amour de ses vingt ans, a été trouvé dans les ruines de Madrid bombardé : une victime de la guerre civile parmi d'autres. Maria Elvira Santa Cruz de Lourdés, une jeune Espagnole aux yeux gris, ardente, incapable de concessions... C'était avant le congrès de Tours, avant la Grande Guerre, avant l'assassinat de Jean Jaurès, avant que Léon Blum ne rejoigne son destin national. Alors se fait entendre la mélodie des souvenirs, la passion intellectuelle d'une jeunesse engagée : de La Revue blanche à la Rue d'Ulm, de la classe ouvrière en gloire à la montée des fascismes, de l'idéal à la désillusion, de la fraternité à la trahison. Dans ce roman humaniste, profond, émouvant, qui montre l'arrière-plan d'une époque où la politique était un engagement, Ilan Greilsammer ne rend pas seulement la vie à un Léon Blum contradictoire, le souffle à une Maria pasionaria. Il pose une question juste : peut-on être fidèle à soi-même autant qu'aux autres ...